Deuxième soirée de manifestations après la mort d’un Noir américain aux mains de la police

Manifestation contre la mort de George Floyd après son arrestation violente par des policiers, le 27 mai, à Minneapolis (Minnesota). KEREM YUCEL / AFP


Des manifestants se sont rassemblés, mercredi 27 mai, pour la deuxième soirée consécutive à Minneapolis, où la mort d’un Noir après son arrestation violente par des policiers a provoqué colère et appels à ce que justice soit faite.

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Le chef de la police de la ville du Nord des Etats-Unis a demandé aux manifestants de garder leur calme pour ne pas connaître les mêmes débordements que la veille. Les vitres d’un commissariat avaient notamment été brisées mardi soir et les forces de l’ordre avaient répliqué en utilisant du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc.

Une manifestante exposée au gaz lacrymogène, le 27 mai, à Minneapolis.

Une manifestante exposée au gaz lacrymogène, le 27 mai, à Minneapolis. Carlos Gonzalez / AP

Les quatre policiers limogés mais laissés en liberté

La famille de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans décédé après une arrestation brutale dont la vidéo est devenue virale, a réclamé mercredi que les policiers impliqués soient inculpés pour meurtre. « Car c’est exactement ce qu’ils ont fait, ils ont commis un meurtre contre mon frère », a affirmé sur la chaîne NBC sa sœur, Bridgett Floyd. « J’ai la foi et je crois que justice sera rendue », a-t-elle ajouté, affirmant que le renvoi des policiers n’était « pas suffisant ».

Le 27 mai à Minneapolis, Minnesota.

Le 27 mai à Minneapolis, Minnesota. KEREM YUCEL / AFP

Les quatre policiers impliqués dans l’arrestation de M. Floyd ont été limogés mardi, mais laissés en liberté alors qu’une enquête a été ouverte. Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, s’est demandé mercredi « pourquoi l’homme qui a tué George Floyd [n’était] pas en prison ». « Si vous ou moi avions fait cela, nous serions en ce moment derrière les barreaux », a-t-il affirmé.

Le président Donald Trump a écrit sur Twitter qu’il avait demandé à la police fédérale (FBI) et au ministère de la Justice de faire la lumière sur cette disparition « triste et tragique ». « Mes pensées vont à la famille et aux amis de George. Justice sera rendue ! », a-t-il promis.

« Je ne peux pas respirer »

Filmée par une passante lundi, une vidéo de l’arrestation montre un agent de police plaquer au sol George Floyd en gardant pendant de longues minutes son genou sur son cou. On y voit ce dernier geindre et répéter : « Je ne peux pas respirer. »

L’agent, un Blanc, lui répond de rester calme. Un second policier tient à distance les passants qui commencent à s’emporter alors que l’homme appréhendé ne bouge plus et semble inconscient.

De nouvelles vidéos semblent écarter la thèse mise en avant par la police, selon laquelle George Floyd, soupçonné d’avoir tenté d’écouler un faux billet de 20 dollars, aurait résisté aux agents venus l’interpeller.

Sur des images captées par les caméras du restaurant devant lequel il a été arrêté, il a les mains menottées dans le dos et n’oppose aucune résistance quand un policier le conduit vers une voiture de patrouille.

Sans les images diffusées sur les réseaux sociaux, les policiers « auraient donné une fausse version des faits et ils auraient planqué ça sous le tapis », a déclaré Benjamin Crump, avocat de la famille du défunt.

Une société marquée par le racisme

Memorial à l’endroit où George Floyd a été arrêté, le 27 mai.

Memorial à l’endroit où George Floyd a été arrêté, le 27 mai. KEREM YUCEL / AFP

De nombreuses personnalités ont dénoncé une violence injustifiée de la part des policiers à l’encontre des Noirs. La sénatrice noire Kamala Harris, ancienne procureure de Californie, a ainsi fustigé « un acte de torture » et une « exécution publique » dans une société marquée par le racisme.

« C’est un rappel tragique que ce n’est pas un incident isolé, mais qui fait partie d’un cycle d’injustice systématique qui existe encore dans notre pays », a déclaré l’ancien vice-président américain et candidat démocrate à la présidentielle de novembre, Joe Biden. Cette affaire, a-t-il dit, rappelle les circonstances de la mort d’Eric Garner en 2014 à New York. Cet homme noir était décédé après avoir été asphyxié lors de son arrestation par des policiers blancs qui le soupçonnaient de vendre des cigarettes de contrebande.

L’affaire avait notamment contribué à l’émergence du mouvement de protestation Black Lives Matter (« La vie des Noirs compte »). D’autres décès de Noirs aux mains de la police avaient provoqué des émeutes dans le pays.

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La star de la NBA LeBron James a publié sur Instagram une photo de l’ancien joueur de football américain, Colin Kaepernick, agenouillé, et une de George Floyd plaqué au sol sous le titre : « Voilà pourquoi ». Le basketteur vedette des Los Angeles Lakers a également écrit :

« Vous comprenez MAINTENANT ? Ou c’est toujours aussi confus pour vous ? »

Pour protester contre les violences policières visant les Noirs, Colin Kaepernick avait lancé un boycott de l’hymne national en mettant un genou à terre quand il était joué avant les matchs du championnat de football américain.

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Le Monde avec AFP

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