Président Trump, an IV : opération « femmes au foyer »

Des femmes forment un « mur de mamans », lors d’une manifestation Black Lives Matter, à Portland, dans l’Oregon, le 20 juillet. NOAH BERGER / AP


On imagine la scène. L’équipe de campagne rassemblée autour du président sortant. Les graphiques alarmistes qui circulent de mains en mains. Le silence qui se fait. Puis la voix qui s’élève. Celle du plus hardi des conseillers. « Nous avons un problème avec les femmes. » Aux Etats-Unis comme ailleurs, la femme est bourrée de qualités, dont celle de se transformer régulièrement en électrice et il se trouve que Donald Trump lui inspire majoritairement un haut-le-cœur prononcé.

L’exode des femmes, en particulier celui des femmes blanches vivant dans les zones pavillonnaires qui entourent les grandes villes américaines, explique la saignée des élections de mi-mandat et la perte de la majorité républicaine à la chambre des représentants. En juin, un sondage NPR-PBS a montré que 66 % de ces électrices désapprouvent l’action de Donald Trump, dont 58 % « fortement ». Les « soccer moms » et autres « Walmart moms » que prétendait incarner la candidate républicaine à la vice-présidence Sarah Palin, en 2008, se font la malle et passent chez l’ennemi démocrate. Ajouté au trouble qui semble saisir un électorat jugé sûr, celui des plus de 65 ans, alarmé par la nonchalance présidentielle face au coronavirus, cet exode compromet pour l’instant les chances de réélection de Donald Trump.

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Pour les reconquérir, le président a estimé que la peur était son meilleur allié. Lors de son meeting de Tulsa, le 20 juin, il en a usé en décrivant l’irruption par effraction d’un « hombre très dur » (le malfaiteur, chez Donald Trump, est très souvent d’origine étrangère), dans la maison « d’une jeune femme dont le mari est absent, parce qu’il est voyageur de commerce ou je ne sais quoi

 ». Il a récidivé le 23 juillet en conseillant « aux femmes au foyer des zones périurbaines » la lecture d’un article apocalyptique du New York Post assurant qu’une présidence du démocrate, Joe Biden, détruira « leur rêve américain ».

Vision datée

Cette offensive qui se veut de charme à l’inconvénient de souligner la vision datée qu’entretient Donald Trump à propos des femmes de son pays. Lorsqu’il déplore en mai dans le New York Post le travail de deux journalistes de la chaîne CBS, dont les questions précises l’exaspèrent pendant les points de presse du printemps consacrés à l’épidémie, c’est aussitôt pour regretter que ces deux femmes, Weijia Jiang et Paula Reid, ne se comportent pas « comme Donna Reed ». Il faut avoir l’âge du président, 74 ans, pour citer cette actrice des années cinquante et soixante, dont il n’a gardé le souvenir que pour son rôle de femme au foyer dans la sitcom qui portait son nom.

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