Romanée Conti et Picasso, le soft power de Macron en Chine

Pour sa seconde visite officielle en Chine, entamée le 4 novembre à Shanghaï, Emmanuel Macron a joué la carte de la culture et de l’art de vivre français.

Par Publié aujourd’hui à 20h37

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Emmanuel Macron et Xi Jinping, à Sanghaï, le 5 novembre. NG HAN GUAN / AFP

Une bouteille de Romanée Conti et des tableaux de Fernand Léger et Sonia Delaunay. Pour sa deuxième visite officielle en Chine, entamée le 4 novembre à Shanghaï, et qui doit se terminer mercredi à Pékin, Emmanuel Macron a joué la carte de la culture et de l’art de vivre français pour amadouer son homologue chinois Xi Jinping, alors que l’Union européenne et l’empire du Milieu négocient un accord de libre-échange. L’hôte de l’Elysée aimerait bien le voir signé en 2020, mais les officiels chinois montrent moins d’entrain.

Lors d’un dîner entre les deux chefs d’Etat et leur épouse, qui s’est tenu mardi 5 novembre dans le jardin Yu de Shanghai, Emmanuel Macron a offert une bouteille de Romanée Conti de 1978 à Xi Jinping, en référence à l’année où Deng Xiaoping a engagé la politique de réforme et d’ouverture de l’économie de son pays. « Il s’agit également d’un clin d’œil à l’accord de coopération sur les indications géographiques, signé entre la Chine et l’Union européenne, qui permettra notamment de protéger les quatre-vingt-six appellations des vins de Bourgogne », souligne-t-on à l’Elysée.

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Filet charolais et entrecôte de Salers

Plus tôt dans la journée, le président français avait entraîné son homologue chinois dans une dégustation de mets tricolores, au cours d’une visite de la deuxième foire des importations de Shanghaï, dont la France est cette année l’un des invités d’honneur. Au menu : un morceau de faux-filet charolais mais aussi une entrecôte de Salers, puis de Limousine, apportés par des éleveurs qui espèrent profiter de l’ouverture du marché chinois au bœuf français, initiée en 2018, mais qui reste encore embryonnaire. Cette année, seulement 200 tonnes devraient être exportées de la France vers la Chine, alors que le marché de la viande de bœuf importée y est estimé par les professionnels à 140 000 tonnes par an.

« Le goût français peut bien se marier avec le goût chinois » – Emmanuel Macron

Lors de cette visite, tout à sa stratégie de soft power, Emmanuel Macron a également fait déguster trois vins français au président chinois, dont le fameux Château Cheval blanc, grand cru de Saint-Emilion, propriété du milliardaire Bernard Arnault, et un Château Corton Grancey du négociant bourguignon Louis Latour. « Le goût français peut bien se marier avec le goût chinois », a vanté le président tricolore devant un Xi Jinping, qui s’est dit séduit lors de sa dégustation par une bouteille de Château L’Hospitalet, un vin du Languedoc (AOC La Clape) de Gérard Bertrand, vigneron star de la région, qui accompagnait M. Macron lors de son voyage. « Nous avons un grand marché et nous pouvons accueillir une grande diversité de produits », a rassuré le président chinois.

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