Soins aux étrangers : comment le gouvernement compte lutter contre les « usages abusifs »

Un rapport des inspections générales accrédite l’hypothèse d’un « tourisme médical ». Le premier ministre s’est appuyé sur ce document pour sa réforme, qu’il doit détailler mercredi.

Par Publié aujourd’hui à 02h35, mis à jour à 08h42

Temps de Lecture 2 min.

Article réservé aux abonnés


Dans les couloirs de l’hôpital de la Timone à Marseille, en janvier 2017. BORIS HORVAT / AFP

« Lutter contre la fraude » et les « usages abusifs ». Un mois après le débat parlementaire sur l’immigration, qu’a souhaité organiser le président de la République, Emmanuel Macron, pour « regarder en face » ce sujet sur lequel il entend combattre le Rassemblement national, un rapport des inspections générales des affaires sociales (IGAS) et des finances (IGF) met l’accent sur les détournements des systèmes de soins réservés aux étrangers sans papiers et aux demandeurs d’asile.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le gouvernement s’attaque à la couverture maladie des demandeurs d’asile

Remis le 31 octobre au gouvernement et rendu public mardi 5 novembre, ce rapport énumère une série de recommandations, dont la plupart portent sur des moyens de « lutter de façon volontaire et visible » contre ces détournements. Le premier ministre, Edouard Philippe, s’est appuyé sur ces travaux pour bâtir sa réforme de l’accès aux soins des étrangers, qu’il doit détailler publiquement mercredi.

Alors que le gouvernement assène depuis plusieurs mois qu’il existe un « tourisme médical » en France, la mission IGAS-IGF accrédite elle aussi « l’hypothèse d’une migration pour soins, qui n’est clairement pas un phénomène marginal ». Les auteurs du rapport en veulent pour preuve l’importance du recours par les bénéficiaires de l’aide médicale d’Etat (AME) – 318 106 étrangers sans papiers en 2018 – à certains soins spécifiques liés aux accouchements, à l’insuffisance rénale chronique, aux cancers ou encore aux maladies du sang. « Le rythme de croissance des séances

d’hémodialyse, chimiothérapie et radiothérapie est particulièrement élevé [plus de 10 % par an] pour les bénéficiaires de l’AME », soulève la mission.

L’impact potentiel des mesures reste à évaluer

Dans la même logique, elle estime que l’augmentation de la demande d’asile ( 20 % en 2018 avec 120 000 demandes), notamment en provenance de pays d’origine sûrs comme l’Albanie et la Géorgie, suggère une forme de « dévoiement » du système « par des étrangers qui souhaiteraient uniquement bénéficier de soins gratuits en France », puisque les demandeurs d’asile sont couverts par la Protection universelle maladie (PUMA). « Des cas de ce type ont été signalés à plusieurs reprises à la mission par des professionnels médicaux hospitaliers », soulignent les auteurs.

Quoique peu quantifiés, ces différents constats nourrissent une batterie de recommandations axées sur le renforcement des contrôles, l’instauration de délais de carence avant l’accès à la couverture maladie pour les demandeurs d’asile ou avant l’accès à certains soins non urgents pour les étrangers sans papiers inscrits à l’AME. L’impact potentiel de ces mesures, reprises par le gouvernement, n’est pas davantage évalué. Ou alors, il est minimisé.

The post Soins aux étrangers : comment le gouvernement compte lutter contre les « usages abusifs » appeared first on Haiti24.


Leave comment

Your email address will not be published. Required fields are marked with *.