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Michelle Bachelet appelle à la levée des sanctions contre le Venezuela

La cheffe des droits de l’homme de l’ONU a réitéré, vendredi à Genève, son appel à la levée des sanctions économiques contre le Venezuela afin de faciliter l’allocation des ressources pendant la pandémie de Covid-19. 

Vendredi 25 septembre 2020 ((rezonodwes.com))– « Je voudrais réitérer mon appel à la levée des sanctions économiques afin de faciliter l’allocation des ressources pendant la pandémie », a déclaré Michelle Bachelet, Haut-Commissaire aux droits de l’homme.

Lors de sa mise à jour orale concernant la situation des droits de l’homme au Venezuela, Mme Bachelet a rappelé que des sanctions supplémentaires sur les exportations de diesel pourraient aggraver encore la pénurie d’essence déjà critique et entraver la distribution de l’aide humanitaire et des biens essentiels.

Devant le Conseil des droits de l’homme, l’ancienne Présidente chilienne a rappelé certaines données avancées par des associations professionnelles. Celles-ci ont indiqué que 33% des décès dus à la Covid-19 concernaient des travailleurs de la santé, principalement en raison du manque d’équipements de biosécurité et d’eau dans les hôpitaux. 

Selon un bilan établi vendredi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Venezuela recense 69.439 cas confirmés de Covid-19 dont 574 décès.

Par ailleurs, si elle a reconnu la mise en œuvre des protocoles de biosécurité liés à la pandémie dans les centres de détention, Mme Bachelet a plaidé une nouvelle fois pour une « amélioration substantielle » des conditions de santé, d’accès à l’eau, à la nourriture et aux médicaments. Il s’agit aussi d’assurer un contact régulier avec les parents et les avocats, soit physiquement soit par téléphone, ainsi qu’à explorer des mesures alternatives à la privation de liberté.

Plus largement, les services de la Haut-Commissaire Bachelet estiment que la pandémie est venue s’ajouter à d’autres urgences préexistantes, telles que l’urgence alimentaire. Selon Caritas, le taux de malnutrition aiguë chez les enfants a atteint 15% en juillet 2020.  Elle a également indiqué que de plus en plus de familles se tournent vers des stratégies de survie, notamment en arrêtant de manger pour qu’un autre membre de la famille puisse le faire.

Répression des manifestations pacifiques

D’une manière générale, la cheffe des droits de l’homme de l’ONU est d’avis qu’il est essentiel dans les mois à venir que l’espace civique et démocratique soit protégé.

« Les autorités poursuivent la libération de tous ceux qui continuent d’être arbitrairement privés de liberté pour avoir exercé leurs droits », a prôné Mme Bachelet, reconnaissant les mesures positives prises par Caracas, comme le pardon accordé à 110 personnes. Il y a aussi la libération de 40 détenus et une plus grande coopération avec l’équipe du Haut-Commissariat dans le pays. 

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Elle a également relevé comme un signal positif, l’arrestation de cinq membres des Forces d’action spéciales, vraisemblablement responsables de la mort de deux personnes à Zulia le 21 août. De même, le Ministère public a signalé que 70 fonctionnaires du FAES dans différents États du pays avaient récemment été inculpés.

En revanche, les services de Mme Bachelet ont continué à documenter les cas de répression des manifestations pacifiques dans le contexte de l’état d’urgence en vigueur depuis mars, y compris les arrestations de manifestants qui protestaient au sujet des bas salaires et des pensions, des lacunes des services publics et de la pénurie d’essence. 

La cheffe des droits de l’homme de l’ONU s’est également préoccupée du nombre élevé de jeunes morts dans les bidonvilles à la suite des opérations de sécurité.  Mme Bachelet a précisé que sur la base d’informations émanant de différentes sources, quelque 711 décès ont été enregistrés par l’équipe du Haut-Commissariat de juin à août de cette année, ce qui porte à plus de 2.000 le nombre de décès dans le pays depuis janvier 2020.

Au titre de pays concerné, la représentation permanente auprès de l’ONU à Genève a rappelé que le Venezuela restait ouvert pour un échange de vues honnête avec la Haut-Commissaire et de coopération avec le bureau du Haut-Commissariat au Venezuela. Le Venezuela a par ailleurs dénoncé les mesures coercitives unilatérales dont il est victime et qui constitue, selon lui, un crime contre l’humanité.  

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