le-16-janvier-2014,-phtk-a-transforme-les-partis-politiques-en-des-bandes-en-debandade

Le 16 Janvier 2014, PHTK a transformé les partis politiques en des bandes en débandade

Le rôle des partis politiques n’est pas seulement celui de participer aux élections, mais aussi celui de participer à l’éducation civique du peuple tout en les incitant vers l’engagement communautaire et la participation et la militance politiques. Tristement, ils n’accompagnent pas le peuple dans la lutte pour aboutir à une république régalienne. La loi du 16 janvier 2014 portant sur leur formation, leur fonctionnement et leur financement, contribue grandement à cet échec.  

Mardi 29 septembre 2020 ((rezonodwes.com))– Les partis politiques ne sont pas présents dans les collectivités territoriales quoique l’article 17 leur exige de présenter, au ministère de la justice, une liste de leurs directions régionales au moment de leur demande de reconnaissance. Ils n’ont pas de plan d’adhésion, d’intégration et d’éducation civique quoique les articles 4 et 6 requièrent qu’ils s’assurent de la formation politique, civique et de l’encadrement de leurs membres et de la population. Ils deviennent des bandes qui ne débandent qu’aux temps des élections où ils leur sont presqu’impossible de trouver des candidats pour les représenter au niveau des collectivités territoriales. Cette situation s’applique aux petits ou aux nouveaux partis tant qu’elle s’applique aux partis les plus populaires ou les plus anciens. 

Sans ironie aucune, la législation haïtienne permet à quiconque de former un parti politique au même rythme que Mark Zuckerberg permet à quiconque de former un groupe politique sur Whatsapp. Aucune vérification de la véracité des données listées au temps de leur formation. Chaque événement génère l’avènement de nouveaux partis et à l’approche des élections, beaucoup plus y parviendront ; tous se promettant de vouloir être plus proches du peuple pour promouvoir la démocratie et la politique locale. Toutefois, malgré qu’ils insèrent dans leur acte constitutif qu’ils vont œuvrer vers la decentralisation, leur sort reste commun; puisqu’ils n’ont ni intention, ni stratégie, ni moyens financiers pour, au moins, commencer à travailler vers l’accomplissement de leur mission, ils ne deviennent qu’une idée qui n’atterrit pas, qui reste sur du papier ou dans la tête de son fondateur. 

La pluralité des partis politiques en Haïti est une preuve continue de démocratie et de dévotion pour sauver le pays, mais, considérant qu’ils sont éloignés de la masse et qu’ils n’ont aucun plan de développement social connu; ils ne font que renflouer le terrain avec des candidats ad hoc et ainsi semant la confusion chez les votants. Depuis le 16 Janvier 2014, la formation d’un parti politique en Haïti ne requiert que 20 signatures (Art 8). Ce n’est donc pas sans raison que chaque jour, un nouveau parti naît quelque part en Haïti sans que le ministère de la justice, comme prévu par les articles 5 et 18, ne vérifie l’authenticité des sièges sociaux, des membres et de l’existence des directions régionales qu’ils désignent et déclarent. 

Advertisement

Les critères pour la formation et la reconnaissance des partis politiques ne sont entachés d’aucune mesure d’évaluation ou de matrice de performances. En fait, selon l’article 9, pour être fondateur d’un parti politique, le requérant n’a qu’à être un haïtien d’origine, avoir atteint l’âge de la majorité et jouir de ses droits civils et politiques. Cette loi ne fait aucune exigence aux partis politiques de former la population en général dans les domaines du social, du civisme ou même de la militance.

Quand les élections arrivent, les partis politiques se précipitent pour inscrire au CEP des candidats dont ils n’ont jamais entendu parler ou de qui ils ne savent rien. A cet effet, ils se construisent tant une casse-tête pour trouver des candidats valables pour les représenter dans les collectivités territoriales. Comme résultat, ils n’affichent que des candidats incompétents qui ne leur permettent pas de participer à la construction de l’Etat de droit et à la gestion des affaires publiques (article 6 (g)). Notons tout aussi que ces candidats issus de l’inconnu et sans culture politique ne prêtent aucune allégeance aux partis politiques; lesquels ils laisseront pour aller former les leur une fois élus. 

Une modification de cette loi est nécessaire de sorte pour limiter la reconnaissance à cinq ans ou pour qu’elle expire après chaque élection spécifique. Pour obtenir leur reconnaissance, les partis politiques vont être requis de présenter un plan d’action pour l’éducation civique et un projet de redressement pour le développement local. Ces plans seront soumis au ministère de la justice qui, de concert avec le ministère des affaires sociales, établira des mesures de succès pour évaluer les performances des partis politiques dans chaque communauté où ils ont désigné un siège social et des directions régionales.

Pour renouveler leur reconnaissance et/ou pour recevoir des financements publics, les partis politiques doivent démontrer, en plus d’avoir gagné des postes électives (article 37) qu’ils ont atteint au moins 60% de leurs objectifs sociaux. Ils doivent aussi soumettre au ministère des finances des rapports de toutes transactions monétaires qu’ils ont effectuées dans le cadre de leurs campagnes. Toutes leurs activités financières et montants reçus en financements, dons ou en contributions seront consignés et comptabilisés dans leurs livres comptables comme l’exige l’article 44. Ils ne seront pas admis à inscrire leurs candidats dans les prochaines élections tant qu’ils ne se conforment pas aux exigences de la loi ou s’ils n’ont pas leur empreinte sur un programme de changement social dans les zones où ils évoluent.

Dr. Bobb RJJF Rousseau

www.cecoyauniversity.com

www.bifpt.com

509-204-2773

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *