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Billet à Me Bernard Gousse :  »Entre le fait de risquer une parole et la nécessité de donner un peu de nous »

par Yves Lafortune

Docteur Gousse,

Mercredi 30 septembre 2020 ((rezonodwes.com))— Vous et moi sommes avocats au Barreau de Port-au-Prince. Pourtant, on ne s’est jamais rencontrés au tribunal ou au Barreau de Port au Prince sis au Bicentenaire à l’ancien local de la USAID que vous connaissiez bien sûr que je fréquentais dans le temps dans le cadre d’un travail de recherche que je réalisais avec le coaching de mon ami, frère, confrère, collègue et compère Philippe Raymond Cantave.

J’imagine que vous non plus vous ne vous y rendez pas parce que comme je le dis et écris souvent, cette infrastructure qui abrite nos frères Avocats, Juges ne nous rend pas fiers de notre métier d’avocats, de notre métier d’hommes et à plus forte raison de notre chère Haïti.

Je n’aurais pas choisi de vous écrire vu la proximité qui caractérise toujours le choix de mes interlocuteurs, mais après votre brillante intervention à l’Université Quisqueya lors des hommages rendus au Docteur Monferrier Dorval, le Bâtonnier de l’ordre des Avocats assassinés le 28 Aout dernier chez lui, et aussi votre émission avec Monsieur Roberson Alphonse «Dèyè Kay » sur Télé 20 que j’ai suivie dans son intégralité, je n’ai pu m’empêcher de vous adresser cette correspondance parce que par-delà tout, vous avez risqué une parole à raison ou à tort qui aurait du sens si tant est qu’il ne manquait pas un peu des autres, un peu de lui et un peu de nous.

L’interview était sincère avec un franc parler qui semble vous caractériser jusqu’à vous oublier paraît-il et une fenêtre ouverte sur ce qu’on pourrait appeler une sublimation de l’impuissance[1]

Il faut interroger l’opposition, il faut par-delà ces temps d’anomie se demander s’il ne faut pas dans un sens plus large penser la politique au sens du texte d’Alain Badiou. Dans cette démarche, il faudrait être prudent et être nuancé en ce sens que la nuance dans ce cas qui se veut révolutionnaire devrait nous empêcher d’indexer l’autre et ne pas lui signifier sa part de faute comme si l’on serait soi-même pur et sans taches.

Au fil des questions, vous avez reconnu quand même que les forces politiques ont livré un bon combat par rapport aux menées totalitaristes du pouvoir et je dois reconnaître moi aussi comme je vous invite à le dénoter vous aussi que le travail de rapport sur l’inévitable procès Petro Caribe demeure de sérieuses balises sur lesquelles on pourra compter dans la construction de demain.

Docteur Gousse,

Après avoir regardé et compris l’interview, Je craignais que la polémique s’engage et nous déroute de notre dure réalité car vous l’aviez si bien dit, la bêtise a eu raison de nous et si nous ne faisons rien, nous allons tous mourir comme le criait Délira. Je craignais enfin que les acteurs réagissent avec émotion en ne se disant pas, qu’au lieu de s’éterniser sur ce que peuvent être nos incohérences et nos suffisances, qu’il nous serait mieux de nous rassembler en dépit de nos différences pour poser les problèmes, résoudre nos différents et gouverner ensemble la rosée.

Ceci dit Docteur Gousse,

Il y a du pain sur la planche car il faut colliger toutes les informations sur les 27.750 km2 qui nous apparti ennent sans nous mentir sur les possibilités d’entrer en possession immédiate de la Navase comme le jasait l’autre dans les différents médias qui lui ont été donnés de porter la parole. Il faudra développer le savoir expert pour sortir de l’amateurisme et de la politique comme seul et unique métier. Il faudra concevoir, élaborer pour pouvoir mettre en œuvre des politiques publiques qui visent au développement du pays et au progrès de la population haïtienne.

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Avant de finir cette lettre, je voudrais que vous me permettiez Docteur de faire un coup d’œil à Me André Michel et au Docteur Jean Hénold Buteau dans la perspective d’une intelligence collective qui nous interpelle tous aujourd’hui à nous créer d’autres rivages compte tenu du fait que les rives sur lesquelles nous nous retrouvons soient extrêmement sales.

J’ai tenté pour ma part vendredi dernier dans le cadre d’une invitation de Mr Alphonse à Dèyè kay de Télé 20 à élargir le débat[2] mais je crois profondément que cette lettre vous permettra de comprendre d’avantage le sens du mot de passe. C’est bien de questionner le pays, la politique, l’opposition et tout ce qu’on veut mais le geste le plus salvateur qui soit en ce moment crucial de notre pays est de nous impliquer à fond dans la cité. Le pays a besoin de nous autant que l’opposition a besoin d’un peu de vous, un peu d’eux-autres et un peu de moi que j’ai déjà donné pour sauver les meubles et refaire la maison.

Pour Gouverner la rosée, il faudra la part de chacun Docteur Gousse, votre part de don et votre gousse d’ail[3]. Il faudra créer Manuel (elle) qui devra donner plus que de l’eau.

Le mois de Septembre se termine, je vous suggère la lecture de la lettre d’Octobre de Georges Castera[4] qui nous rappelle que nous sommes mortels et tous témoins oculaires d’un temps qui n’est pas à son dernier repas de cannibale[5].

Ceci étant dit, je vous invite à vous joindre à eux, à lui et à moi pour la convocation de la première assemblée des gouverneurs généraux de la rosée et vous prie de recevoir, Docteur, l’expression de mes considérations les meilleures.

Yves Lafortune, MAP, Avocat

Designer Organisationnel

PDG Consultations et Résultats

Secrétaire exécutif de l’Institut de Politiques Publiques (IPP)


[1] Gaillard, R ; note de littérature sur la vie de Carl Bouard

[2]https://www.facebook.com/tele20/videos/320348569066536/?vh=e&extid=gJZ4OReO2aUO4EfR&d=n

[3] Philoctète, R in n Promesse

[4] Castera G ;  Lettre d’Octobre

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