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La mort aux enchères en Haïti : À qui le tour ?

Mardi 13 octobre 2020 ((rezonodwes.com))– L’humanisme qui nous manque, l’indécence qui nous ronge et le pays qui s’en va…

Toutes les rues d’Haïti sont, audacieusement, en trépas ; c’est un trépas jeune et politisé qui punit doublement la société déjà en cri. Il y a, en effet, la violence des cris en crises, des cris croisés d’une population grise. Panique de la politique née de paniques.

C’est ainsi qu’entre la mort et le vivre n’importe comment : Tout haïtien est à la dépendance d’un peut-être renouvelé des vingt-quatre heures à venir. C’est une manière haïtiennement singulière d’embrasser la ciguë imposée. La boisson est là, sainement à la recherche des yeux lettrés, des âmes honnêtes et -en fin- de tout corps voulant narrer en précision impeccable la longueur des blessures du pays.

Alors, si la mort s’expose, la vie est sans secours. Normalement, toutes les vies- par décret du banditisme- prennent l’aurevoir en sens unique, c’est une démarche des coeurs en chagrin et en abîme : tous les yeux haïtiens voient un deuil en repas comme les nouvelles de la ville à maman.

Cependant, l’État est là. Mais, tout est mort dans sa présence vide. l’État est un dispositif politique qui devrait éviter l’étranglement citoyen, et pourtant-par négligence- il conduit la population au désespoir, et cela, en vitesse d’hypocrisie et en alarme du n’importe quoi.

En Haïti, seule la tuerie vit sa vie, et la vie est tellement silencieuse qu’elle invite son existence aux malaises de la peur.

[…] Par contre, les corbillards sont là. Tous fatigués. Le défilé continue dans les routes mal planifiées comme le débordement des enterrements intentionés pour faire fleurir le mal dans le poumon d’une ville qui grandit en horrible orgasme. L’horrible orgasme, c’est le désir d’être là, mais, l’hélàs des temps et la situation moribonde sociale empêchent cette démarche de présence… ou encore, planifient l’obstruction de la vie en morgues de gaieté-jeune.

Malgré tout, la tuerie n’est pas ce défilé visib le des étonnements multiples qui dansent quotidiennement. Il y a un mécanisme d’État légal- malheureusement- qui fait bouger le rythme à la mort. Et, Jusqu’ici toute vie est orpheline. Alors, ce n’est pas un défaut le professionnalisme à la pendaison sociale, encore moins une cantique qui dérange le silence des arbres de la ville paralysée. Sinon, c’est l’exposition planifiée d’une dérive complexe et arbitraire.

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Toute dérive est méchante dans son fonctionnement, elle produit la gloire de la haine et/ou la construction de cimetières domestiques… elle est en sirène des maux pour s’offrir en triomphe de pleurs et d’exclamation d’adieu.

De toute façon, nous sommes sans pays. Nous avons la mort précoce qui nous héberge pluriellement. Nous sommes haïtiens en mode catastrophe de règles et de principes. Nous sommes les ambulants en maux organisés, et en lacunes gouvernementales. Nous sommes des morts qui bougent. Encore une fois, nous sommes en train de colorier la mort politiquement. Nous, haïtiens et résignés-amoureux du banditisme d’État. 

En effet, toute la voisinagerie sociale est une exclamation de mauvaises nouvelles. Ce n’est pas un hasard, car l’État haïtien- par dérision- est un talentueux des tristes causes. C’est-à-dire, aucun habitant de la cité Dessalinienne est épargné: Mourir est mode. Crier est mélangé avec la rage des pertes continues. Chacun espère son adieu précoce. Et toute la population marche avec ses traces de peines, ses vivres de honte, ses envies-vivres imaginaires et ses dégoûts non mérités.

Et voilà…! La bêtise politique qui nous tient, la peur collective qui nous habite. Et la mort conditionnée qui fleurit : cueillons-la? Mourons-nous tous comme des spectateurs de notre propre convoi ? Quelle sépulture à éviter pour vivre en paix ? 

Céïde Alexis Joanel Kaki

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