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Urgent : des Haïtiens refoulés du Canada en difficulté à la frontière américaine

par Jean Numa Goudou

Mercredi 21 octobre 2020 ((rezonodwes.com))– Désespérés, mal informés, ils viennent surtout de la Floride (aux USA) et  sont en majorité des Haïtiens parmi  près de 130 personnes interceptées par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à la frontière avec les États-Unis depuis  la fermeture  en raison de la COVID-19.

Ces gens-là ont vendu tout ce qu’ils avaient, pris leur petite économie pour se lancer dans ce périple sans se douter que, en raison de la pandémie, rares sont les gens qui traversent la frontière fermée depuis le 21 mars dernier. C’est d’ailleurs toujours barré.

« Il y a une quarantaine de familles avec enfants qui y sont coincées soit parce qu’elles ne pouvaient traverser pour le Canada ou qu’elles ont été refoulées aux USA par la police frontalière.», témoigne Wendy Ayotte, porte-parole de l’organisme Créons des ponts., qui déconseille aux gens de partir à cette aventure risquée maintenant.

Il s’agit d’un regroupement de personnes (des Canadiens) vivant à Hemmingford et les environs, près de Roxham Road, en bordure de la frontière canado-américaine, lieu de passage irrégulier utilisé par des personnes en provenance des USA.

 L’organisme crée des ponts également avec Plattsburgh cares, basé du coté américain de la frontière et qui, les deux, viennent en aide à des demandeurs d’asile depuis 2017.

«  Nos contacts sont brefs avec eux. Nous leur fournissons des vêtements chauds pendant l’hiver, de la nourriture etc…», explique Mme Ayotte.

Mais depuis la pandémie et l’abaissement des frontières un «Accord temporaire entre le Canada et les États-Unis » est intervenu et stipule que :

  • Les personnes qui entrent au Canada en provenance des États‑Unis pour faire une demande d’asile seront renvoyées aux États‑Unis de façon temporaire.
  • Cela s’applique : entre les points d’entrée officiels le long de la frontière terrestre; aux points d’entrée aériens et marins.

Selon Wendy Ayotte  de l’organisme Créons des ponts, les personnes qui ont été refoulées à un point d’entrée irrégulière, se sont vu remettre une note qui les informe que «quand la frontière sera rouverte, ils pourront se présenter à un point officiel pour faire une demande d’asile.»

Mais le problème, dit-elle, c’est la situation coté américain. Plusieurs d’entre eux sont actuellement en prison à Plattsburgh ou dans la région de  Buffalo, à mi-chemin entre Montréal et New York et « il est difficile d’avoir des informations sur combien ils sont en détention.»

Quelques rares familles ont réussi à s’installer le long de la frontière avec l’aide de Plattsburgh cares. Mais ces familles courent un grand risque selon la travailleuse humanitaire.

« Le fait d’être une personne de couleurs, près de la frontière, cela se voit tant que ça à Champlain. Et la police des frontières procède tout de suite à leur arrestation. »- W. Ayotte

Mensonges et agression verbale

  • Depuis 2017 plus de 57 000 personnes ont produit une demande d’asile au Canada
  • Nombre total de demandeurs d’asile traités par l’ASFC et IRCC, janvier – août 2020 : 18 810
  • Le nombre total de demandeurs d’asile interceptés par  la GRC   depuis janvier dernier s’élève à  3 161 dont 128 pendant la pandémie.

Au cours de la première vague (en 2017) de demandeurs de statut de réfugiés, Créons des ponts dit avoir constaté des comportements inacceptab les de la part des agents de la Gendarmerie. Ce qui a poussé l’organisme à s’asseoir au moins à six reprises avec l’Agence des services frontaliers en vue d’améliorer leur approche.

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« Ce n’était pas exactement des propos racistes, mais des attitudes qui témoignent du racisme. », estime la responsable de l’organisme.

Mme Ayotte dénonce le fait que la GRC induisait les gens en erreur en leur disant d’ «aller à un pont officiel pour faire leur demande », ce qui n’est pas forcément toujours possible en raison de l’Entente sur les pays tiers sûrs.

MESSAGE IMPORTANT POUR LES DEMANDEURS ET DEMANDEUSES D’ASILE :

  • Si vous avez déjà fait une demande d’asile aux États-Unis (ou au Royaume-Uni, en Nouvelle-Zélande ou en Australie), vous n’avez plus droit au processus complet et indépendant de détermination du statut de réfugié au Canada.
  • Au lieu de cela, vous n’aurez droit qu’à une entrevue d’évaluation des risques avant le renvoi (ERAR), réalisée par un·e agent·e du gouvernement. Vous aurez droit à la présence d’un·e avocat·e ou d’un·e consultant·e en immigration pendant l’entrevue.
  • Il est important de savoir que l’ERAR est un procédé beaucoup moins complet que le processus de détermination et que son taux de succès est plus bas.

PASSAGE EN POINTS IRRÉGULIERS LE LONG DE LA FRONTIÈRE COMME LE CHEMIN ROXHAM

  • Veuillez noter que le gouvernement américain n’a pas encore confirmé la manière dont il traitera les demandeurs d’asile renvoyés aux États-Unis. Il se peut donc que vous soyez placé en détention et/ou renvoyé dans votre pays.
  • Les personnes suivantes ne seront PAS renvoyées aux États-Unis et devraient pouvoir faire une demande d’asile : les citoyens américains, les apatrides qui vivent aux États-Unis, et les enfants non accompagnés (de moins de 18 ans) qui ne sont pas mariés et qui n’ont ni parent ni tuteur légal aux États-Unis.
  • Les agents d’immigration ont également le pouvoir discrétionnaire d’admettre au Canada des personnes susceptibles d’être condamnées à la peine de mort.

SOUTIEN DU CÔTÉ AMÉRICAIN

Nous travaillons de près avec Plattsburgh Cares, un organisme de bénévoles situé à Plattsburgh, dans l’état de New York, qui donne de l’information et du soutien aux gens qui veulent quitter les États-Unis pour demander l’asile au Canada.  Vous pouvez les contacter pour de l’assistance à l’adresse support@plattsburghcares.org ou les appeler au 518-243-8292 ou 518-240-8866.

Pour tout savoir sur la situation de demandes d’asile au Canada cliquez ICI

Écoutez notre entrevue avec Wendy Ayotte qui déconseille les gens de partir à cette aventure très risquée en cette période de pandémie. Elle est au micro de Jean Numa Goudou

Jean Numa Goudou (In Texto)

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