ci-git-democratie!

Ci-gît Démocratie!

Ci-gît Démocratie

22 septembre 2020. Dans le cadre de la commémoration du 63e anniversaire de l’avènement au pouvoir de Papa Doc, Jovenel Moïse a procédé à l’installation du Conseil Electoral Présidentiel. La cérémonie s’est déroulée dans le parloir funèbre du Palais.

La fine fleur du PHTK était au rendez-vous, notamment « la personne », Magalie H. (Lauréate de la promotion sortante de l’École Buissonnière ; célèbre pour ses généreuses surettes et autres friandises qui alimentent les gorges chaudes sur le Net) ; sans oublier le sieur Eudes « Dieuseul » Lajoie (qui s’est fait dans l’Administration « Pubique » une solide réputation d’auto-satisfactiono-maniste).

22 septembre. Avec Jovenel, la sélection des bananes et des…dattes n’est pas le fruit du hasard. Il connaît bien le goût de sa bouche. Il a le sens de l’Histoire. Avant 57, Papa Doc aimait surtout ses grenades. Il était bombiste.

A la cérémonie d’investiture du CEP, l’Ambassadrice Sison (qui sait mieux que nous ce qui est bon pour nous) avait brillé par son absence. En fait, elle s’était fait représenter par ses “sapates” qui avaient auparavant défrayé la chronique sur la Toile. La police de la mode et des mœurs diplomatiques avait parlé de fashion faux pas. Encore une fois, elle venait de fouler aux pieds la dignité nationale. Il aurait mieux valu qu’elle portât des bottes. C’aurait été un peu plus clair…

Pour une raison très personnelle, je n’avais pas protesté.
Pourquoi ? Pourquoi pas ?

Versez à boire. Je vais vous faire une confidence. Je sais que vous êtes « fouille-apporte » et même davantage.

A défaut d’être voyou, j’ai un côté voyeur, un peu “foot fetishist.” Quand je vois les pieds d’une jolie dame, ça donne des ailes à mon imagination. Ça me transporte au septième ciel. Je marche sur les nuages et rêve de devenir l’élu de son cœur et de ses orteils.

J’étais aux anges, puis en démon, puis en état…d’élection, lorsque j’ai vu les pieds nus de madame l’Ambassadrice. A cause d’elle, j’ai failli appeler mon nouveau parti : Pam Pi Dous.

Je vous l’avoue sans fausse pudeur, au risque de commettre un délit de lèse-majesté. J’applaudis des deux mains lorsque je vois ses pieds circuler sans masque dans le cortège carnavalesque de la Caravane.

Pieds au vent, elle ne risque pas d’attraper le miasme contagieux des bottes de Jovenel. C’est si pestilentiel qu’un jeune ministre encore en fonction est passé à l’Opposition et conspue le gouvernement sur les réseaux sociaux.

L’Ambassadrice Sison est descendue de son piédestal ? Peut-être. Mais personne ne pourra l’accuser de “sentir my ass”.

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En Haïti, les zélections, c’est une affaire pressante. Ceux qui (par-dessus tout veulent notre bien) y insistent. « Plus bonne heure, c’est grand matin » nous dit-on avec un accent étranger. C’est dans cette perspective que JoMo a mis sur pied son CEP en vue d’organiser des joutes au goût du Client, dans la bonne petite marmite.

22 septembre. L’arrivée du CEP a ouvert la voie à de nouveaux Partis. L’Oncle Sixto aurait dit : « Y’a des coïncidences qui sont des signes. »

J’ai cru un instant que mon parti (Pam Pi Bon) allait être le dernier en date. Je me disais candidement : « Le dernier sera le premier. » A mon grand étonnement, le journal Le Nouveau Monde a annoncé la création d’une nouvelle entité. Il s’agit de Nou Pare, le parti de monsieur Ranseur St-Cyr. Sa devise ? « Cueillez dès aujourd’hui les roses de l’à vie. »

Dans la ville de Papadopolis, JoMo fait le gros dos. Il prépare la voie au retour de Sweet Mimi. Il banane et fabrique un peu de tout : des bougies, des accumulateurs de promesses, des rigoles pour la pêche à la baleine, et même du « bois pin » pour allumer les étoiles.

JoMo est un fabulateur. Pourtant, je le crois sur parole.
Quand ?
Quand il fait des menaces.
Des menaces de mots qui deviennent des menaces de mort et des exécutions sommaires.
Quand ?
Quand Jovenel croit que le rôle de l’Exécutif, c’est d’exécuter les éléments gênants. Etudiant ? Bâtonnier ? Peu importe. L’enquête se poursuit sans espoir de se rattraper. Les dossiers disparaissent comme par enchantement.

Sûr du support international, JoMo prend les membres de l’Opposition pour des bananes mûres. Il croit avoir des graines aussi grosses que les melons.

Avant la date du 7 février, il risque de récolter Les Raisins de la Colère.
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Castro Desroches

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