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Covid-19: le couvre-feu s’étend en France pour faire face à la deuxième vague

Vendredi 23 octobre 2020 ((rezonodwes.com))– nouveaux départements se préparent à appliquer le couvre-feu nocturne au moment où le niveau de contamination atteint des records en France, touchée de plein fouet par la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19.

Entre mercredi et jeudi, 41.622 nouveaux cas de Covid-19 ont été dépistés, un niveau jamais vu depuis le lancement des tests à grande échelle dans l’Hexagone. Soit une moyenne de 27.000 nouveaux cas quotidiens sur les sept derniers jours. 

Signe que la saturation des hôpitaux commence à devenir réalité, des établissements de Bordeaux, Poitiers et Brive vont accueillir huit patients d’Auvergne Rhône-Alpes, a annoncé vendredi l’ARS de Nouvelle Aquitaine, région plus épargnée par l’épidémie de Covid-19.

« Le mois de novembre sera éprouvant » et « le nombre de morts va continuer d’augmenter », a prévenu jeudi le Premier ministre Jean Castex, en annonçant l’extension du couvre-feu nocturne qui concerne désormais aussi des zones rurales.

Au total, 54 départements et 46 millions d’habitants, en plus de la Polynésie, sont désormais soumis à cette mesure qui entrera en vigueur dans la nuit de vendredi à samedi, à minuit. Il s’appliquera de 21H00 à 06H00 et donnera lieu à des amendes en cas de non-respect.

« On a eu une fréquentation touristique très importante et je pense que la contrepartie, c’est qu’on a eu beaucoup de transmissions, beaucoup de gens qui passent. (…) Et puis à la rentrée universitaire, beaucoup de jeunes ont fait des allers et retours avec des départements voisins plus atteints que nous », avance le maire du Puy-en-Velay, Michel Chapuis (UDI), interrogé par l’AFP.

– « Mesures plus dures » ? –

Si l’épidémie n’était pas jugulée, le gouvernement devrait « envisager des mesures beaucoup plus dures », alors que plusieurs pays comme l’Irlande, confrontés à la deuxième vague, viennent de décider des reconfinements.

« Tout est sur la table », a affirmé vendredi sur BFMTV le Pr Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique, qui guide le gouvernement. Un confinement « général, je n’espère pas parce qu’on fait tout pour l’éviter. Local, ça fait partie des options », a poursuivi l’épidémiologiste.

« La situation au niveau hospitalier se rapproche de ce que l’on avait observé à la mi-mars », à la veille du confinement, a souligné vendredi Sophie Vaux, épidémiologiste à Santé publique France, au cours d’un point presse en ligne.

La semaine dernière, le nombre de nouvelles hospitalisations pour Covid-19 a grimpé de 48% à 7.530 patients, les admissions en réa, de 48% à 1.343, et les décès, de 40% à 764, trois indicateurs en nette « accélération » par rapport à la semaine précédente, selon l’agence sanitaire.

Entre le 19 et le 25 mars, premiers jours où ces chiffres quotidiens ont été disponibles, la France avait connu 14.396 hospitalisations, 2.918 entrées en réanimation et 1.203 décès.

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Emmanuel Macron devait se rendre dans l’après-midi dans un centre hospitalier de Pontoise, dans le Val d’Oise, pour échanger avec le personnel soignant.

– Choc économique –

Les mesures prises pour faire face à l’épidémie vont peser sur l’économie, a averti vendredi sur Europe 1 Bruno Le Maire, avec la possibilité « d’avoir un chiffre de croissance négatif » au quatrième trimestre.

Pour tenter d’amortir les conséquences économiques, les mesures de soutien seront étendues à tous les départements concernés, pour « un coût global d’un peu plus de 2 milliards d’euros », a indiqué le ministre de l’Economie.

« Nous, le plus gros de la clientèle c’était le soir. Les gens arrivent tard, si on ferme à 21h00, ça sert plus à rien », a réagi Jérôme Salvy, 40 ans, patron du bistrot Les Potos 12 à Rodez (Aveyron), qui a ouvert juste avant le confinement. 

Jeudi, la nouvelle version de l’application de « traçage » du virus, rebaptisée « Tous anti-Covid », a été présentée par le secrétaire d’Etat chargé du Numérique, Cédric O. Elle remplace StopCovid qui avait été téléchargée seulement 2,6 millions de fois depuis début juin.

Des problèmes ont été rencontrés jeudi sur « Tous anti-Covid », dus à un trop grand afflux de personnes en même temps, mais ils ont été résolus, a affirmé vendredi Cédric O sur France 2.

« Ses premières fonctionnalités seront enrichies toutes les deux semaines », avait-il dit jeudi, notamment avec l’intégration de l’attestation de sortie ou les registres d’enregistrement des restaurants.

L’exécutif a par ailleurs adopté en Conseil des ministres un projet de loi pour prolonger l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 16 février 2021 inclus. Le texte, qui nécessite un vote au Parlement, sera examiné dès ce week-end à l’Assemblée nationale.

L’exécutif entend aussi pouvoir appliquer des mesures de restrictions de circulation, de rassemblements ou d’ouverture des établissements au moins jusqu’au 1er avril 2021, sur tout ou partie du territoire et en fonction de la situation épidémique, selon le texte.

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© Agence France-Presse

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