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Présidentielle américaine-Collège électoral : le poids du vote populaire

Dimanche 25 octobre 2020 ((rezonodwes.com))–Le vainqueur du suffrage populaire aux Etats-Unis d’Amérique  n’est pas toujours élu président. A plusieurs reprises, soit plus de quatre fois dans l’histoire des USA, celui qui devient président   n’a pourtant pas reçu le plus grand nombre de voix exprimée par le peuple. En réalité , Lors  de la  présidentielle américaine,  les électeurs  américains désignent des intermédiaires, connus sous le terme de « grands électeurs », qui sont ensuite chargés d’élire le président et le vice président.

De ce fait, les résultats du scrutin de l’un des pays qui s’érige très souvent en défenseur des valeurs démocratiques, voire en « donneur de leçon »…,  ne reflètent pas souvent le suffrage exprimé comme l’illustre bien ces faits :

– l’élection de John Quincy Adams 1824

-L’élection présidentielle de 1876 entre Hayes et le démocrate Samuel J.Tildem

-En 1888, Harrison a gagne le vote électorale mais a perdu  le vote populaire

– « En 2000, le démocrate  Al Gore avait du s’incliner face a George W,Bush, malgré un écart de 500 000 voix en sa faveur »

-En 2016, malgré 9 million de voix de plus que D. Trump, Hillary Clinton a perdu l’élection : la candidate a obtenu en sa faveur 227 grands électeurs, contre 34 pour son adversaire

Contrairement à Haïti, ce ne sont pas les américains qui élisent directement leur président. En effet, avec 20 % du vote populaire et 270 voix gagnées sur  538  au collège électoral, un candidat peut devenir président aux Etats-Unis d’Amérique. Comment ce phénomène s’explique t-il ? Quelles sont ses conséquences sur la démocratie américaine? Pourquoi, dépit du fait qu’il réduit à rien l’expression de la volonté du peuple américain, le collège électoral existe encore ?

Comment ce phénomène s’explique t-il ?

Le douzième amendement de la constitution américaine prévoit l’élection du président et du vice-président par le collège électoral. Si le vote majoritaire fait défaut pour une personne, la chambre des représentants (un vote par Etat) choisit le président et le sénat le vice président. En deux mots, c’est quoi exactement le collège électorale ? En réalité, ledit collège électoral est une fiction juridique, qui est, par définition, « Artifice de technique juridique consistant à supposer un fait contraire a la réalité, en vue de produire un effet de droit ».  

Le collège électoral des Etats-Unis composé de 538 électeurs, soit autant de membres que  le congrès, reparti comme suit : 435 représentants de la nation, 100 sénateurs et 3 électeurs octroyés au district Columbia, désigne  l’ensemble des représentants, appelés encore grands électeurs, désignés par les électeurs, qui sont ensuite  chargés d’élire le président et le vice-président des Etats-Unis ; ce qui fait de la présidentielle américaine une élection au scrutin indirect.

Ainsi, pour être élu  président des Etats-Unis d’Amérique, il suffit tout simplement d’avoir le soutien de 270 grands électeurs. Au cas où  chaque candidat obtient chacun 269 voix, la chambre des représentants (un Etat, une voix) décide de l’élection du président ensuite les sénateurs élisent le vice président. Tout bien considéré, dans un système comme celui de l’Amérique, il est clair que  le candidat n’a pas besoin  de gagner le vote populaire pour se faire élire président.

Les conséquences du collège électoral

Ses conséquences sur  l’élection du président américain  sont flagrantes, même en cas d’une égalité, le vote populaire ou encore, le nombre de voix exprimé par le peuple ne serait jamais considéré.  Le collège électoral, en raison de son existence même ; et du pouvoir qui lui est investit,  est non seulement une faiblesse pour la démocratie  américaine, mais il représ ente aussi un véritable danger pour la société  américaine. Car il prive les américains de leur « isonomie ».

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Il  rend peu représentative les élections présidentielles américaines et il peut donc s’approprié du rêve américain. En outre, le collège électoral s’oppose à la règle de la majorité. De surcroit, en rendant insignifiant le vote populaire, il devient donc possible que le candidat le plus admiré, le plus populaire n’accède pas à la présidence. Et cause de cela,   il devient donc très probable que les électeurs soient découragés de voter.

 Alors, s’il est vrai que  le collège électoral  affaiblit la démocratie américaine, voire être aux « antipodes », demandons nous pourquoi les américains le conserve encore ?

Pourquoi le collège est bicentenaire (1804-2020) ?

Dans les lignes précédentes nous avons vu combien  le collège électoral entrave la démocratie américaine, malgré cela, on constate qu’il est  bicentenaire. Quelles sont, en réalité,  les raisons qui expliquent ses deux siècles d’existence ?

les raisons pour lesquelles le collège électoral est bicentenaire sont donc nombreuses, en voici quelques-uns :

  • La constitution est un document très difficile à modifier. Or ce mécanisme est prévu par la constitution américaine
  • Le système du collège électorale favorise le bipartisme, donc, profitable aux deux grands partis. Ils n’ont donc pas intérêt à proposer de le changer.

En outre, « Le désagrément ne survient que lorsqu’un candidat remporte le vote populaire mais perd le vote électoral. » cela ne s’est produit que cinq fois après plus de deux cents ans d’existence.

Somme toute, L’Amérique est toujours perçue comme l’une des plus grandes, des plus fortes démocraties au monde, mais comme toute démocratie, il présente des faiblesses. Proposé en 1803, déclaré ratifier en 1804,  le douzième amendement de la constitution américaine prévoit l’élection du président et du vice président par le collège électoral. Ce dernier « rend incapable le peuple américain d’élire collectivement son président, limitant ainsi leur liberté, leur égalité et leurs droits, trois valeurs défendus par la démocratie. »

Incontestablement, parmi les faiblesses de la démocratie américaine, le collège électoral en fait partie et pèse très lourd dans la balance. Pour George C.Edwards III, professeur de sciences politiques a l’université de Texas, auteur d’un ouvrage sur le sujet (Why the electoral college is bad for america : « Ce système est intolérable dans une démocratie, il viole l’égalité politique car toutes les voix ne sont pas égales. »

Rédaction : Jérôme CLERVAL

Références:

-Stéphanie, Le Bars, « L’écart de voix entre Hillary Clinton et Donald Trump, une anomalie démocratique », Le monde, publié le 15 décembre 2016, mise  jour le 18 décembre 2016

  • Fritz Dufour, le collège électoral américain n’est-il pas une fiction polie qui devrait être aboli, pdf
  • Arnaud Coutant, « Les présidents minoritaires aux Etats-Unis », REVUE FRANÇAISE  DE DROIT CONSTITUTIONNEL, n090, pp 355 a 45
  • Lucie Robquain, « l’élection présidentielle américaine : comment ca marche ? », les Echos, publié le 11 oct. 2016

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