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Décentralisation politique et développement économique en Haïti

DÉCENTRALISATION POLITIQUE ET DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE EN HAÏTI

Mercredi 27 octobre 2020 ((rezonodwes.com))– Nous avons une crise politique en Haïti. Pour certaines personnes, cette crise est politique, économique et sociale. Je partage cette idée. Pour vraiment soulever le problème, il faut séparer les différents aspects et les aborder en fonction de la recherche et des études scientifiques. En tant que chercheur en science politique et administration publique depuis 20 ans, je suis convaincu que nous devons faire trois choses pour sortir Haïti de cette situation difficile: 1) un changement de régime politique, 2) la décentralisation politique, 3) le développement économique.

Dans mon précédent article publié sur Rezo Nodwes: Le régime parlementaire de gouvernement ou Regime d’assemblee: la seule solution durable à la crise politique actuelle en Haïti, j’ai abordé la première solution au problème. Maintenant, dans cet article, j’aborde les deux autres aspects de la solution à la crise.

L’ ETAT

Plusieurs institutions publiques doivent se décentraliser pour une meilleure gestion du pays. Ces deux sont les plus critiques et doivent être décentralisés le plus rapidement possible: L’ État et la justice (tribunaux,  police et prisons) Notre objectif ici est la décentralisation politique. Il existe d’autres formes de décentralisation telles que: la décentralisation fiscale, la décentralisation administrative, la décentralisation du marché ou la décentralisation économique, etc. La décentralisation politique est le processus de donner aux habitants locaux ou régionaux et à leurs élus plus de pouvoir pour prendre des décisions au niveau régional et local.

Il existe deux modèles de base: l’élection d’un gouverneur ou d’un maire par la population régionale ou locale avec un conseil municipal ou régional distinct. C’est le cas des États-Unis, du Brésil, du Mexique, du Nigéria, etc. le deuxième modèle est l’élection d’un conseil municipal ou d’une assemblée régionale par les habitants de la commune ou de la région. Après l’élection du conseil communal ou du conseil départemental ou régional, le conseil choisit parmi ses membres le maire ou le président régional, le premier ministre régional, etc. C’est le cas du Canada, de la France, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de l’Afrique du Sud, etc. ce système élimine les politiciens médiocres, les populistes, et sans visions pour prendre le pouvoir. Je le propose pour Haïti

JUSTICE (Tribunaux)                                         

La justice en Haïti est en faillite pour plusieurs raisons et sous différents aspects. Selon l’opinion publique, les juges, les avocats, les procureurs, etc. sont corrompus. La réalité est que nous avons de la corruption dans tous les pays du monde. La vérité est de créer un système judiciaire capable de lutter contre la corruption en lui-même. Pour créer ce système, la décentralisation est essentielle. Le système judiciaire ou le system des tribunaux haïtien est divisé en quatre niveaux: cour de paix, tribunal de première instance, cour d’appel et cour de cassation ou CSPJ (Conseil supérieur du pouvoir judiciaire)

Selon le format actuel, le gouvernement municipal, le gouvernement départemental, le sénat de la république doit soumettre sa liste de juges au président pour le choix final. Si le président est d’un parti politique ou d’un autre, ce système oblige les juges à prendre des décisions en faveur d’un parti ou d’un autre ou en faveur d’un président ou d’un autre. ce système doit se décentraliser là où la municipalité, le gouvernement départemental, le président de la république soumettent leur liste au CSPJ pour instruction judiciaire et le CSPJ au sénat de la république pour le choix définitif des juges. C’est le cas dans les pays les plus démocratiques. Pour les commissaires du gouvernement, un pourcentage devrait être choisi par le pouvoir central et un autre pourcentage par les gouvernements départementaux pour un meilleur fonctionnement de l’État.

Justice (LA POLICE)

La police haïtienne a été créée en 1995 par le président Jean Bertrand Aristide pour maintenir la sécurité publique dans le pays. Avec un effectif de plus de 15 000 policiers, c’est l’une des forces les plus faibles des Caraïbes et d’Amérique du Nord. Des centaines de policiers ont perdu la vie à cause du dysfonctionnement de l’institution et de leur implication dans des choses hors de la loi. Récemment, il y a eu un conflit entre la police et l’armée. Les résultats ont été des morts et des blessés des deux côtés. La vérité est que le système est en faillite, l’État est en faillite, le gouvernement est en faillite. Dans un pays, quand tout ne fonctionne pas, la porte est ouverte à toutes sortes d’incidents et d’accidents.

Trouver une solution pour la police est un pourcentage de la solution au problème, pas la solution dans son ensemble. Les autres institutions du pays doivent également être réorganisées. La chose la plus simple et la plus urgente à faire dans la police est de la décentraliser en trois niveaux: le niveau national, le niveau départemental et le niveau municipal.

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Justice (PRISONS)

 Dans un pays organisé, le système pénitentiaire est essentiel au bon fonctionnement de l’État. Il semble que les politiciens haïtiens aient perdu la responsabilité de créer des prisons pour la sécurité publique du pays. L’une des critiques de la prison haïtienne est la fusion où l’accusé et le condamné sont dans la même cellule. Selon des recherches et un rapport du RNDDH (Réseau national de défense des droits de l’homme), Haïti compte plus de prisonniers que de prisons. Plus de 75% des détenus n’ont pas la possibilité de comparaître devant un juge pour leur affaire. De nombreux prisonniers meurent de malnutrition et de manque de santé.

À l’instar de l’État, de la justice et de la police, pour simplifier le problème, il s’agit de décentraliser les prisons d’Haïti en deux niveaux: les prisons départementales sous le contrôle du gouvernement départemental et les prisons nationales sous le contrôle du gouvernement national. Par exemple, nous aurions une prison dans chaque arrondissement pour les prisons départementales et une prison dans chaque chef-lieu ou capital départemental pour les prisons nationales ou les pénitenciers nationaux. Les prisons pour femmes, jeunes, etc. seraient de ce modèle. Ce modèle de prison est un succès au Canada et aux États-Unis.

DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE EN HAÏTI

Dans une récente interview avec l’économiste Kesner Pharel du groupe Croissance, l’économiste Pierre Marie Boisson a déclaré que l’économie haïtienne est en mauvaise posture. Il a poursuivi en disant que l’économie haïtienne est une économie de transferts de la diaspora haïtienne en Amérique du Nord, en Europe et dans d’autres parties du monde. En 2019, l’économie haïtienne a crû à moins de 2% selon l’économiste Boisson. Les revenus du gouvernement haïtien proviennent indirectement de la diaspora haïtienne. Le secteur bancaire est l’un des plus puissants de l’économie haïtienne. Selon M. Boisson, l’instabilité politique est la principale raison du dysfonctionnement de l’économie haïtienne.

C’est la raison pour laquelle nous proposons un changement de régime politique et une décentralisation politique dans cet article. Sans ces deux éléments, nous n’aurons pas la stabilité politique nécessaire à une économie forte. Après un changement de régime et une décentralisation politique dans ses deux institutions mentionnées ici, pour développer l’économie haïtienne, trois choses fondamentales doivent être faites: 1) créer les conditions pour que les entreprises présentes dans le pays fournissent leur service, 2) créer les conditions pour les entreprises absentes d’entrer sur le marché 3) créer les conditions permettant aux nouveaux entrepreneurs d’investir et de créer des emplois. Leurs services devraient être offerts au plus grand nombre de personnes possible et à autant d’endroits que possible. Les États-Unis en sont un parfait exemple.

Avec un changement de système politique et une décentralisation politique, le développement social et économique en Haïti n’est pas aussi difficile que la plupart des gens le pensent. Le problème est complexe car nous avons un gouvernement centralisé dans le pays où un homme appelé président est en charge de l’ensemble du système. Tout comme dans les pays organisés, une fois que notre système sera pacifique et décentralisé, les différentes institutions publiques joueront leur rôle et apporteront la paix et la prospérité au peuple haïtien.

Pour lire mes autres articles, vous pouvez m’envoyer un email à Adeshommes@hotmail.com ou aller dans le champ de recherche Rezo Nodwes et taper: Archange Deshommes

Archange Deshommes, ancien professeur d’école publique à Miami

Licensie en sciences sociales par Florida Department of Education

Adeshommes@hotmail.com)

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