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Dr Bobb Rousseau : Décentraliser le système électrique haïtien pour atteindre l’électrification nationale

A cause de sa centralisation, le système électrique haïtien est une responsabilité financière pour le pays qui dégrade les performances opérationnelles de production et de transmission, pollue l’environnement, et augmente les coûts de commercialisation et de déploiement jusqu’aux collectivités territoriales les plus éloignées du pays. Le pays a besoin d’une approche audacieuse digne d’investissements privés pour accroître l’efficacité, la flexibilité et la résilience de son système d’électricité.

Mercredi 27 octobre 2020 ((rezonodwes.com))– Avec le système électrique centralisé du pays, environ 80% des villes haïtiennes manquent d’électricité. A cet effet, le système devient si peu fiable et si peu rentable qu’il crée des dettes publiques et empêche le pays d’atteindre l’Objectif 7 des 17 Objectifs de Développement Durable des Nations Unies, qui est celui de fournir une énergie abordable et propre aux consommateurs.

Il y a plus de deux ans, la promesse du gouvernement de connecter les villes à l’électricité d’ici 24 mois fut irréaliste en raison du modèle d’affaires à sens unique. Dans ce modèle, le gouvernement central est le principal acteur dans la production d’électricité et le seul autorisé à transmettre et à distribuer de l’électricité à travers le pays. Un tel cadre réglementaire centralisé handicape la croissance, repousse l’investissement privé, affaiblit le développement national et favorise un déficit public massif. La compagnie d’électricité publique EDH encourt un déficit de 200 millions de dollars par année, consommant environ 10 % du budget du gouvernement.

Le pays a besoin d’approches novatrices pour permettre à la population d’avoir accès à l’électricité et de réaliser son développement. Pour résoudre ces défis, le pays doit permettre un niveau élevé de décentralisation tout en se attirant des investissements privés dans l’ensemble de la chaîne de valeur de l’électricité dont les trois segments sont la production, le transport et la distribution. L’une des méthodes pour atteindre cet objectif est une méthode éprouvée utilisée par les États-Unis pour finalement atteindre l’électrification nationale dans les années 1950. Les Etats-Unis ont encouragé et financé la formation de coopératives régionales d’électricité qui appartiennent à des municipalités ou même des résidents d’une région particulière. Un tel système est déjà présent en Haïti avec la création de la coopérative à Coteau, Roche-a-Bateau il y a quelques années. Cette coopérative doit simplement être élargie pour atteindre l’économie d’échelle requise pour réduire les prix de l’électricité et devenir encore plus réussie.

Étant donné que l’Association Nationale des Coopératives Electriques Rurales, une organisation américaine qui représente les coopératives d’électricité américaines, est présente en Haïti, elle aurait pu facilement aider le gouvernement à mettre en œuvre ce concept. Il est regrettable que le gouvernement ne suive pas le modèle de la coopérative régionale et choisisse de poursuivre un concept de microréseau qui ne fonctionne pas.

Il y a environ deux ans, une société de la diaspora haïtienne a proposé un plan encore plus ambitieux pour regrouper les trois départements du Nord sous une seule coopérative. L’entreprise aurait fait l’investissement privé dans le segment de la production et les municipalités construirait le réseau de transport et de distribution. La diaspora aiderait les municipalités à obtenir le financement nécessaire pour ces deux derniers segments. Le gouvernement central a catégoriquement refuse, sans aucune apparente raison.

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Malheureusement, le gouvernement actuel ne poursuit pas seulement l’échec du système d’électricité centralisé, il le renforce audacieusement. Au lieu de chercher des investissements privés pour construire de nouvelles plantes électriques, il emprunte l’argent pour les construire dans tout le pays. Comme l’ont souligné de nombreux économistes de premier plan, ces initiatives entraîneront, sans aucun doute, un déficit public continuel.

La décentralisation du secteur haïtien de l’électricité est un modèle d’affaires pragmatique qui a le potentiel de révolutionner la façon dont le pays génère, se déplace et consomme de l’énergie. Il faudra que le gouvernement central déréglemente le système pour permettre la formation de coopératives régionales indépendantes d’électricité au niveau des ministères. Ces coopératives régionales seront responsables de soumettre aux investisseurs privés les exigences nécessaires pour tenter d’installer des centrales électriques régionales qui produiront et transmettront de l’électricité ainsi que des organismes communautaires de distribution d’électricité afin de fournir de l’électricité aux résidents pendant que le gouvernement évaluera et percevra les taxes applicables aux coopératives et aux résidents.

Le marché centralisé de l’électricité en Haïti est inflexible et économiquement difficile à étendre, tandis que la décentralisation avec les réseaux régionaux fournira de nouvelles connexions électriques illimitées dans les zones rurales pour répondre aux besoins de la population respective.

Plus il y a d’énergie générée, plus cette énergie serait distribuée pour la fournir aux consommateurs à des prix très abordables et plus les impôts que les gouvernements locaux percevront sont plus élevés.

Dr. Bobb RJJF Rousseau

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