83eme-rememoration-du-massacre-de-perejil-en-rd-:-stigmate-de-l’insouciance-des-elites-haitiennes

83ème Remémoration du massacre de Perejil en RD : stigmate de l’insouciance des élites haïtiennes

Le Centre de réflexion et de recherche sur la migration et l’environnement (CERREMEN), appuyé par le Laboratoire haïtien d’études latino-américaines et les Caraïbes (LHELAC) et le Mouvement organisé de citoyens pour l’intégration et le développement (MOCIDE), entendait porter le débat sur le sentiment d’anti-haitianisme séculaire dominicain. Le massacre en octobre 1937 de plus de 30 mille migrants haïtiens en dit long sur la complicité des élites dirigeantes dans la descente aux enfers d’Haïti.

Lundi 2 novembre 2020 ((rezonodwes.com))– Le massacre de Perejil porte en lui des fissures dans les relations haitiano-dominicaines. Quatre-vingt-trois ans après, cet évènement, rappelant l’assassinat de plus de 30 mille migrants haïtiens sur la ligne frontalière entre les deux pays, révèle également chez les dominicains le degré d’aversion d’une frange réactionnaire et raciste à l’égard des haïtiens.

Les faits reconstitués par un groupe d’intellectuels haïtiens regroupés au sein du CERREMEN, du LHELAC et  du MOCIDE à l’occasion d’une série de conférence sur les relations haitiano-dominicaines à la Direction des post-gradués de l’Université d’État d’Hait sont sans évoque.

La présence haïtienne de l’autre cote de l’ile, sujet de controverse dans  la politique, le commerce et les droits humains, a toujours été élément dominant du vécu dominicain.

Sous le thème ‘’Les relations haitiano-dominicaines au prisme du 21ème siècle’’, cette journée d’études a vu défiler plusieurs panels pour édifier l’assistance sur des thématiques se rapportant à la xénophobie, au racisme, à l’identité, au nationalisme dominicain, à la migration…

‘’Cette démarche tient lieu d’un devoir de mémoire. Elle se veut également une initiative préparatoire visant à ériger un mémorial à l’intention des victimes’’, a évoqué Léo Bien-Aimé, coordonnateur du CERREMEN.

Complicité entre États

Les dirigeants haïtiens se sont montrés peu préoccupés des traitements indignes infligés à leurs compatriotes sur le sol voisin, rappelle l’ancienne coordonnatrice du Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés. L’expérience d’une rencontre de haut niveau tenue entre des autorités dominicaines et haïtiennes sous l’administration de Laurent Lamothe est révélatrice d’un État complice.

Advertisement

‘’Dans un contexte marqué par l’arrêt 168-13 de la Cour constitutionnelle dominicaine rendant apatrides des milliers de descendants haïtiens, l’État haïtien de son côté se tablait à négocier les droits de douanes sur les produits dominicains. Le sujet leur importait peu’’, a déploré Colette Lespinasse.

Le responsable du MOCIDE, Victor Benoit, de son coté, a fait état d’un traitement avilissant accordé au dossier des milliers d’haïtiens assassinés par le Président d’alors Sténio Vincent. Il reprend une indemnité infâme récoltée et des promesses non tenues.

‘’Les dominicains ont violé leur engagement de verser 750 000 dollars aux proches des victimes. Ils n’ont versé que 250 000 dollars et chaque victime ne valait que 12 dollars. Les projets de logements sociaux promis n’ont pas été honorés. L’administration de Sténio Vincent s’était faite complice de cet avilissement’’, a conclu Victor Benoit.

Hervé Noel
vevenoel@gmail.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *