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Gumais Jean Jacques : Pourquoi Joe Biden n’a d’avance aucune chance contre Donald Trump?

Lundi 2 novembre 2020 ((rezonodwes.com))– Les apects historique, politique, légal et électoraliste des présidentielles américaines sont tous en défaveur du candidat démocrate Joe Biden. Le covid-19 est toutefois venu en facteur circonstanciel de poids pour les démocrates qui espéraient s’en servir comme outil stratégique pour faire basculer les tendances de l’opinion publique et les narratives populistes en faveur de leur candidat Joe Biden.

Cependant, le momentum spectaculaire créé par Trump à la fin de la campagne électorale et son forcing contre les courants propagandistes des médias libéraux pour déjouer les pronostics dans les Etats clés du Midwest et du Sunbelt, enlèvent pratiquement les espoirs du camp démocrate. En 2020, Il n’y aura pas de surprise à la Maison Blanche car Donald Trump sera réelu pour un autre mandat de quatre (4) ans.

1- Historiquement, les statistiques sont du coté de Trump.

Considérant l’histoire de la Présidence américaine et des élections aux Etats-unis, presque tous les chefs d’Etat américains qui ont su délivrer satisfaction au niveau de l’Economie et de la securité nationale n’ont jamais perdu les scrutins de referendum pour un second mandat. Culturellement, les américains votent pour leur porte monnaie et pour ce besoin crucial de se sentir puissant et en sécurité dans le monde. Comme tout Président avant lui, Trump, malgré lui, a su gérer l’économie et la politique étrangère durant son premier mandat en fonction de ces aspects culturels électoralistes, qui fondamentalement, construisent le socle de la perception et de l’appropriation populaire.

En effet, tous les Présidents républicains, y compris Ronald Reagan ont bouclé leur second mandat, sauf Richard Nixon à cause du scandale de watergate et George.H Bush à cause des retombées néfastes d’une « guerre du golfe » assez impopulaire et financièrement coûteuse. La tendance historique veut aussi que deux mandats de 8 ans au total du parti au pouvoir se succèdent sans interruption depuis Jimmy Carter. Démocrate ou républicain, l’histoire retient des statistiques inchangées pour les deux partis, positionnant ainsi Trump comme le grand favori devant son rival Joe Biden.

2- Politiquement, l’establishment démocrate a préalablement enterré Joe Biden.

Les revers politiques d’une campagne de destitution acharnée contre Donald Trump dès son installation au pouvoir en janvier 2017, se sont révélés suicidaires pour le camp démocrate. Se mobiliser pendant tout le mandat de Trump pour le pousser à sortir de la maison blanche par la petite porte, était pratiquement une stratégie cynique, irréflechie et politiquement bête de la part de la chambre des répresentants majoritairement démocrate. Le populisme nationaliste de Trump arrive même à renverser l’ordre du parti républicain. Trump domine tout et ne construit pas ses bases politiques sur des théories idéologiques académiques mais plutôt sur des convictions de masse populistes et conspiratoires. Comment vouloir destituer un président assez populaire dans son camp et dont son propre parti détient le droit politique majoritaire au sénat?

A cet effet, Ce calcul politique désillusoire est devenu beaucoup plus couteux aujourd’hui pour Joe Biden, quand ce dernier a choisi pour collistière une décriée Kamala Harris, perçue comme étant la bête noire des minorités, qui elle même a voté pour destituer Trump et aussi représente cette couche liberale extrémiste voulant renflouer la cour suprême de juges libéraux. De ce fait, politiquement, les démocrates ont offert la victoire à Trump depuis l’échec de leur tentative de destitution en janvier dernier par le sénat Républicain. Ce qui a naturellement renforcé la perception politiques des bases électorales de Donald Trump, lui gratifiant d’un coup, le bénéfice électoraliste pour un second mandat.

3- Légalement, la cour suprême pourrait être au « chevet » de Donald Trump.

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Dans ce contexte électoral assez tendu aux risques de protestations populaires, de contestations politiques et de bataille judiciaire à la fin du processus, la nomination de la juge conservatrice Amy Barrett et son entrée officielle à la cours suprême comme étant une sixième juge de convictions conservatrices sur neuf (9), se définissent comme étant la plus grande victoire politique et stratégique de Donald Trump face au camp démocrate. Le président américain a joué le pari stratégique en misant sur un sénat republicain dirigé par un Mitch Cornell assez malin et intelligent, arrivant à nommer plus de 200 jeunes juges conservateurs dans le système judiciaire pour contrecarrer sur le long terme les velléités extremistes libérales.

Comme une cerise sur le gâteau, la confirmation de la juge Amy Barrett, quelque jours avant les scrutins est une victoire historique et immense alors que les démocrates ont tout fait pour brouiller cette carte aussi déterminante dans la finalité de la course électorale. Comme en 2000, lors des élections opposant Bush et Gore, la cour suprême pourrait être l’instance ultime d’autorité qui prononcera le verdict des résultats définifs. Avec cette majorité confortable, les stratégistes et avocats républicains feront tout leur possible pour démanteler par devant cette cour suprême, la moindre dérive ou fraude électorale venant des démocrates si leur candidat Joe Biden arrive en tête le jour du scrutin. 

4- Electoralistement ou Mathématiquement, Donald Trump est favori dans les Etats clés (Swing States) 

Dans le système électoral américain, les sondages nationaux ou encore les votes populaires ne garantissent pas la victoire au jour du scrutin. La démocratie au pays de l’oncle Sam dépend d’un systéme électoral fait de de 538 grands électeurs repartis en fonction du nombre des répresentants officiels de chaque Etat et de l’importance démographique de l’Etat en question. Dans ce panorama d’élections à double niveau, le vote massif ou populaire ne traduit pas nécessairement le but ultime de la victoire recherché par les candidats qui est 270 grands élécteurs au maximum. Gagner le plus grand nombres d’électeurs possibles dans les Etats clés ou indécis à coté des Etats assurés démocrates ou républicains, définissent tout le jeux électoraliste. 

Par conséquent, les experts, considérant la déception des pronostiques de 2016 lors de la défaite de Hillary Clinton, ne misent pas sur les sondages généraux qui donnent Biden une avance de 10 points sur Trump, mais plutôt se réferent aux sondages dans les 10 Etats clés dont 6 d’entre eux sont plus décisifs dans le resultat final. Ces Etats du midwest et du Sun-belt tels: Michigan, Ohio, Iowa, wicousin, South carolina, North Carolina, Georgia, Florida, etc. pourraient offrir la victoire à Donald Trump. Ce pronostic est aussi vrai que dans la majorité de ces Etats, les sondages donnent un avantage mince de 1 à 5 points à Biden. Ce qui signifie l’avantage mince de Biden sur les votes prématurés venant des 94 millions électeurs américains sera bousculé par le nombre des électeurs venant des bases de Trump qui priorisent le vote en personne ce 3 novembre, le jour du scrutin. 

En définitif, sauf un cataclysme électoral d’ordre machiavélique venant de l’Etat Profond américain pourrait empêcher à Trump de briguer un second mandat. Le tour est déjà joué sur des repères démographiques monstres qui attribuent à Trump presque 20% des votes noirs et 47% des votes hispaniques. Des chiffres qui font rêver puisqu’en 2016, Trump a gagné les élections avec seulement 10% et 26% des votes respectifs des populations noire et hispanique.

A défaut d’un coup d’Etat électoral qui se jouerait inconditionnellement devant la cour suprême, Trump, en bon malin politique, stratégiquement, decide déjà contre toute attente de rester à la maison blanche pendant les résultats prochains du scrutin pour éviter toute débacle politique chaotique et toute célébration futile et naive. 

Gumais Jean Jacques
AvMPContributeur indépendent de Média. 
Tous droits réservés @ novembre 2020
jjgumais@gmail.com

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