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La Constitution haïtienne de 1987 s’étouffe sous le poids du politique et des corrupteurs d’aujourd’hui !!!

Par : Vitalème ACCÉUS

Lundi 2 novembre 2020 ((rezonodwes.com))– La Constitution de 1987 est mise à rude épreuve par les crises que traverse le pays et semble soumise au « diktat » du politique et des corrupteurs d’aujourd’hui.

L’adoption d’une nouvelle constitution ne devrait pas être faite dans la précipitation au risque de conduire à un échec.  

Le débat sur la convenance de la constitution haïtienne  ne date pas de ces dernières années d’instabilité. Il remonte déjà aux circonstances de son adoption en 1987. Pendant la période post-dictature, qui a permis l’élaboration du projet de Constitution et le référendum le 29  mars 1987, il s’agissait surtout de permettre l’affirmation, la préservation et le renforcement des acquis démocratiques de la « révolution du 7 Février 1986 ».

Les « constituants  » voulaient avant tout affirmer, préserver des libertés et ériger des institutions qui feraient barrage à d’éventuelles autres formes de dictature. Ce qui fut le cas, car ces libertés sont déjà bien aux premières loges dans le préambule de la Constitution haïtienne du 29 Mars 1987. C’est- à-dire l’attachement des « acteurs démocratiques » aux libertés et aux institutions.

Cependant, après 29 années de dictature et une soif de libertés, les voix « alertantes » sur d’autres sujets de l’époque étaient juste minoritaires et inaudibles. Certains sujets avaient été tout simplement noyés souvent dans des échanges dominés par la préservation des libertés et la posture institutionnelle du « plus jamais ça ».

Échec de la garantie prospective

On aurait déjà dû trouver dans cette Constitution des garanties explicites d’une préservation de la  culture et de la  société haïtienne   dans une projection avec les idéaux démocratiques. Mais, l’affirmation de l’ « État de droit et la démocratie  » a été préférée à cette garantie. Cette constitution aurait dû prévoir une métamorphose de la question territoriale à un moment donné et questionner déjà la forme unitaire de l’État haïtien.

La démocratie institutionnelle haïtienne de 1987 a bien plus évoqué le partage du pouvoir institutionnel que le développement social et économique des départements du Pays . Les « acteurs démocratiques » semblent avoir plus cru en l’homme et la femme politiques qu’en la capacité de ces derniers à être corruptibles, devenir corrupteurs et créer le mal social.

La constitution haïtienne de 1987 avait très rapidement montré ses limites dès le premier mandat de Jean Bertrand Aristide, avec la résurgence des coups d’Etats qui avaient  commencé au début de la mise en application de cette constitution.. On retiendra qu’une Constitution de crise a échoué à mettre un terme pour l’avenir à une crise sociale et territoriale par carence de prospection. Des mesures fortes auraient pu être prises pour préserver l’avenir de la sécurité et de la gouvernance du territoire national. Et, aujourd’hui, Haïti serait dans une autre phase de son développement local.

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Impact politique sur des règles institutionnelles

Malgré qu’elle soit bien tissée autour des libertés et des règles institutionnelles, cette Constitution n’était pas adaptée aux réalités sociologiques et institutionnelles d’Haïti d’alors. Il s’agit bien ici d’une erreur de mesure et de projection que notre  Haïti paie durement ces dernières années, et qui, par conséquent, finissent par un affaiblissement graduel de la Constitution pendant que l’homme politique devient fort.

A mon avis, il ne faudrait pas accuser qui que ce soit , ni les autres institutions d’ailleurs, car les « constituants  » ont mal « mesuré ». Il aurait fallu analyser davantage une société haïtienne précaire, complexe sortant d’un régime « différent » qui aura duré tout de même 29  longues années.

Les « constituants  » n’auraient surtout pas dû faire table rase d’un passage à une dictature difficile, suivi d’un essai de la constitution mis en échec seulement 1 an après sa mise en œuvre par un coup d’État et l’avènement d’un régime dictatorial. Ces événements n’auraient pas dû être ramenés uniquement à une aspiration à des libertés et à des institutions avant-gardistes.

La Constitution de 1987  était , dès le début pour les politiciens , pas une bonne Constitution pour le pays et n’a jamais mise en application . Elle a été, depuis son adoption, soumise au « diktat » du politique et a une interprétation « révolutionnaire » par les politiciens traditionnels . Elle s’étouffe aujourd’hui sous le poids du politique et des corrupteurs .Elle n’a pas pu défendre la société haïtienne post-dictature 1987 et ne pourra pas défendre l’actuelle. Par ailleurs, il n’est guère question d’une  nouvelle constitution dans l’urgence : les réformes qu’elle devra subir doivent exclure toute forme d’accélération dangereuse menant vers un autre échec social.

Vitalème ACCÉUS

acceus2009@gmail.com

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