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Panique au jour des morts : les policiers  »Fantômes 509 » dans les rues de Port-au-Prince

La démission du directeur général ai de la Police nationale d’Haiti Rameau Normil, le renvoi de l’inspecteur général en chef de l’institution policière Hervé Julien, l’augmentation des frais alloués à la carte de débit figurent dans le carnet des revendications des policiers de  »Fantomes 509″

Lundi 2 novembre 2020 ((rezonodwes.com))– Le mouvement improvisé des  »Fantômes 509″ a provoqué la panique à Port-au-Prince. À Nazon, l’horizon d’un défilé de motocyclettes escortées de policiers dévalant l’avenue Martin Luther King a contraint automobilistes, piétons et commerçants ambulants à se frayer un chemin à partir de raccourcis.

Les policiers encagoulés ont dégainé leurs armes, obligé des véhicules à rebrousser chemin, plongeant la population civile dans une certaine épouvante.

Au Carrefour de la résistance,  intersection mystique des mouvements populaires, ils se sont concertés avant de progresser vers Delmas 33. À l’annonce de la progression des « Fantômes 509 » dans cette section, le trafic automobile et le petit commerce qui roulaient à plein régime se sont vus décliner. Les agents de l’ordre ont dégainé et obligé les occupants des lieux à plier bagages et mettre fin à leurs activités.

Les revendications visant la démission du numéro un de la PNH Rameau Normil se sont greffées aux appels de départ du numéro un de l’Inspection générale de la Police nationale d’Haiti, Hervé Julien.

En outre, ils exigent l’augmentation de frais de la carte de débit. Le montant devrait passer de 10 mille à 25 mille gourdes pour le prochain mois. La voix nasillarde d’un agent de l’ordre perché sur une motocyclette a été sans appel.

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 »Les policiers accordent 5 jours aux autorités compétentes pour satisfaire ces revendications, sinon le mouvement sera intensifié », prévient-il.

À Delmas 24, les agents de l’ordre ont observé un arrêt pour saluer la mémoire d’Evelyne Sincère, lycéenne de 21 ans, lâchement exécutée par ses ravisseurs. Non loin du site de décharge où le cadavre a été découvert, les « Fantômes 509 » se sont recueillis et se sont inclinés pendant au moins une minute. Par ce geste, ils entendaient manifester leur solidarité envers les proches de la victime encore sous le choc.

 »Nous dénonçons cette insécurité d’État qui broie des vies »_ont-ils scandé après la pause. Pour une rare fois la mobilisation des  »Fantômes 509″ n’était emmaillée de violence. Aucun véhicule privé ou public n’a été incendié, les artères n’ont pas non plus été barricadées et les bâtiments publics n’ont pas été la cible de la colère des policiers protestataires.

Cependant, au prochain rendez-vous, ils menacent de faire basculer le mouvement si leurs revendications ne sont pas satisfaites.

Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

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