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Joel Leon : Etats-Unis, des élections à hauts risques !

Mardi 3 novembre 2020 ((rezonodwes.com))– L’Amérique a été toujours cette terre fractionnée. C’est l’un des rares pays au monde ou la société est divisée 50/50 sur presque tout. « Le nouveau sondage NBC News / Wall Street Journal de cette semaine apporte de bonnes nouvelles : les Américains semblent s’unir autour d’une idée commune. Cela apporte également de mauvaises nouvelles : l’idée commune est que nous sommes une nation remarquablement divisée. Et la façon dont nous voyons les forces derrière les divisions est, eh bien, qui divise. »

Souvent on parle de l’exceptionnalisme américain, concept qui devrait mettre tout le monde d’accord. Cependant, le « Times » a révélé que même a ce niveau, la politique divise, voilà la révélation : « Pour les républicains, l’exceptionnel signifie que nous sommes les meilleurs – cette ville lumineuse sur une colline, un phare d’espoir, la plus grande nation du monde – un exemple à suivre pour les autres nations. Pour les démocrates, l’exceptionnel ne signifie pas que nous sommes plus grands que d’autres endroits, car beaucoup d’autres endroits (et de personnes) sont également formidables. Cela signifie qu’il y a des choses en Amérique qu’ils aiment – la liberté, l’opportunité, les droits individuels – qui font de l’Amérique une grande nationmais pas nécessairement plus grande. »

Par exemple, le peuple ne s’entend pas sur le mariage des homosexuels, sur l’avortement, ce sont toujours des conservateurs versus libéraux, républicains contre démocrates, sur le port d’armes… C’est une constante inébranlable dans toute l’histoire de Etats-Unis.

Au cours des dernières élections, Trump est sorti gagnant de la présidence, malgré qu’il eût perdu le vote populaire par 2.87 millions de votes au profit d’Hillary Clinton.

Cette année est différente. La passion combinée à l’émotion créeun cocktail explosif. Le paysage politique est sévèrement polarisé à deux jours des élections. Des affrontements sanglants éclatent sporadiquement dans tout le pays, les démocrates opposent les républicains durant ces derniers jours.

Les démocrates et la gauche veulent Joe Biden pour récupérer la maison blanche. Pour eux, Donald Trump est un riche idiot qui enrichit les plus riches de la société américaine. Il soutient les ultra-nationalistes, les racistes ; pour beaucoup d’entre eux, il est inapte à diriger ce grand pays. La justice sociale et l’égalité de chances dans le système seront anéanties sous un autre 4 ans de Trump. La brutalité policière et l’exécution de jeunes noirs sepoursuivront impunément. Les Homosexuels, les femmes…ne seront plus protégés.

Pour les membres du parti républicain et les ultra-nationalistes, Trump doit être réélu pour un second mandat, sinon le pays va être amoindri à l’instar des états du tiers-monde. Ils sont prêts à tout pour atteindre cet objectif. L’élection de Joe Biden a la présidence, représente pour eux, la défaite du rêve américain. Ce sera l’entrée du communisme a la maison blanche. Donc, les libertés publiques seront menacées, ce sera la totale tyrannie ; On aura une vague d’immigrants qui arrivent du tiers-monde pour décimer les grandes traditions américaines. L’Amérique ne sera plus ce qu’elle était, juste un « melting pot » !

Voilà dans quelle atmosphère électorale les Etats-Unis, la plus grande démocratie du monde, va vivre des électionsprofondément importantes !

Depuis 2 mois, j’ai entendu beaucoup parler de la possibilité d’une seconde guerre civile aux Etats-Unis.

J’ai lu de nombreux articles sur le même sujet. Mais l’un d’entre eux me laisse sans sommeil. Mike Giglio a publié un article dans« The Atlantic » sous le titre « Un groupe de militants pro-Trump (Oath Keepers) a recruté des milliers de policiers, soldats et vétérans, dans le but exclusif de déclencher une guerre civile si Donald Trump n’est pas réélu. Le pire, c’est que de nombreux autres groupes radicaux se préparent eux-mêmes aussi à se battre, « Three Percenters » et de nombreuses milices à travers le pays.

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J’ai entendu et lu tellement de rapports dangereux sur la façon dont l’aile gauche dure qui soutient Joe Biden se prépare également à faire la guerre civile pour contrecarrer les partisans de Donald Trump. Ils sont très actifs dans de nombreuses villes du pays.

Il est important de rappeler pour l’histoire que la dernière guerre civile qui s’était déroulée de 1861 à 1865 aux États-Unis, tuaenviron 750 000 personnes en 4 ans. Et le 27 septembre 1862, jour le plus sanglant de toute l’histoire américaine, quand 23 000 personnes étaient péries ou blessées en seulement 24 heures !

Donc, quiconque parle d’une autre guerre civile aux États-Unis aujourd’hui, motivé par les élections de 2020, doit être fou et n’a aucun sens de l’histoire sur ce qui s’est passé il y a moins de 155 ans !

Les guerres civiles ont détruit tant de pays dans le monde :Somalie, Serbie, Monténégro, Syrie, Bosnie, Croatie, Kosovo, Tchad, Mali, Afghanistan … « La guerre civile est toujours une option dramatique » !

La vérité est que les deux groupes agitent de la toxicité propagandiste. Joe Biden, un produit du système depuis 47 ans, ne peut être soudainement transformé en une menace communiste. Il fut député, sénateur, vice-président, avant de devenir le candidat du parti démocrate a la présidence.D’ailleurs, la plateforme politique sur laquelle il fait campagne ne comporte rien de révolutionnaire là-dedans. C’est toujours le même projet de promouvoir la classe moyenne que Biden met devant. Il ne représente pas un danger au capitalisme qu’il n’a jamais cessé de promouvoir dans ses discours de campagne.Donc, pas de menace communiste !

Donald Trump, il est victime de sa propre personnalité biscornue. Il n’a pas le discours traditionnel. Il n’est pas un conformiste. Son pragmatisme, une déformation professionnelle, fait de lui une cible. Il est un politicien qui exploite les tendances d’un groupe d’américains, souvent privilégiés, à des fins politiques. Trump n’a rien inventé. Le racisme institutionnel a été toujours présent dans les activités quotidiennes de l’Amérique. Son arrogance, d’ailleurs inhérente aux riches américains, l’éloigne une grande partie de l’électorat de la classe moyenne et des couches pauvres de la société américaine, précisément les noirs. Donc, Trump est un régulier, quoique son discours dérangeant ou contestataire.

Il faut prendre du temps pour pouvoir percer certains mystèresde la réalité américaine. En vivant aux Etats-Unis depuis plus d’un quart de siècle, j’ai pu comprendre certaines astuces. Troisans de cela, ma femme et moi avaient décidé de faire un voyage de deux semaines d’environ de 2000 kilomètres vers le sud(aller-retour). Partant de la ville de Philadelphie pour se rendre à Orlando, en Floride. Nous avions traversé plusieurs états. C’était la plus extraordinaire des expériences. A chaque ville visitée, c’était admirable d’observer les yeux scrutateurs des gens du sud. Un regard qui remet sur les gardes, une sorte d’avertissement qu’on n’était plus au nord. Ils sont très protecteurs de leur terre, leur train de vie, leur culture.

Cela me ramène à la déclaration de l’un de mes professeurs d’histoire. Il évoquait toujours l’existence d’une « Guerre Culturelle Permanente » en Amérique. Il n’avait pas tort. La tension est réelle dans le sud. On dirait que les séquelles de la dernière guerre civile de 1861-1865 restent encore vives dans les mémoires, en dépit des 155 ans passés.

En continuant mon périple vacancier avec la famille, j’avais eul’occasion d’humer l’hospitalité particulière du sud. Cette hésitation naturelle a l’endroit du noir, de l’accent créole ou tout simplement de l’étranger…est naturelle. Je suis arrivé à la conclusion que le nord libéral, victorieux de la guerre civile de 1865, évolue en nette contradiction culturelle totale avec le sud.En Virginie, Caroline du Sud/Nord, Georgia, Mississipi, Tennessee… les habitants sont toujours solidaires de leurs héros sudistes, leurs présences sont visibles partout dans les villes. Ils sont des dizaines à veiller sur le sud vaincu : général Robert E. Lee, Jefferson Davis, Braxton Bragg, Nathan Bedford Forrest…pour ne citer que ceux-là.

J’ai dressé ce tableau culturel, historique, géographique, militaire et racial, pour dire que l’Amérique, en dépit de tout reste une nation profondément divisée. Donc, sa fragilité évidente ne doit pas passer sous silence ou ignorer. C’est tellement vrai, que les rumeurs les plus alarmantes circulent à travers tout le pays a propos de la possibilité d’un débordement fanatique au cours de la période électorale !

Dans ma profession, j’ai pu communiquer avec divers groupes sociaux, raciaux…La peur est présente dans tous les cœurs, même chez les plus optimistes. Chacun a un plan d’évacuation et de protection en place pour la famille et prie pour que les vieux démons ne rattrapent l’Amérique riche et ultra-moderne.

Que la volonté de Dieu soit faite !

Joel Leon

Références :

1- NBC News (NBC.com)- “Americans are Divided Over Everything, Except Division”-Dante Chinmi & Sally Bronston, October 21st, 2018

2-Times magazine (www.Times.com)- « No Wonder America is Divided. We Can’t Even Agree on What Our Values Mean”- Frank Luntz, October 26, 2018

2- National Alliance for the Advancement of Haitian Professionals- Racism: The Burden of the United States My experience in an Orlando Florida Resort, Joel Leon- August-28-2017.

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