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Massacre à Lasaline : le silence de la justice deux ans après

Des organisations de défense des droits humains dont le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), le Bureau des avocats internationaux (BAI), le Bureau des organisations de défense des droits humains (BODDH) redoutent que les proches des 120 citoyens assassinés le 13 novembre 2018 à Lasaline n’obtiennent jamais justice.

Deux ans après, le dossier des victimes du quartier de Lasaline moisit encore dans les tiroirs au greffe de la Cour de Cassation.

Aucune action n’a été engagée par la justice haïtienne pour faire bouger les lignes, rappellent des dirigeants d’organisations de défense des droits humains. La Cour de Cassation saisie du dossier le 9 aout 2019, après constitution par la partie civile dont des organisations de défense des droits humains, ne s’est jamais manifestée pour ouvrir la voie au procès, dénoncent des responsables d’organisations de droits humains.

‘’Fednel Monchery n’a exercé aucune action en récusation, une demande en récusation du juge Chavannes Étienne a été formulée par l’ancien délégué Joseph Richard Duplan. Le commissaire du gouvernement devrait saisir du dossier enregistré 76-70, malheureusement aucune avancée n’a été enregistrée’’, révèle Mario Joseph, responsable du BAI.

À l’occasion du 13 novembre, une conférence de presse a été tenue pour interpeller la société sur le déni de justice normalisé sous le règne du PHTK. Des militants de droits humains affiliés au BODDH, au RNDDH, au BDHH et au BAI ont élevé la voix pour condamner un système judiciaire opérant sous la coupe réglée d’un cartel à la solde du pouvoir.

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Le représentant du Bureau des droits humains en Haïti (BDHH), le bâtonnier de l’ordre des avocats des Coteaux, Jacques Létang, annonce la programmation sous peu d’une rencontre avec la Commission  interaméricaine des droits humains (CIDH). Le 19 novembre prochain, à travers une réunion bilatérale, l’instance internationale, entend accorder suite au dossier, a-t-il informé.

Il sera également question d’évaluer les mesures conservatoires exigées par la CIDH  à l’encontre des suspects cités dans le massacre.

Le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Esperance, souligne avoir comptabilisé 10 massacres d’État orchestrés à Port-au-Prince entre 2017 et 2020. Il déplore que le décanat cautionne les bourreaux en facilitant la disparition des dossiers et des corps du délit.

Hervé Noel

vevenoel@gmail.com

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