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Élections USA-2020 : Un record absolu !

Plus de 158 millions d’électeurs, dont quasiment la moitié des votes dédiés à Joe Biden, ce chiffre n’a jamais été atteint dans les histoires des élections américaines. Ainsi, en termes absolus, un record battu par le 46e président qui se conforte avec plus de 78 millions de voix au niveau national.

Figure 1 : Nombre de grands électeurs et de votants au niveau national remportés selon les candidats démocrate et républicain    

Source: United States Election Project (electproject.org)

Dimanche 15 novembre 2020 ((rezonodwes.com))– Selon les données de la « United States Election Project »,  c’est la deuxième fois, après le duel Kennedy-Nixon de 1960 qu’un tel enthousiasme électoral est savouré aux élections américaines, sur le plan relatif. Soixante ans de cela, on comptait en moyenne 6.28 votants par rapport à dix citoyens en âge de voter. Et, depuis 1968, ce taux n’avait jamais touché la barre de 60%.

Une estimation de 158,835 millions sur 239.247 millions de potentiels électeurs, les élections de 2020 ont renoué avec la grande euphorie d’afficher un taux de participation électorale spectaculaire. 61.8%, en dépit d’un contexte covidique paniquant, les acteurs et institutions impliqués dans la politique ont été gâtés. Le président élu y a raflé le plus grand nombre de votes de l’histoire, 78.14 millions. Le rival républicain, que l’on croyait à tort incapable de poids dans la balance en raison de sa gouvernance de turbulence, peut aussi s’enorgueillir d’une sortie honorable, sur le plan de la popularité. 72.77 millions de voix dédiées au statuquo, il ressort effectivement de cette statistique qu’une majorité silencieuse incarne les envolées improvisées, misogynes et irrévérencieuses du « Trumpisme » qui ne déplairait pas à tout le monde. Du pain sur la planche pour la nouvelle administration qui prône l’unité dans la diversité.

Figure 3 : Carte des USA selon le nombre des grands électeurs

Bien que le tsunami bleu n’ait pas satisfait aux projections des sondages trop optimistes à l’avantage des démocrates, le referendum de rejet du statuquo s’est nettement exprimé. En raison du risque de la diffusion incontrôlée de la pandémie qui requiert distanciation sociale, les règles du jeu démocratique ont été clairement établies dès le début. Les bulletins électoraux anticipés à administrer par la Poste ont été une décision judicieuse pour désinciter à des frottements massifs au jour-j des scrutins. En empruntant le chemin des urnes par correspondance, plus de cent millions d’électeurs ont témoigné l’intérêt de cette mesure de protection de la santé et de la vie tout en garantissant l’exercice de leur droit civil.

Trois Etats décisifs récupérés par les démocrates

Une course aux 270 milles à l’heure lancée sur les chapeaux de roue, les Etats les plus décisifs en termes de nombres de grands électeurs ont été partagés entre les deux parties. En raflant les votes de la géante Californie qu’il a confortés avec ceux de New-York, de l’Illinois et surtout de la Pennsylvanie, Joe Biden a pris un sérieux avantage sur Donald Trump. La Floride, un « Swing State » crucial, comme aux dernières compétitions présidentielles, a constitué la plus grande satisfaction des républicains. La victoire au Texas et surtout à l’Ohio ont également nourri la confiance des rouges quant à la possibilité de remporter la palme.

Cependant, trois Etats clés allaient bleuir la vapeur. Au vu du tableau 1, la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin, réputés des « Blue States » jusqu’en 2012, avaient été basculés vers le camp républicain en 2016, à la course mettant face-à-face Donald Trump et Hilary Clinton. Joe Biden a remis les pendules à l’heure en récupérant ces trois Etats déterminants qui totalisent un important chiffre de 46 grands électeurs.

Tableau 1 : Pourcentage de votes des trois Etats décisifs récupérés par les démocrates[1]

Source : CBS, FEC  

GE : Nombre de grands électeurs ; Bleu : Démocrate ; Rouge : Républicain

A l’exception du Wisconsin qui a garanti le succès de Biden à une majorité relative de 49.4%, le pourcentage républicain étant de 48.8%, les deux autres Etats ont été récupérés à majorité absolue. S’il est vrai que la proportion de Michigan est plus élevée, la satisfaction de la conquête de la Pennsylvanie a été à son paroxysme, particulièrement en vertu de la portée symbolique additionnelle pour le président élu, bercé à cet Etat.

Pour une vue plus globale de la répartition des votes, particulièrement des plus grands électeurs, la figure 3 présente une analyse comparée des statistiques entre les deux candidats. A se rappeler que la course électorale n’opposait pas que deux candidats. Par exemple, les partis vert et libéral ont été représentés respectivement par les candidats Howie Hawkins et Jo Jorgensen, qui ont décroché, sans surprise, un nombre de voix très insignifiant. Voilà pourquoi, la conquête d’un Etat ne signifie pas nécessairement que le pourcentage des votes doit atteindre la barre de 50%. A preuve, tel que vous l’avez déjà constaté pour le Wisconsin et la Pennsylvanie, le Nevada a été également arraché par les démocrates à 49.9%.

Le nombre agrégé de tous les bulletins importe peu

Une particularité de ces statistiques électorales résulte dans le fait que les Etats acquis par Donald Trump le sont à majorité absolue (50% plus au moins une voix). Ceci explique en grande partie les différences entre le vote national qui se démarque de seulement 4 à 5 millions de voix au profit des démocrates ; alors que l’écart entre le nombre de grands électeurs est amplement distant. Ce constat confirme qu’un plus grand nombre de bulletins au niveau national tiennent leur importance dans le confort d’une certaine légitimité populaire sans pour autant garantir le triomphe aux élections.

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A preuve, en 2016, Hilary Clinton avait reçu 65, 8 millions de votes (soit 48.0% de l’électorat) contre 62, 98 millions de votes (45.9% de l’électorat) en faveur de Donald Trump. Néanmoins, le triomphe revenait à Donald Trump car il avait décroché 306 grands électeurs contre 232 dédiés à madame Clinton. Un scénario similaire a été vécu aux élections litigieuses de 2000 opposant Georges Bush et Al Gore. Le premier l’avait remporté sur le fil avec seulement 271 grands électeurs alors que le candidat démocrate s’en était démarqué au niveau national d’un demi-million de voix sur son adversaire républicain.

Tout compte fait, en cette ère de grands enjeux avec ce danger d’un air coronaviré, les démocrates l’emportent haut la main, tant sur le plan des grands électeurs que celui des votes populaires. Une nouvelle dynamique ; à vos masques, prêts, partez !

Figure 5 : Répartition du gâteau dans certains Swing States

Une course acharnée intra et inter Etats

La guerre au ticket présidentiel pour entrer au Bureau ovale n’est pas linéaire. Elle s’enflamme beaucoup plus au sein de chaque Etat qu’au niveau de l’agrégation nationale. Cette singularité incite chaque aspirant à la présidence à planifier son agenda électoral en ne négligeant absolument aucun district, même si en effet certains Etats y ont déjà contracté un mariage bleu sincère ou rouge sincère. Mais, attention ; à l’instar de la Pennsylvanie, du Wisconsin et de Michigan en 2016, l’infidélité s’invite quelques fois de la partie pour engendrer des victoires plus glorieuses, mais aussi elle peut être la source d’une certaine piqure d’inconfort et d’illégitimité.

Des Etats frivoles, comme des femmes d’occasions, tels que l’Ohio, la Floride, le Minnesota et la Caroline du Nord, sont fort souvent très déterminants à garantir le succès à un camp ou à l’autre. Vital en 2000 pour Georges Bush, décisif en  2016 pour Donald Trump, cela fait quasiment trois décennies, soit depuis 1992, que l’Etat instable de la Floride ne pose pas la patte sur le vainqueur du Bureau ovale. De ce regard de frivolité entre les partis et quelques Etats clés, les analyses s’accordent pour affirmer que les trois Etats clés reconquis par Biden ont été décisifs dans le triomphe des Bleus.

Les taches seront rudes pour le couple Biden-Harris

Des épaulettes gagnées sur le champ de bataille par le tenace Joe Biden et la fonceuse Kamala Harris. Par contre, des esprits s’inquiètent très tôt de potentiels nœuds gordiens auxquels peut se heurter la nouvelle équipe à occuper les meubles de la présidence en Janvier prochain. En effet, les résultats de la lutte sénatoriale montrent que le congrès sera légèrement plus à coloration républicaine. Il va falloir ainsi que Joe Biden et son équipe conjuguent avec les figures politiques antagonistes pour les séduire et les persuader de la portée et la viabilité des projets à entreprendre par les démocrates au profit de la collectivité.

Figure 6 : Effectifs des démocrates et des républicains au Congrès

Humble, conciliant, courageux, épris d’un optimisme exceptionnel, Joe Biden sait traiter ses opposants avec respect et dignité, jusqu’à les convertir en des alliés à sa juste cause. Des critiques reconnaissent que fort de ses expériences au Congrès et de ses deux mandats de vice-président, Joe est doté de cette importante capacité politique d’aplanir les angles. Il saura ainsi se laisser guider par la sagesse pour s’équiper des outils techniques et politiques en ces temps de sollicitation de guérison de la plaie épidémique et des discriminations épidermiques.

(Restez branchés pour les prochains articles traitant du même sujet)

Carly Dollin

carlydollin@gmail.com 


[1] https://www.bbc.com/news/election-us-2020-54783016

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