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Le « Trumpisme », un paradigme à précipiter vers l’abîme

Narcissisme, chauvinisme, sophisme, cynisme, syncrétisme, matérialisme, racisme, militarisme, inhumanisme, ignorantisme, incivisme, exhibitionnisme, le « Trumpisme » se dresserait comme un paradigme honteux qui fait l’éloge des ténèbres. En cette ère de lumière et de modernité, l’humanité doit s’atteler à éradiquer cette idéologie obtuse, dans la célérité!

Mercredi 18 novembre 2020 ((rezonodwes.com))– En 2015, à l’expression de sa volonté de briguer la fonction la plus prestigieuse du géant de l’Amérique, comme à la téléréalité, idem à l’expérience qu’a vécue Haïti avec Ti-Simone, les critiques politiques percevaient l’ancienne star de la télévision comme un acteur qui allait amuser les primaires et caucus républicains. A la faveur d’une crise de leaders qui sévit au sein du parti, les délégués du GOP (autre nom du parti républicain) avaient fini par octroyer 1441 voix à Donald Trump qui s’était ainsi démarqué totalement de ses concurrents. Rappelons qu’un minimum de 1237 délégués sont nécessaires pour l’approbation du candidat républicain à la prochaine étape des présidentielles.

Reconnaissant son impuissance face au cyclone trumpiste de l’époque, même le sénateur du Texas, Ted Cruz décrochant 551 voix, avait baissé pavillon deux mois avant la fin des primaires. Vu l’heure, au fur et à mesure, certains adeptes du parti républicain allaient voir en la personne de Donald, un « espoir ». Par contre, à la question de savoir si Donald Trump pourrait faire bonne figure aux présidentielles face à Hilary Clinton, la plupart des analystes politiques[1], des médias et de nombreux sondages allaient se tromper quand ils doutaient déjà sur les chances de nomination du capitaine du Trumpisme au GOP.

L’éditorialiste Robert Schlesinger, de la US News & World Report, y exprimait son scepticisme par rapport à l’habitus républicain qui n’avait jamais pris l’option d’acquiescer la candidature de personnage peu expérimenté en politique au sommet de l’Etat. L’analyste politique de l’Université de Virginie, Kyle Kondik, a été catégorique en répondant qu’il est très peu probable que monsieur Trump reçoive la nomination, voire qu’il se fasse coiffer chef de la Maison Blanche.

S’ajoutent à la liste des critiques qui croient que monsieur Trump pouvait remporter la nomination mais pas la présidence, d’éminents éditorialistes tels que Rebecca Deen, professeure de sciences politiques à l’Université de Texas-Arlington, Froma Harrop, éditorialiste à Seattle Times et Norman Ornstein, politologue diplômé de l’Université de Michigan.

Plusieurs instituts de recherche ainsi que des géants de la presse politique dont Le NY Times, le Washington Post, la CNN et de nombreuses chaines de télévision étaient passés à côté de leurs analyses et prévisions. Il a été clairement révélé qu’il est misogyne, raciste, vaniteux, arrogant. Mais coup de tonnerre, l’outsider politique allait faire mentir les sondages pour devenir en 2016, malgré tout, le 45e président des Etats-Unis d’Amérique.

Le navire trumpiste a toujours survécu dans la turbulence

« Quand tu es une star, les femmes te laissent faire. Moi, je les attrape par la chatte », Donald Trump, dans ses propos vulgaires, en 2005. « En des gestes sarcastiques pour mimer le handicap de ses membres supérieurs, Donald Trump se moquait d’un reporter de New York Times qui lui posait des questions qui le coinçaient dans ses petits souliers », décembre 2015. « Il n’est pas un héros ; il ne l’est pas parce qu’il s’était fait capturer pendant la guerre » ; moquerie de Donald Trump en hommage au sénateur McCain. « Cette connerie sur le réchauffement climatique qui nous coûte une fortune doit s’arrêter. Notre planète est en train de se geler » ; Sarcasme à la science et à la COP 21. « Comment Hillary Clinton peut-elle satisfaire son pays si elle ne satisfait pas son mari ? Une partie de ma beauté c’est que je suis riche ! » Encore Trump, dans ses œuvres.

Longue est la liste des bêtises accouchées par Donald Trump avant et pendant son ticket présidentiel au Bureau ovale. C’est en raison de telles sorties crabes, épicées de préjudices, misogynie, racisme, irrespect, condescendance,…, que plus de 160 leaders républicains avaient abdiqué à endosser la candidature de Donald Trump à la présidence entre 2015 et 2016.

Un paysage présidentiel teinté de frustrations, crispations et intrigues, des dizaines de démissions et d’évictions allaient confirmer le climat tendu provoqué par l’extraterrestre installé à l’administration de la plus noble institution du « Capitol Hill ». Ministres, ambassadeurs, directeurs généraux, conseillers spéciaux en sécurité nationale, en communication, en immigration ; plus d’une cinquantaine de figures notables s’empressaient de quitter le navire trumpiste. Même les institutions les plus stratégiques telles que la CIA, le FBI et le Pentagone n’avaient pas été épargnées. Du jamais vu !

La diplomatie internationale en pâtit dans toutes ses veines

Haine, antipathie, menaces successives intempestives proférées aux Chinois, aux Mexicains, aux Européens, aux Musulmans, le règne d’une gouvernance empreinte de gènes d’une médiocratie impérialiste vient d’avaler son extrait de naissance, suite à la proclamation des résultats des scrutins du 3 novembre dernier.

Bras de fer avec la Chine accusée de concurrence déloyale, de vol de propriété intellectuelle ; violation des droits humains, violation de la confiance mutuelle requise dans les alliances internationales ; projet abracadabrant de montage de mur de division face à ses cousins Mexicains traités de violeurs, voleurs et criminels ; la diplomatie a vu rouge sous l’auspice de ce trumpisme géniteur d’un tableau aux graffitis néfastes barbouillés de gribouillis.

Une bataille de gagnée, mais certainement pas encore la guerre. Dans l’audace et l’arrogance, les envolées irrévérencieuses continuent leur petit bonhomme de chemin par une relève trumpiste tout aussi cavalière. Donald Jr, Ivanka et Eric et quelques fidèles trumpistes n’entendent pas lâcher prise ; ils montent déjà au créneau pour secouer les pylônes des nobles institutions du pays. Cette lignée semble optimiste quant à un éventuel projet de pérenniser ce modèle de gouvernance hautain, vaniteux et raciste. En bons opportunistes, ils courtisent déjà un marché prolifique à travers le projet de montage d’une chaine de télévision pour fidéliser leurs clients. 77 millions d’électeurs sont potentiellement 77 millions d’auditeurs et de téléspectateurs, la dynastie trumpiste de l’immobilier entend élargir son portefeuille dans les prochains mois.

Ce 3 novembre 2020 a marqué le début d’une fin. Mais, il faudra encore de l’huile au moteur de la machine de la luminescence pour barrer la route au projet trumpiste d’empoisonner les cœurs et les cerveaux à travers des discours racistes et haineux entre les différences de sexe, de couleur, et de parti politique.

Ingratitude ! Des héros Haïtiens au service des USA ignorés par le Trumpisme

« Shithole » ! Dans un discours corrosif, un agenda occlusif et un style impulsif, tel était le qualificatif regrettable que le capitaine agressif du « Trumpisme » avait accolé à un pays historique que lui-même et sa progéniture devaient plutôt contempler en des liturgies quotidiennes. Cette nation digne et courageuse, appauvrie par les prédateurs de l’Hémisphère, a généré un bonheur inestimable tout en le partageant avec les nécessiteux, des grands comme des petits. Des voisins de l’Amérique et de la Caraïbe, des amis voire des connaissances de très loin ont bénéficié des effets directs mais aussi des externalités positives cristallisés dans la trilogie magique « Liberté-Egalite-Fraternité » dont Haïti porte les empreintes digitales. Les Nations-Unies, la Déclaration des Droits Humains, les conventions et traités de paix préconisant l’harmonie, la paix, la liberté et l’épanouissement de tout humain, ont tous succédé aux exploits du 18 novembre 1803 qui ont conduit à l’abolition de la fournaise ardente de l’esclavage.

Par l’agenda des missions stratégiques pour libérer d’autres peuples victimes du plus grand crime contre l’humanité, peu importe la teinture épidermique et la région géographique, les héros Haïtiens ont été en avance sur les réflexions et les conventions qui allaient être paraphées par les nations dites modernes.

Si ce 45e président myope avait un sens poussé de l’histoire, il aurait décelé que notre pays, celui de Toussaint, de Dessalines, de Firmin, de Charlemagne Péralte, de Jean Price Mars,…, a amplement contribué à la justice et à la liberté sur cette planète. Gratitude oblige, tout président américain devrait inscrire à l’encre forte dans son agenda diplomatique le projet de décerner des plaques et des hommages bien mérités aux héros Haïtiens qui se sont sacrifiés pour offrir aux USA la victoire de Savannah, acquise en 1779 au prix du sang de nos aïeux. Pour votre gouverne, monsieur Trump ; Haïti, la première république noire de la planète, a marqué l’histoire du monde civilisé comme un lion de ses griffes. C’est en raison de la rancune séculaire qui vous imprègne que cette grande nation est cloitrée dans une pauvreté abjecte engendrée par des crises politiques interminables que vous nourrissez avec des corps sans têtes, sans cerveaux et sans matières grises que vous installez manu militari à l’hypophyse de la république historique pour planifier vos jeux et anti-jeux géopolitiques au détriment de toute une collectivité.

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Aucun respect pour ses pairs ni pour les institutions multilatérales

Tumultes itératifs sous son administration truffée d’impertinence, le chef de la Maison Blanche a poussé le dos à plus d’une cinquantaine de conseillers et haut-dignitaires révoqués ou forcés de démissionner. Suspicion d’immixtion et de connivence illicite avec des mercenaires étrangers, surtout des Russes ; ce n’est pas par hasard qu’une mise en accusation (impeachment) a été enclenchée après les deux premières années de ce pouvoir arrogant qui claironnait le slogan « Make America Great Again ».

Pas qu’il était sain, mais la majorité républicaine au Congrès avait joué en sa faveur pour le maintenir en poste. L’honorable congresswoman Nancy Pelosi, figure de proue du parti démocrate, n’y croyait pas ses yeux. Elle exprimait ses frustrations amères en déchirant son discours en plein visage du président turbulent, en guise d’une gifle de revanche puisque le misogyne sans gêne se targuait d’humilier l’honorable sénatrice en plein public.

L’OMS, l’ONU, l’OTAN, l’Unesco,…, de nombreuses conventions et institutions multilatérales de protection et de promotion des valeurs ont été piétinées par les bottes suffocantes de l’administration de monsieur Trump. Séries de scandales, de démissions, fuites fiscales, misogynie, xénophobie, discours explosifs épicés de zeste de racisme, diversions, tweets frénétiques en zigzag, style déroutant, méthode improvisée, absence de vision cohérente, les relations nationales et internationales ont été minées et timorées. De plein fouet, le « Trumpisme » a désacralisé les nobles institutions au point que des groupes organisés sont obligés de réitérer l’évidence « Black Lives Matter ».

En effet, cela fait des décennies sinon des siècles que de grands visionnaires, pionniers et précurseurs des conventions de paix et de justice signées et scellées par les nations modernes, ont dressé des plaidoiries et remporté cette victoire magnanime de la phosphorescence sur la dégénérescence. L’humanité se démarque de plusieurs années-lumière des pratiques barbares de la domination injuste d’une race quelconque sur une autre. A ce stade avancé de la modernité, les stéréotypes sexospécifiques, les attitudes racistes des suprémacistes KKK, des « Proud Boys » et consort, doivent se cloîtrer entre les quatre planches et à six-pieds sous terre.

A un débat public télévisé, un président américain de lancer qu’il est le moins raciste de cette salle. C’est extrêmement grave. Faudrait-il rappeler à un président que le monde moderne n’est pas en course pour décerner des honneurs aux moins racistes. L’excellence, la magnificence, le sens de philanthropie, la générosité et un esprit poussé pour la recherche sont actuellement la trame des histoires qui finissent dans le panthéon des œuvres humaines immortalisées.

En ce millénaire où le flambeau de la justice doit s’allumer en permanence, seuls des êtres bornés, mesquins et inhumains peuvent se targuer de réitérer les attitudes nazistes d’un certain Adolph Hitler.

Fin d’une misère qui a trop perduré, la vigilance populaire américaine a monté la garde à travers l’obturation des trompes de Fallope pour empêcher que les mêmes spermatozoïdes, générateurs d’hémorroïdes sociales, admirateurs des androïdes tweetant des messages largués comme des astéroïdes sur une planète déjà trop perturbée par des âmes de lignée damnée non encore enchaînées.

Le tronc de l’arbre de l’improvisation, de la condescendance et de l’amalgame est coupé pour que repoussent avec vélocité les graines de l’harmonie, de la décence et surtout de la croyance en la science dont la vocation consiste à produire des réflexions et des recherches pour créer et partager le bonheur au profit de tous. Monsieur le président, les acteurs des universités et des instituts de recherche sont des hommes et des femmes épris de l’altruisme intergénérationnel qui consacrent du temps et souvent sacrifient une partie du bonheur familial pour travailler ardûment à suggérer des actions concertées pour surmonter les challenges et les caprices du cosmos. Du respect pour l’éminence grise, sir !

La transition écologique, le défi covidique, les relations diplomatiques, les enjeux géopolitiques,…, seuls des accords entre les institutions qui accordent une place princière à la science et à la sagesse feront jaillir la lumière dans les ténèbres des relations tendues par les menaces et les hostilités.

Puissent les forces vives continuer de s’allumer sur toute la planète, surtout à notre Haïti, pour que s’enterre toute mentalité trumpiste qui ne peut subsister que dans les slogans creux, le mensonge, l’improvisation, l’imposture et l’insouciance.

Carly Dollin

carlydollin@gmail.com


[1] https://www.bbc.com/news/world-us-canada-35064717

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