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Rendre l’école publique obligatoire par la décentralisation du système éducatif haïtien

Vendredi 20 novembre 2020 ((rezonodwes.com))– Étant donné que les écoles publiques en Haïti sont confrontées à des ressources financières limitées qui entraînent des conditions d’apprentissage inégales, les élèves qui les fréquentent sont triplement désavantagés dans le sens qu’ils viennent de familles à faible revenu, les bâtiments sont mal équipés et surpeuplés et les enseignants ne viennent pas dispenser les cours, car ils ne sont pas payés à temps par l’Etat.

Il ne fait aucun doute que le manque d’infrastructures éducatives est l’une des raisons à cause desquelles les écoles publiques performent si médiocrement aux examens officiels. 

Des recherches continuent de prouver que de bonnes infrastructures facilitent un meilleur enseignement et améliorent les résultats des étudiants. Pourtant, en Haïti, les rares écoles publiques qui existent dans les communautés locales manquent de financement et ainsi, elles ne sont pas à la hauteur de la tâche d’offrir une éducation de qualité aux enfants. 

Quoique la constitution haïtienne de 1987, dans ses articles 22 et 32 ​​à 34.1, fait de l’éducation une responsabilité de l’Etat et des collectivités territoriales, le pays n’a toujours pas d’approche stratégique de financement et d’investissement dans l’éducation publique pour améliorer les infrastructures éducatives et la qualité de l’éducation offerte par les écoles. C’est pourquoi les parents les plus riches envoient leurs enfants dans des écoles privées et parfois même dans d’autres écoles d’autres villes.

Il existe donc des disparités d’apprentissage et de compréhension entre les enfants de même âge et ceux de même classe. En règle générale, les enfants de parents bien nantis sont les plus intelligents, et même ceux qui ne sont pas plus intelligents que ceux qui fréquentent les écoles publiques en bénéficient le plus. 

Pour améliorer la qualité de l’éducation pour tous les élèves des écoles publiques haïtiennes, l’État Haïtien, en vertu des articles 22 et 32 ​​à 34.1 de la constitution actuelle, doit construire ou financer la construction d’au moins une école par section communale locale afin que l’école publique devienne obligatoire pour tous les enfants vivant dans cette telle communauté, quel que soit le statut économique ou politique de leur famille.

Plus une communauté est grande, plus elle aura d’écoles communautaires. Si n’aime mieux, la capacité d’une école dépend du nombre d’enfants vivant dans cette communauté. Cela impliquerait donc que les collectivités locales établissent le dossier des ménages ou le dossier de la démographie de la collectivité territoriale pour déterminer le nombre d’enfants qui y vivent.

Par exemple, un enfant qui vit à Grande-Rivière, la 3e section communale de la commune de Léogâne, doit fréquenter l’école publique qui existe dans cette communauté. L’essentiel est que l’enfant qui vit dans une section communale fréquente l’école publique de cette section communale. 

Un parent qui souhaite envoyer son enfant dans une école privée ou une autre section communale doit recevoir une déclaration d’indisponibilité du conseil d’administration de l’école de cette commune indiquant que ce dit établissement a atteint sa capacité maximale ou qu’il n’y a pas de place disponible pour accueillir cet enfant. Les parents auront la possibilité de déménager s’ils ne veulent pas que leurs enfants fréquentent l’école publique de leur communauté à condition qu’ils aient une justification appropriée des raisons pour lesquelles ils pensent que leurs enfants ne devraient pas fréquenter les écoles communautaires. 

Le système éducatif doit être déconcentré pour que chaque section municipale et chaque commune aient un conseil d’administration scolaire, qui sera sous le contrôle de leur commission départementale d’éducation respective dont la mission sera de contrôler les opérations quotidiennes, la qualité de l’éducation, et les besoins de financement de toutes les écoles publiques locales placées sous leurs responsabilités. Elles seront également chargées de développer des projets de collecte des impôts locaux ainsi que d’élaborer des projets de réception de fonds du gouvernement central pour des investissements dans les infrastructures éducatives. 

Comme le stipule le préambule de la constitution, l’État doit construire et promouvoir des écoles engagées dans leur communauté pour pouvoir offrir des conditions et des opportunités égales aux enfants, indépendamment de leur statut économique ou de la position politique de leurs parents. Ainsi, il est essentiel d’impliquer tous les secteurs actifs de la communauté pour renforcer le principe selon lequel l’école publique est obligatoire.

Cette nouvelle forme de décentralisation par la déconcentration du système éducatif haïtien obligerait les élus locaux, les législateurs et les hauts-fonctionnaires publics à se concentrer sur le développement de leur juridiction respective, car leurs enfants seraient, eux aussi, soumis et obligés de fréquenter les écoles publiques des communautés dans lesquelles ils vivent. 

Dr Bobb RJJF Rousseau 

Dr. Bobb RJJF Rousseau

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