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Haïti : Le Coddemir dénonce l’impunité dont jouissent les auteurs d’actes de violence sur les femmes et les filles

              NOTE DE PRESSE                                                      

Mercredi 25 novembre 2020 ((rezonodwes.com))– Le Collectif des Organisations de Défense des Droits des Migrants et Rapatriés (CODDEMIR) constate avec amertume une augmentation des cas de violence contre les femmes et les jeunes filles ces derniers temps en Haïti.

Malgré les efforts des organisations de défense des droits Humains particulièrement les regroupements féministes, la violence basée sur le genre reste l’un des grands maux de notre société. Les chiffres sur le nombre de femmes et de jeunes filles victimes de violence ces dernières années en attestent et donnent le tournis. 

Au cours de l’année 2016-2017, une étude réalisée par le Ministère de la Santé publique et de la population de la République d’Haïti démontre que 29% des femmes et filles interrogées âgées de 15 à 49 ans ont été victimes de violence physique, ce, depuis l’âge de 15 ans. En 2018,  les centres de GHESKIO ont reçu 792 jeunes filles et femmes victimes de violences sexuelles. Dans le cadre d’une étude menée en janvier 2016, plus de 25% des femmes haïtiennes âgées de 18 à 24 ans ont rapporté avoir subi des rapports sexuels forcés avant d’avoir atteint l’âge de 18 ans.

À l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes ce 25 novembre,  le Coddemir entend dénoncer l’impunité dont jouissent les auteurs d’actes de violence sur les femmes. Lorsque ces forfaits restent impunis, la justice donne carte blanche aux criminels pour faire plus de victimes. Une étude menée par les Nations Unies via la MINUSTAH en 2012 a conclu que très peu de plaintes aboutissent à des condamnations. Sur  62 plaintes pour viol déposées entre juin et août 2010 dans cinq différents commissariats de police de Port-au-Prince, aucun procès n’avait eu lieu pour ces affaires près de deux ans après le dépôt de ces plaintes.

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Le Collectif profite de cette journée pour dénoncer la décision du juge Emilio Accimé de blanchir Yves Jean-Bart, accusé d’abus de pouvoir et d’agression sexuelle sur des joueuses de football de la sélection nationale. Il salue parallèlement la décision du commissaire du gouvernement de la Croix-des-Bouquets de rouvrir le dossier.

C’est une opportunité qui est offerte à la justice haïtienne si elle veut commencer à redorer son blason.

Le Coddemir ne saurait terminer cette note sans féliciter les organisations féministes pour le combat qu’elles mènent et le courage dont elles font preuve dans cette société patriarcale qu’est la nôtre.

Il les encourage à continuer ce travail combien important pour le respect des droits de la femme et des filles.

Le Collectif en appelle à la responsabilité des autorités étatiques, plus particulièrement celles de la justice, à s’engager dans cette lutte en s’assurant que les coupables d’actes de violence envers les femmes soient punis. Parallèlement, il encourage le Ministère à la condition féminine et aux Droits de la femme (MCFDF) à supporter les initiatives des organisations de la société visant à éduquer, sensibiliser les gens sur cette question.

PIERRE GAROT NERE

Directeur executif

Tel :371747 03

Fait à Port-au-Prince, le 25 novembre 2020

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