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Haiti | Répression & Kidnaping : Après l’enlèvement du Dr. Télémaque, quelle est la position des organisations de la société civile face aux gangs armés de Jovenel Moïse ?

Dimanche 29 novembre 2020 ((rezonodwes.com))– En 2019, au plus fort de la mobilisation populaire exigeant le départ de Jovenel Moïse du pouvoir, ce dernier, revendiquant la parternité de certains groupes armés présentés comme ses « fanatiques » et réclamant la mise en place d’une campagne de désarmément général avant toute chose, déclara sur les ondes d’une station de radio de la capitale , « Je voudrais demander à cette oppositiion qui veut mon départ du pouvoir, que fera t-elle face à mes fanatiques (armés) après ma démission ? ».

Par cette déclaration, l’apprenti-dictateur Jovenel Moise, ne laisse planer aucun doute sur l’identité de celui qui est le chef suprême et effectif de tous les gangs armés criminels qui opèrent aujourd’hui à Port-au-Prince et dans nos villes de province, kidnappant et tuant de paisibles citoyens en toute impunité.

Le 26 décembre 2002, des organisations et institutions de la société civile en Haïti, telle la ANMH (Association Nationale des Médias Haïtiens), ANADIPP (Association Nationale des Distributeurs de Produits Pétroliers), ANEM (Association Nationale des Exportateurs de Mangues), ATH (Association Touristique d’Haïti), CCIH (Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti) , dans une prise de position publique, s’étaient dressées contre le pouvoir du Président Aristide et avaient exigé « le démantèlement et le désarmement des divers gangs criminels armés bien connus, la mise en mouvement de l’action publique contre des individus clairement identifiés à la tête de ces gangs, l’élargissement de prison de tous les citoyens arrêtés illégalement, la cessation de déclarations suscitant la haine et la violence, l’adoption, par le pouvoir de dispositions concrètes permettant à tous les journalistes, étudiants, professeurs et autres citoyens pourchassés et terrorisés, par des gangs armés, de reprendre leur travail en toute sécurité. »

Aujourd’hui le kidnaping et l’insécurité font rage en Haiti enlevant le sommeil et terrorisant des familles entières.

Récemmment par exemple, Hans David Télémaque, interne affecté au service des urgences à l’hôpital universitaire d’État d’Haïti a été kidnapping à proximité de son lieu de travail ce samedi 28 novembre 2020.

Après une journée de protestations improvisées et de mobilisation sur les réseaux sociaux suivies de quelques interventions dans la presse, les internes et résidents des principaux centres hospitalo-universitaires d’Haïti ont décidé d’entrer en grève en vue de forcer les ravisseurs à libérer, sans condition, le Dr Hans David Telemaque.

Cependant les organisations et institutions de la société civile très actives en 2002 et 2003 n’ont pas encore réagi, abandonnant ainsi une population sans défense entre les mains des gangs à la solde du régime « Têt Kale ».

L’indifférence de ces organisations et institution face au véritable calvaire que vit le peuple haitien amène certains observateurs à se poser des questions sur la position réelle desdites entités face à de telles atrocités.

Le discours véhiculé dans certains medias implorant la pitié des kidnapeurs tout en ignorant la responsabilité de leur chef inquiète aussi.

En 2002, ces organisations de la société civile n’étaient pas aussi « conciliantes et indulgentes ».

Pour mémoire, nous publions la position rendue publique le 26 décembre 2002 par lesdites organisations pour dénoncer une situation qui n’avait aucune comparaison avec celle que traverse actuellement Haiti, un pays livré pieds et poings lié aux mains de gangs armés et criminels.

Déclaration émise le 26 décembre 2002

Les Institutions, Regroupements et Organisations signataires de la présente, engagés dans un processus de consultation intersectorielle sur la situation du pays, ont décidé :

A – de travailler sur une base unitaire et consensuelle à l’élaboration des fondements d’un nouveau contrat social qui contribuera à la renaissance de la Nation Haïtienne et à l’amélioration des conditions de vie de tous les haïtiens et en particulier des plus pauvres ;

B – d’informer la Nation, le Pouvoir, l’OEA, la CARICOM, les pays amis d’Haïti et l’Union Européenne de leur position commune relative aux sept (7) conditions essentielles à mettre en place avant d’engager tout processus électoral crédible et démocratique en Haïti, à savoir :

La démonstration concrète et soutenue que les citoyens, quelles que soient leurs tendances politiques, peuvent exprimer leurs opinions à travers des rassemblements publics pacifiques.

Le démantèlement et le désarmement des divers gangs criminels armés bien connus qui sèment la terreur à travers le pays, notamment aux Gonaïves, à Saint-Marc, à Petit-Goâve, à Port-au-Prince et au Plateau central, ainsi que la révocation et la mise en mouvement de l’action publique contre les policiers et autres autorités publiques qui y sont impliqués.

La mise en mouvement de l’action publique d’une part contre des individus clairement identifiés à la tête de ces gangs armés et qui circulent librement, notamment ceux cités dans le rapport de la Commission d’Enquête de l’OEA sur les évènements du 17 décembre 2001, et d’autre part contre les assassins de Jean L. Dominique et ceux déjà identifiés de Brignol Lindor.

L’élargissement de prison de tous les citoyens arrêtés illégalement en raison de leur engagement politique et de tous ceux ayant bénéficié d’une décision de justice.

La cessation de déclarations suscitant la haine et la violence, provenant des principaux responsables du pouvoir et de leurs partisans ou de quelque secteur que ce soit.

L’adoption, par le pouvoir de dispositions concrètes permettant à tous les journalistes, étudiants, professeurs et autres citoyens pourchassés et terrorisés, par des gangs armés, de reprendre leur travail en toute sécurité et sans être inquiétés, notamment aux
Gonaïves, à Petit-Goâve, au Cap-Haïtien et à Port-au-Prince.

La mise à exécution immédiate de la coopération internationale en matière de sécurité, prévue dans le cadre des termes de référence souscrits entre le Pouvoir et la Communauté Internationale.

Les Institutions et Organisations signataires souhaitent enfin que ces demandes soient satisfaites, ou tout au moins qu’un début de satisfaction soit obtenu de manière claire d’ici le 15 janvier 2003, et qu’en conséquence elles sauront tirer, avec le Peuple Haïtien, les conclusions qui s’imposent selon les circonstances.

En conclusion

- Considérant la misère indigne et la faim qui rongent la majorité du Peuple haïtien dans un contexte intolérable d’insécurité, de chômage et de corruption ;

- Considérant l’injustice et l’impunité généralisées qui sapent les fondements de la société haïtienne ;

- Considérant la politisation, le blocage et l’effritement des institutions étatiques et leur incapacité à apporter une solution
appropriée à la crise ;

- Tenant compte du blocage constaté dans la mise en œuvre des Résolutions 806 et 822 qu’a adoptées l’OEA dans sa tentative de contribuer à une sortie de crise, et auxquelles a souscrit le
Gouvernement Haïtien ;

- Tenant compte des multiples cris d’alarme venant de tous les secteurs de la vie nationale, entre autres ceux venus de la Conférence  Episcopale d’Haïti et de la Fédération Protestante d’Haïti.

Les Institutions et Organisations qui ont endossé cette position commune s’engagent à rester unies et mobilisées et à poursuivre la concertation avec un plus grand nombre d’organisations à travers les neuf (9) départements du pays en vue d’apporter une réponse collective appropriée susceptible d’aider à sauver la barque nationale en péril. Nous invitons nos compatriotes à surmonter la peur qui nous ronge tous, afin de nous exprimer clairement, mais pacifiquement, sans violence et dans la tolérance.

Port-au-Prince, Haïti, le 26 décembre 2002

Pour authentification (une institution par secteur) :

Pour le Mouvement Syndical / Organisation Générale Indépendante des Travailleurs Chambre de

Pour le Secteur Privé des Affaires / Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH) Haïtiens (OGITH)

Pour le Secteur Paysan / Mouvman Peyizan Papay (MPP)

Pour le Secteur Civique / Initiative de la Société Civile (ISC)

Pour le Secteur des Socioprofessionnels / Fédération des Barreaux d’Haïti

Pour le Secteur des Enseignants / Confédération Nationale des
Educateurs Haïtiens (CNEH)

Pour le Secteur Media et Presse / Groupe de Réflexion et d’Action pour la Liberté de la Presse (GRALIP)

Pour le Secteur des Etudiants / Fédération des Etudiants Universitaires Haïtiens (FEUH)

Pour le Secteur des Intellectuels / Un regroupement

Pour le Secteur des Ecrivains et Artistes / Un regroupement

Pour le Secteur Populaire Urbain (de base) / Vision des Organisation pour le Développement et la Démocratie (VODED)

Pour le Secteur des Associations Féminines / Mouvement des Femmes Haïtiennes pour l’Education (MOUFHED)

Pour le Secteur des Droits Humains / Comité des Avocats pour le Respect des Libertés
Individuelles (CARLI)

Pour la Profession Medicale / Association Médicale Haïtienne (AMH)

SUIT LA LISTE DE TOUTES LES INSTITUTIONS, ORGANISATIONS ET
PERSONNALITES AYANT ADHERE A CETTE DECLARATION :

Secteur Culturel (Intellectuels, Ecrivains et Artistes)

M. Raoul Peck

M. Franck Etienne

Mme Yanick Lahens

M. Gary Victor

M. Michel Hector

M. Lionel Trouillot

M. Gesner Armand

Mme Michèle Oriol

Mme Evelyne Trouillot

Mme Paulette Poujol-Oriol

M. Laà« nnec Hurbon

M. Pierre Buteau

M. Claude Pierre

M. Luc Smarth

M. Michel Acacia

M. Jean-Claude Fignolé

Mme Iris (Geneviève L. Esper)

M. Michel Soukar

Secteur Privé

AAH Association des Assureurs d’Haïti

AEA Association des Entrepreneurs de l’Artibonite

ADIH Association des Industries d’Haïti

AMARH Association Maritime Haïtienne

ANADIPP Association Nationale des Distributeurs de Produits
Pétroliers

ANEM Association Nationale des Exportateurs de Mangues

ANMH Association Nationale des Médias Haïtiens

ATH Association Touristique d’Haïti

CCIH Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti

CCISTBA Chambre de Commerce et d’Industrie de Saint-Marc et du
Bas-Artibonite

CCIPN Chambre de Commerce, d’Industrie et des Professions du Nord

CCIPSE Chambre de Commerce, d’Industrie et des Professions du Sud-Est

CFHCI Chambre Franco-Haïtienne de Commerce et d’Industrie

CLED Centre pour la Libre Entreprise et la Démocratie

FNH Fondation Nouvelle Haïti

HAMCHAM Haitian-American Chamber of Commerce

Mouvement Syndical

OGITH Organisation Générale Indépendante des Travailleurs

Haïtiens

MNTH Mouvement National des Travailleurs Haïtiens

CFOH Confédération des Forces Ouvrières Haïtiennes

FNTS Fédération Nationale des Travailleurs Syndiqués

CATH Centrale Autonome des Travailleurs Haïtiens

FETRAGA Fédération des Travailleurs de la Grand’Anse

FTN Fédération des Travailleurs du Nord

FETRASMA Fédération des Travailleurs Agricoles de Saint-Michel de

l’Atalaye

FETRAGOM Fédération des Travailleurs Agricoles de Gros-Morne

CSH Coordination Syndicale Haïtienne

CTH Confédération des Travailleurs Haïtiens

KOTA Konfederasyon Ouvrye Travayè Ayisyen

FOS Fédération des Ouvriers Syndiqués

MTCH Mouvement des Travailleurs du Cap=Haïtien

CISN Confédération Indépendante des Syndicats Nationaux

RENAFAM Réseau National des Femmes

MOPPA Mouvman Peyizan Patriyot Ayisyen

UTDL Union des Travailleurs du District de Limbé

SCCF Syndicat des Chauffeurs Coopérants Fédérés

OGETNO Organisation Générale des Travailleurs du Nord-Ouest

MOVICIH Mouvement Inter-Syndical Indépendante d’Haïti

SOST SOS Transport

CONITH Confédération Indépendante des Travailleurs Haïtiens

OTRA Organisation des Travailleurs pour l’Avancement de

l’Anse-à -Foleur

CGT Centrale Générale des Travailleurs

COH Congrès des Ouvriers d’Haïti

Secteur Paysan

MPNKP Mouvman Peyizan Nasyonal Kongrè Papay

MPP Mouvman Peyizan Papay

FENATAPA Fédération Nationale des Travailleurs Agricoles et Paysans
Haïtiens

OPK Oganizasyon Peyizan Kolèt

UPEL Union des Paysans Engagés de l’Estère

MPM Mouvman Peyizan Metaye

OPKD Oganizasyon Peyizan Kalalou pou Devlòpman

MPB Mouvman Peyizan Bombadopolis

OP4B Mouvman Peyizan Katriyèm Seksyon Baie de Henne

ATRAPCO Association des Travailleurs Paysans des Côtes-de-Fer

MPBM Mouvman Peyizan Belle Vue Mare Rouge

OPDS Oganizasyon Peyizan Dame ak Surprendre
UPFW Union des Paysans du Far-West

OFDBN Oganizasyon Fanm pou Devlòpman Ba Nòdwès

OFCBJK Oganizasyon Fanm Kòmèsan Bouk Jan Rabèl

UPAN Union des Paysans Agriculteurs du Nord-Ouest

MPA Mouvman Peyizan Akil di Nò

OPM Oganizasyon Peyizan Milo

FAPN Fédération des Agriculteurs et Paysans du Nord

MPR Mouvman Peyizan Rankit

OPDL Oganizasyon Peyizan pou Devlòpman Limonad

CPRH Combite des Paysans Ré
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