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Haïti, le chaos impressionnant !

Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants ; c’est l’indifférence des bons. Martin Luther King

Les institutions, les institutions, les institutions, les institutions, les institutions ; et donc des hommes et des femmes dignes, intègres et courageux à les représenter. Telle est la principale leçon apprise des présidentielles américaines. La loyauté, la dignité, le courage et le respect envers la patrie au détriment de sa partie, la primauté du logo national sur l’ego individuel se dressent comme garant de la consolidation, la protection et la promotion des acquis démocratiques.

Chapeau bas à la presse américaine, à la justice et aux personnalités casées à l’hypophyse des institutions régaliennes qui savent privilégier l’intérêt supérieur de la nation au détriment de leurs projets mesquins.

Mercredi 2 décembre 2020 ((rezonodwes.com))– Parle-moi des valeurs, de la fiabilité, de la notoriété de tes institutions ainsi que l’attitude des acteurs qui en détiennent les clés et je te dis dans quelle société que tu évolues. Raconte-moi si tes institutions de vigie jouent sciemment et consciemment leur rôle d’éclaireur de la société, et je te dis que tu n’es pas dans une jungle.

Si ta présidence n’assure pas sa fonction de garant de la bonne marche des institutions à travers des nominations judicieuses et le renouvellement en temps normal des postes électifs. S’il arrive que des boulevards soient laissés à ta présidence pour gouverner sur des humains comme s’ils étaient des scorpions, jusqu’à détenir le feu vert de pouvoir nommer  Kakout, Kilikou, Babekyou comme ministres, si elle le désire, tu es dans le bordel.

Si ta présidence est de connivence avec le banditisme, le kidnapping, le crime humain et financier, tu es dans la merde. Si ta présidence détient le terrain libre pour publier des décrets pervers pour plaire à des profiteurs sexuels, des cultures délabrées,  de la pornographie précoce, du couplage inter-espèce entre des humains et des animaux, tu es animalisé.

Si ta présidence peut mobiliser des flagorneurs pour édicter des décrets démentiels en violant l’institution mère, pour halluciner de gracier et de se gracier en toute impunité, tu es dans les ténèbres.

Si ta présidence peut publier des décrets qui arrachent toutes les dents de la Cour des Comptes afin de se débarrasser des verrous de contrôle de ses projets démentiels, tu es sous la dictature de la démence de la raison.

Si tu restes indifférent face à l’injustice, à l’exploitation, au viol, à la barbarie ; si tu n’as plus d’émotion quand tu vois des cadavres jonchés le pavé ; si tu fais semblant de ne pas apercevoir les Ti-Sentaniz privées d’éducation, d’affection, de joie, de paix ; si tu restes coi vis-à-vis des acrobaties ignobles de nos Ti-Joël devant les pickups et les taptaps pour défendre quelques « aleken » ; tu es kokoratizé.

Si tu n’es pas indigné par la médiocrité ; si tu n’as pas honte d’être représenté par des incompétents, des imposteurs et des usurpateurs au sommet des postes clés de la cité; si tu n’es pas révolté quand même l’uniforme et la blouse sont kidnappés ; tu es zombifié.

Si ton parlement est habité par des kidnappeurs, des dealers, des comédiens, des personnalités sans lecture ni écriture, tu vis une certaine forme d’esclavage mental. Tu n’as rien compris de la mission dialectique et maïeutique d’analyse, de supervision et de validation dévolue à des députés et à des sénateurs, défenseurs des projets économiques et sociaux au profit de la collectivité.

Aucune surprise : on ne saurait donner ce qu’on n’a pas

En effet, personne ne saurait offrir ce qu’il n’a pas. L’individu lambda est incapable d’inspirer les autres aux bonnes pratiques, au respect de la parole donnée, à la gestion saine du denier public, à la générosité, à l’hospitalité, ni à la culture de l’excellence si de telles valeurs ne lui avaient pas été inculquées dès son plus jeune âge. Telle est là le rôle fondamental de la famille qui est dépositaire de cette mission liminaire sacrée que l’église et l’école doivent se vouer à renforcer. « Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre; et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas ». Proverbes 22 v 6.

Ce ne sont surtout pas le PIB, la superficie, les gratte-ciels, les highways, les indicateurs économiques et sociaux qui dessinent la grandeur d’une nation. Mais, la force de ses institutions, tel que le témoignent les pays scandinaves qui se démarquent dans le classement du bonheur collectif. C’est du constat du rôle régalien et d’éclaireur des entités promotrices et protectrices de la vérité et de la lumière que plus d’un s’accordent à tirer leur révérence envers la nation étoilée en raison du sens de l’honneur qui imprègne les gardiens des sceaux, les détenteurs du micro et de la plume.

Une année électorale exceptionnelle, surchauffée, coronavirée, qui se solde en des turbulences présidentielles ; la lâcheté, la cupidité, la mesquinerie et la menace proférée par le locataire condescendant du Bureau ovale, ont été vaincues. L’Aigle a encore exhibé ses ailes en témoignant sa révérence envers les institutions.

C’est le sentier que devrait prendre toute nation qui opte pour des paradigmes de développement soutenable. Les économistes du développement sont unanimes la dessus ; il n’y a pas de progrès, de création de richesse, de stabilité et de paix en dehors d’un capital humain compétitif et surtout en absence du respect des normes et des principes.

Les institutions haïtiennes, aux antipodes de la mission du bien-être collectif.

Si ce ne sont les privilèges mesquins, le confort factice à la bulle officielle, qu’est ce qui peut expliquer que l’intelligence continue de baisser la tête devant la cleptomanie et le crime sans merci sans piper mot? L’intégrité, l’éthique, la justice, la dignité, ne seraient-elles pas des valeurs accolées à l’intelligence ?

Il a été établi par des institutions nationales et internationales, documents et preuves irréfutables à l’appui, que le régime politique actuel est trempé dans la corruption, le crime humain, financier et de lèse-patrie. Pourtant, dans les parages de la présidence et des ministères ; détenteurs de licence, de maîtrise et de doctorat maintiennent leurs postes dans la flagornerie. La cupidité le remporte sur la dignité ; en dépit des faits, de nouveaux diplômés sillonnent les couloirs officiels et diplomatiques avec leurs enveloppes jaunes pour solliciter un job. Dans quelles perspectives, pour résoudre quels problèmes, pour se mettre au service de qui ?

La cerise sur le gâteau empoisonné, tous les deals débiles deviennent faciles puisque l’Ile est squattérisée par des pédophiles, des serviles et des séniles inutiles aux réflexions et planifications visant le bien-être collectif. L’encre virile et indélébile  doit jouer son rôle de vigile pour désinciter à la reproduction désastreuse de telle attitude qui risque d’obnubiler les esprits puérils.

A la suite de la publication du rapport technique de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA), après les recherches et investigations rendues publiques par l’ONU et d’autres institutions de droits humains indexant de criminels des ministres, directeurs généraux, parlementaires et des familles présidentielles espiègles , si les citoyens ne se soulèvent pas c’est qu’ils ont perdu le sens du courage et de la dignité.

Sa majesté, votre honneur, son excellence, comment de telles expressions peuvent-elles sortir en toute sincérité, sans risque d’un cancer à provoquer par la honte, de la bouche de personnalités dignes pour plaire à une présidence criminelle, inculte et cupide ?

Révélations fracassantes de connivence entre directeurs généraux, coordonnateurs, ministres, gouverneur, sénateurs et députés en de graves dilapidations des fonds des ministères, de BMPAD, BRH, FAES, CAS, ONA, FDI, AAN, OAVCT, AGD, APN,…, pourtant aucune révocation, aucune démission, aucune indignation. Le quotidien ignoble poursuit son petit bonhomme de chemin comme si de rien n’était. Ça pue dans la répugnance la plus écœurante, et l’on préfère boucher son nez pour avaler l’eau nauséabonde. A petit feu, nous perdons presque toute notre « Mounite ».

Sortis de la bouche d’un président Américain, nous ne saurions le digérer certes ; mais, les qualificatifs de « Shithole » et de jungle accolés à notre patrie pétrie par l’ineptie, la cleptomanie et la mégalomanie, seraient-ils vraiment inappropriés pour décrire le contexte haïtien actuel ? A méditer

Suivez les bons exemples

A l’image de l’indignation exprimée par le responsable de communication de l’EDH, Jose Davilmar[1], 5 août 2019, qui ne pouvait plus se trahir, se déshonorer et se déshumaniser dans les mensonges effrontés édictés par la présidence, je m’attendais à de telles actions cornéliennes en série qui feraient l’arbitrage de sauver l’honneur face à un job ignoble. A la Sara Poisson[2], 31 août 2019, nous avons connu le moment du débordement du vase de la dérive où des hommes et des femmes tant au bercail que dans la diaspora, devront se tenir debout pour dénoncer la dilapidation des fonds du Petrocaribe. A l’instar de la correction publique de la mairesse de l’Arcahaie, Rosemila Petit-Frère[3], 18 mai 2019, qui se révoltait de la dilapidation des dignitaires sans dignité du parlement et de la présidence, je suis resté sur ma faim. Je n’ai presque pas compté d’autres colonnes vertébrales qui ont montré de la mounite, de la justice et de la bravoure, valeurs héréditaires de Toussaint et de Dessalines. 

Ma déception est d’autant plus grande quand je constate que même l’université joue à l’autruche. Le rectorat, le décanat et le professorat violent leur mission prestigieuse d’éclaireur de la société en fermant leurs gueules pour ne pas déranger des autorités en fonction et en mission démoniaque.

Mission ignoble et suicidaire ! La platitude intellectuelle s’érige en bayakou pour nettoyer les badigeonnages de l’imposture officielle. Pire que cela, elle nourrit l’éminence grise criminelle pour se mettre au service des élections démagogiques, frauduleuses avant la lettre, au profit d’un régime politique nul qui ose espérer surfer dans l’obscurantisme de la bulle officielle ad vitam aeternam. 

Cette clique politique saturée de bandits serait les héritiers exclusifs des monstres sacrifices de nos ancêtres qui ont cristallisé l’œuvre magnanime de nous sauver de la fournaise ardente de l’esclavage. Les 15 millions restants du terroir et de la diaspora sont traités comme des rejetons et des kokorat qui ne jouiront jamais des plaisirs jouissifs de la vie. Qu’ils se consolent d’un « Ti Rès » rempli de bave pendant que les médiocres capitaines de cette gouvernance mazette instaurée dans cette mouvance de la kakistocratie festoient en dilapidant des fortunes au frais de la princesse matin, midi et soir. Aladesalmanaza papa !

Haïti en mode importateur de la vérité et de la justice

Deux décennies de pornographie, de pédophilie et de démence gérontocratique à la bureaucratie de la fédération haïtienne de football, il a fallu un Molina pour mettre le doigt à cette plaie cancéreuse et donc désamorcer la bombe. Il y aurait urgence d’encadrement psychologique de nos enfants au Ranch de la Croix-des-Bouquets.  Sinon, nous risquons de leur dédier des bouquets roses dans la précocité après qu’ils/elles portent une croix de la honte et de l’indignité comme à la Golgotha. Rappelons qu’en dépit de leurs fières prestations aux compétitions internationales génératrices de liesse nationale, ils/elles recevront leurs promesses du gouvernement seulement quand les poules auront des dents.

Deux décennies de gabegie, d’usurpation de titre, de faux, d’usage de faux diplômes et bien d’autres dérives au sommet de l’Université d’Etat d’Haïti, le Conseil de l’Université se conforte dans sa zone de confort pendant que notre honneur rougit dans l’inconfort. Cela ne dérange pas.

Des hommes et des femmes salissent l’image de nos nobles institutions car ils sauraient comment « grouiller » pour se cacher sous le jupon de la justice et de la presse haïtienne, truffée de prostitués de l’onde. Faudrait-il aussi une entité étrangère pour brandir une halte-là au sempiternel désordre au sein des institutions les plus élitistes du pays ? La vérité et la justice deviennent aussi des denrées rares qu’Haïti est en train d’importer. Romain 2020 verset FIFA.

La Banque centrale est impotente et complice dans les fuites massives des capitaux nationaux vers les paradis fiscaux, les « experts » de l’économie entortillent la vérité et continuent de décerner des médailles aux acteurs d’un système bancaire mafieux qui n’accorde pas de crédit à la classe moyenne et qui traite ses ressources humaines dans l’indignité et l’exploitation la plus abjecte en contrepartie de salaires miséréré. Véritable esclavage moderne.

Dix ans de crimes spectaculaires, de fraudes, de vols, viols, corruption, indécence, incompétence, impotence, arrogance, imposture, usurpation, improvisation et masturbation officielle au sommet de l’Etat. La presse se promène sur le chemin de l’injustice bouche bée et les yeux bandés.

La justice nous élève du haut du ciel pour nous laisser tomber comme un astéroïde au Mole St Nicolas et à l’Ile de La Tortue torturés, hypothéqués, vendus, perdus. La femme aux yeux bandés voit de toutes les couleurs ; elle blanchit le charbon, rougit l’innocence, bénit le bandit et maudit la victime. La lumière et la vérité sont prises en otage par des avantages « zagribay ».

Une presse indépendante et clairvoyante est déterminante au sauvetage national

Crédit à accorder à qui crédit est dû ; les acteurs de la presse américaine, opposants et alliés du trompeur, n’ont pas laissé faire « l’animal traqué » dans sa rage, son obsession, sa convulsion, ses confusions et son projet chtonien d’une transfusion létale dans son discours et son comportement alarmiste. Puissant, détenteur d’un pouvoir discrétionnaire, monsieur Trump demeure président jusqu’à la date de la passation du pouvoir au 20 janvier 2021.

D’ailleurs, il avait enchaîné une semaine après son échec avec ses rancœurs en révoquant par un tweet une personnalité aux colonnes vertébrales idoines qui n’avait pas obéi à son ordre irréfléchi de mobiliser l’armée sur le territoire national lors des émeutes provoqués par l’assassinat crapuleux de Georges Floyd.  L’ancien chef de la Pentagone, Mark Esper, nous rappelle l’acte remarquable de l’ancien directeur général de la PNH Mario Andrésol[4] qui avait désobéi en 2012 à l’émotion de Ti-Simone qui le contraignait de mettre en taule un député en fonction.

Force de contrebalance, de vaillance et de vigilance pour relancer la raison, la presse doit s’atteler à condamner les défaillances et la nonchalance de tout fautif au principe de la gestion saine de la Cité, du plus simple citoyen jusqu’aux petits faux-dieux officiels.

Responsable du brouillon de l’histoire, les acteurs du média ont sciemment joué leur partition pour faire en sorte que la lumière luise de ses mille feux à l’épisode des élections américaines. En dépit du pouvoir de nuisance dont dispose encore le gros requin de l’immobilier puisqu’il reste président jusqu’au 20 janvier 2021, la presse, la justice, les institutions régaliennes et même des adeptes au parti républicain n’ont pas cédé aux caprices trumpistes.

Haïti est piteusement coincée dans la situation où les forces des ténèbres sont beaucoup plus véhiculées et exposées à la société. Ces énergies opaques et négatives obstruent la lumière qui devait plutôt se répandre dans les rues, sur les places publiques, dans les institutions étatiques et au sein des foyers scolaires et familiaux.

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Cet effritement accéléré des valeurs a connu une amplification et une croissance exponentielle, particulièrement au cours de la dernière décennie où la plupart des médias accueillent en permanence l’indécence, l’incompétence, la malhonnêteté et l’arrogance dans les émissions les plus prisées pour assassiner le temps en des mensonges, des diversions et des dilatoires en de mauvais deals à deux et à trois.

Hormis de rares exceptions, les stations de radios et de télévisions ne sont pas orientées vers la formation et l’inspiration des enfants et des jeunes pour emprunter le sentier de la culture de l’excellence et de la beauté de l’esprit.

Si dans les pays modernes le micro est interdit à des bandits, des criminels et des assassins ; en Haïti, les médias ont rendu populaires les bandits de grand chemin en claironnant leurs noms et en leur accordant constamment des entrevues pour passer leurs revendications et se vanter de leurs actes spectaculaires où ils ont tué des hommes, des enfants, violé des jeunes filles, défié la police, la justice et les autorités établies.

N’est-il pas opportun de véhiculer dans les médias les voix et les messages salutaires et inspirants des sommités intellectuelles du terroir et de l’étranger. N’est-ce pas le moment d’exposer les figures emblématiques de la science, de la culture, de l’honnêteté, de la compétitivité et de la décence. A l’instar des émissions des médias respectueux de l’Amérique du Nord et de l’Europe, cette ère nouvelle doit voir s’instaurer en Haïti les pratiques exemplaires d’inviter et d’écouter sur les antennes des télévisions et des radios, les interventions, les productions et les succès époustouflants des filles et des fils dignes du pays.

Des pratiques trumpistes et Phtkistes similaires

Comparaison n’est pas raison certes ; mais, dans le cas qui nous concerne, les coïncidences trumpistes et Phtkistes étonnent. Les mêmes pratiques sorcières d’accusation et de dédouanement personnel ; les mêmes colères ; le même esprit maléfique de vengeance de l’ignorance sur la décence et la compétence en des révocations par Tweet, MSN, BBM, suivies de nomination sans évaluation. Les mêmes complexes, les mêmes reflexes, les mêmes exhibitions désaxées de banalisation du sexe ; la caravane Phtkiste abracadabrante se positionne comme une annexe de la mouvance trumpiste.

Directeurs généraux désaxés dans le cybersexe, dans le jeu de hasard avec des billets verts, crime humain, deals de trafic de visas ; première dame indexée en de graves délits, multitude de contrats louches de surfacturation et pluri-facturation, une palanquée de pots de vin, le vase de la gabegie est saturé. Il faut décidément accorder la ceinture de champion à la mouvance Phtkiste qui bat tous les records du chaos.

Même les esprits autrefois perplexes s’accordent à admettre que l’algorithme simplexe de la sortie de crise de connivence hypercomplexe entre des bandits officiels et criminels officieux, requiert que les personnages consciencieux soient vexés et indignés.

Le fossé béant entre le Trumpisme et le Phtkisme se situe dans les forces institutionnelles qui empêchent à l’un de banaliser, de décapitaliser, de promettre de décapiter et de « dorvaliser » comme bon lui semble. Mais décidément, le « Trumpisme » avait semé des plantules chez nous qui ont tenu la promesse des fleurs de la division, l’improvisation, l’incompétence, l’indécence et la trahison. L’élève a même dépassé le maître.

Les forces vives, en particulier la presse et la justice sont interpellées à la bravoure et à la vigilance pour déraciner ces sources lucifériennes génératrices des Arnel, Ti-je, Gwo-Je, Nenkankan, Kakout, Kilikou, Odma, Bout-Janjan, Gwovan, Ti-Lapli et Barbecue qui nous font compter des morts à la seconde.

C’est ce qui a été expérimenté aux USA avec le respect des verrous de l’équilibre social établis par les institutions locales et fédérales. Dans l’intérêt du collectif, l’engagement citoyen des ressources humaines des géants de la presse américaines dont CNN, ABC, NBC, Fox News, Washington Post, NY Times,…, a été payant au bénéfice de la société. Qu’il s’agisse de médias pro-pouvoir ou anti-pouvoir, les micros et les plumes ont tous condamné les dérives antidémocratiques du président Trump. C’est ce qui a sauvé América. Ce ne sont pas des immixtions d’ingérence de l’OEA, BINUH, Minustha, CORE-Group ou des ambassades hypocrites. La solution à nos problèmes doit se cuisiner à l’interne. Ce n’est évidemment pas « Alexia » qui fournira la solution magique ; il faut une conscience citoyenne généralisée.

Si la justice élève une nation, la violation de cette institution badigeonne une nation

A la Juda Iscariote, l’hypocrisie nous souhaite la bienvenue dans un monde bondé de démon. En théorie, la justice est une femme aux yeux bandés. Pourtant, les pratiques montrent que les bases de l’architecture justiciable sont sapées en de basse chose à la basoche. Basés sur leurs actions et leurs drôles de parole – sans parabole, sans contrôle, sans protocole –  la plupart des acteurs du barreau salopent les salons les plus immaculés en des argumentaires farfelus et illogiques. Eux qui sont dépositaires pour authentifier les titres de propriété, ils sont passés experts et champions dans la falsification, le vol de propriétés privées, la vente multiple d’un même lopin de terre, etc.

Récemment encore, dans le cadre d’une courageuse mission de correction et de nettoyage lancée par des porteurs de toges incorruptibles du CSPJ, la toile a été salie avec une liste de magistrats non certifiés, faisant usage de faux pour usurper en des postes de haute responsabilité au sein de nombreuses juridictions du pays. Un gros coup de filet pour capturer des requins à col blanc générateurs de litiges, de conflits terriens et de nombreux décès à coup de couteaux, de machettes, de projectiles et aussi à coup de magie dans les différentes régions du terroir.

A analyser le sophisme et la soif de l’argent facile qui imprègnent les grosses gorges qui occupent toujours le devant de la scène, on s’interroge quotidiennement sur le rôle du symbole de justice que devait représenter la robe de l’avocat. Dans la fierté et l’arrogance, certains avocats accompagnent au tribunal la mafia, la drogue, le crime, le viol, pas pour en défendre des circonstances atténuantes ; mais pour les blanchir. Car disent-ils, in limine litis ils connaissent dans la finesse les rouages du système pourri. Objection bon sens, ils sont au courant du besoin du juge qui s’en charge du dossier. N’en parlons même pas du commissaire du gouvernement, le poste le plus honteux vécu au pays au cours des dix dernières années.

Trop légers dans les règles, les principaux sans vergogne dans leurs toges, violent chaque jour cette femme aux yeux bandés qui voit de toutes les couleurs. La justice haïtienne vit seulement de scandale, et donc elle est mourante. Aucune société ne peut remporter la victoire de la lumière sur les ténèbres quand ce sont de telles attitudes qui prédominent dans la sphère du troisième pouvoir.

Bougie allumée, en plein midi, à l’instar de Diogène de Sinope, dans l’expectative, je continue de chercher des hommes et des femmes qui se tiennent debout contre le crime, l’injustice, l’impunité, quitte à mettre en péril quelques avantages grapyays et zagribays qui pourtant les déshumanisent.

Moi aussi « I Have a Dream » 

« L’immortel Martin L. King n’avait pas le monopole du sommeil et donc pas celui du rêve ». Moi aussi « I Have a Dream ». Je rêve de voir une nouvelle Haïti. Celle-ci passe par des décisions difficiles, mais honorables aux yeux des générations actuelles et futures. J’ai fait le rêve de voir les médias Vision 2000, Métropole, Caraïbe, Scoop, RSF, Le National, Le Nouvelliste, les médias en ligne, prendre leur responsabilité en défendant les intérêts de la collectivité. Je caresse le rêve de voir l’université, la famille, l’école, l’église s’engager pour envoyer des signaux de la défense de la justice, de la culture de l’excellence, de l’effort en permanence, tout en réitérant aux enfants, à la jeunesse et à la société que la politique est un espace décisif devant être dévolu à la science et à la conscience.

Je fais le rêve que cesse l’hypocrisie des coopérations internationales qui se vantent en des miettes octroyées à mon pays devant les projecteurs pendant qu’elles s’enrichissent sous le tapis, de manière effrénée, dans nos ressources naturelles. Plus de cinquante ans, plus de soixante ans de partenariat de la BID, BM, UE, OEA, USAID, ACDI avec Haïti ; pas un hôpital, pas un parc sportif, pas une école, pas un campus universitaire. Pas possible ! Il est temps que l’incapacité, l’improductivité et l’hypocrisie tirent leur révérence !

Je fais le rêve de la réparation et la restitution de la rançon de la dette de l’indépendance imposée par la France à Haïti estimée aujourd’hui à plus de 28 milliards de dollars. L’apothéose de la concrétisation de ce rêve est que par le leadership de la compétence et de la probité au pouvoir, tous les enfants savoureront les fruits succulents de l’école. Il n’y aurait plus de Ti-Sentaniz, de Ti-Joël qui font des acrobaties derrière les taptaps, les pickups OI, SE, OF, pour défendre quelques adoken dans l’ignominie la plus abjecte. Il n’y aurait plus de programme caravane « Ti-rès », « d’accidents et de décapitation de la matière grise ». Le sage aurait damé le pion au sauvage ; la planification effacerait l’improvisation. « Ouvè lespri » le remporterait sur « Ouvè le kò ».

De cette pandémie d’indécence, d’imposture, de gabegie et particulièrement d’usurpation de titre, des actes individuels peuvent aussi inspirer l’espoir en une nouvelle Haïti. A titre de réponse ferme aux débris, aux ramassis de gribouillis, majigridis et graffitis funestes, je voudrais voir des démissions massives, simultanées des cadres de l’administration publique.

Il n’existerait pas meilleure façon d’exprimer son désaccord au règne de la sauvagerie et de la flagornerie qui nourrit cette médiocratie rancie entérinée dans les principales artères de la cité.

L’équation complexe du salut d’Haïti contient paradoxalement une seule inconnue, la MOUNITE. Allons donc à la recherche de cette valeur, cultivons-la, gardons-la jalousement en vue de débarrasser la matrice de notre Haïti de cette grossesse ectopique saumâtre en perdition.

Carly Dollin

carlydollin@gmail.com


[1] https://lemediateurhaiti.com/haiti-energie-le-responsable-de-communication-de-ledh-jose-davilmar-limoge-de-son-poste/

[2] http://lenational.org/post_free.php?elif=1_CONTENUE/tribunes&rebmun=1109

[3] https://rezonodwes.com/2019/05/21/arcahaie-le-18-mai-2019-souvenir-dune-femme-aux-colonnes-vertebrales-idoines/

[4] https://canada-haiti.ca/content/martelly-et-andr%C3%A9sol-grande-confrontation

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