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Des millions de personnes vont basculer dans l’extrême pauvreté dans les pays les moins avancés

Jusqu’à 32 millions de personnes supplémentaires pourraient faire face à une extrême pauvreté, a alerté jeudi la CNUCED, relevant que la crise économique liée à la Covid-19 devrait « réduire à néant des années de progrès laborieux » des pays les moins avancés (PMA).

L’économie de ces Etats sera cette année au plus bas depuis une trentaine d’années en raison du coronavirus, relève le rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

Et cette « pire performance économique » va peser lourd sur le sort de populations déjà vulnérables. Au total, 370 millions vont basculer dans l’extrême pauvreté dans les PMA (un revenu inférieur à 1,90 dollar par jour).

L’agence onusienne avait déjà expliqué récemment que 130 millions de personnes additionnelles dans le monde pourraient être confrontées à une pauvreté extrême avec la pandémie.

Elle souligne que le taux de pauvreté passera de 32,5% à 35,7% cette année. Et si les PMA ne représentent que 14% de la population mondiale, ils comptent plus de 50 % des personnes extrêmement pauvres dans le monde.

Risques d’une baisse du revenu par habitant dans 43 des 47 PMA

Or selon la CNUCED, les économies de ces pays ne représentent que 1,3% du total mondial. De façon générale, l’économie devrait reculer de 2,6% dans ces Etats. Au total, 43 des 47 PMA vont probablement être victimes d’une baisse du revenu par habitant, déjà très peu élevé l’année dernière à 1.088 dollars.

En cause, les pertes d’emploi, les baisses de revenus généralisées et la détérioration des déficits budgétaires. Selon cette agence onusienne basée à Genève, ces pays s’appuient trop sur les marchandises et ont vu leurs exportations, leurs revenus et leurs rentrées fiscales baisser avec la pandémie.Photo : PNUD/Pardee Center ReportProjection du nombre de personnes en situation de pauvreté selon différents scénarios.

Toutefois, la crise liée au coronavirus ne frappe de la même manière tous ces pays, notamment avec en raison de performances notées avant l’avènement du coronavirus. Certains PMA asiatiques tels que le Bangladesh, le Cambodge, le Laos, le Myanmar et le Népal ont fait de plus grands progrès.

En revanche, la transformation structurelle a été plus lente en Afrique, dans les PMA insulaires et en Haïti, où l’agriculture et les secteurs de services traditionnels génèrent la plupart des emplois et de la production. Dans cette partie du monde, les faibles niveaux de productivité et de croissance de la productivité continuent de limiter le niveau de vie.

Les PMA ont été moins affectés par la pandémie

Face à de tels indicateurs, la CNUCED estime que les efforts de relance après la crise seront très insuffisants si leurs capacités de production ne sont pas considérablement améliorées. Le développement de celles-ci « dans la plupart des PMA a été trop lent » pour leur permettre de répondre à des défis comme celui du coronavirus.

« La pandémie nous a brutalement rappelé l’urgence de développer les capacités productives dans les PMA pour leur permettre de réaliser leur transformation structurelle, réduire leur exposition aux chocs extérieurs et renforcer leur résilience », a déclaré le Secrétaire général de la CNUCED, Mukhisa Kituyi.

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A noter que même si les systèmes de santé sont plus vulnérables, les PMA ont été moins affectés par la pandémie du coronavirus que les autres Etats. Le taux de mortalité par million d’habitants atteint seulement 3% de celui des économies développées.Banque mondiale/Jamie MartinLe premier des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD): éradiquer la faim et la pauvreté.

La crise de la Covid-19 et le reclassement

Mais face aux prévisions d’une hausse de la pauvreté, le rapport appelle la communauté internationale à soutenir les efforts des PMA avec des ressources financières adéquates, en leur accordant une marge de manœuvre suffisante, notamment la mise en œuvre des choix politiques. Pour la CNUCED, les PMA constituent l’ultime test pour atteindre les Objectifs du développement durable (ODD).

« Des politiques audacieuses visant à renforcer les capacités productives des PMA devraient constituer un pilier essentiel de toute reprise post-pandémie et de leur stratégie de développement à long terme », a déclaré Paul Akiwumi, Directeur de la CNUCED pour l’Afrique et les pays les moins avancés. Ces politiques devraient « stimuler l’investissement pour combler les lacunes de longue date en matière d’infrastructures et soutenir la création d’emplois », a ajouté M. Akiwumi.

A ce sujet, la CNUCED appelle la communauté internationale à investir largement auprès de ces acteurs, notamment pour améliorer l’accès de ceux-ci aux technologies.

Depuis la création de la catégorie des PMA par l’ONU en 1971, cinq pays ont été reclassés. Il s’agit du Botswana en 1994, du Cap-Vert en 2007, des Maldives en 2011, des Samoa en 2014 et de la Guinée équatoriale en juin 2017. Dès cette année, 12 PMA sont admissibles ou pré-admissibles au reclassement dont l’Angola en février 2021 ou Sao Tomé et-Principe en 2024.

Mais selon la CNUCED, la crise économique mondiale provoquée par la pandémie de Covid-19 pourrait affecter le reclassement prévu précédemment, c’est-à-dire la sortie de certains pays du groupe des PMA.

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