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C’est confirmé, un régime criminel dirige Haïti

tous les cas impliquant les gangs armés, à l’ère de Jovenel Moïse, les assassins courent encore, bénéficiant de l’impunité assuré par le pouvoir.

Il n’est un secret pour personne que quasiment tout le quinquennat de Jovenel Moïse – (7 février 2016- 7 février 2021) [art. 134-2] – est rempli d’incidents et de décisions le liant, lui et son gouvernement, à des actes répréhensibles. Mais, incontestablement, l’annonce faite par l’Union évangélique baptiste d’Haïti (UEBH), la semaine dernière, confirme les affinités du régime PHTKiste avec le crime organisé.

Lundi 7 décembre 2020 ((rezonodwes.com))–Les derniers événements enregistrés, ces derniers jours, ajoutés à la fermeture des activités de cette œuvre vieille de presqu’un siècle, ne laissent point de doute à ce sujet.

Les années de Nèg Bannann nan, au Palais national, sont riches en dérives criminelles, notamment les kidnappings, les assassinats ou encore les détournements de fonds publics, mais rien n’égale les activités terroristes et criminelles ayant entraîné la fermeture de l’œuvre représentée par la UEBH, une institution dont les premières infrastructures remontent à l’année 1928, avec la première église bâtie sur la propriété dont l’acquisition a coûté USD 600 $.

Au fil des ans, les nouvelles acquisitions ont agrandi la superficie du site de 6 à 7 carreaux de terre sur lesquelles sont érigés les immeubles formant le complexe de cette institution : l’église, le séminaire pour la formation des pasteurs, ainsi que des bâtiments logeant l’école « Maranatha », avec un espace consacré à l’école professionnelle, la branche classique, ainsi qu’à l’enseignement primaire gratuit pour les enfants démunis de la zone. D’autres immeubles sont préposés au logement de services offerts à la communauté, notamment le bureau du personnel responsable de l’octroi de prêts aux petites bourses, ou encore du programme d’alphabétisation d’adultes ainsi que la construction de maisons modestes pour certains membres de la communauté.

Les autorités haïtiennes ne peuvent prétendre ignorer les problèmes auxquels se trouve confrontée cette mission évangélique, et qui se sont amplifiés, de manière exponentielle, au cours des trois dernières années. La récente descente des bandits armés de Grande Ravine au site de l’UEBH n’est point le coup d’essai de ces malfrats qui avaient, plus d’une fois déjà, posé des actes terroristes majeurs et criminels, ayant même assassiné un enseignant et le gardien du complexe.

Rappelons, en ce sens, l’incident meurtrier du 13 novembre 2017, à la faveur duquel ces deux personnes ont été tuées. Comme dans tous les cas impliquant les gangs armés, à l’ère de Jovenel Moïse, les assassins courent encore, bénéficiant de l’impunité assuré par le pouvoir.

Il faut également signaler les affrontements que les bandits de Grande Ravine ont eus avec le Corps d’intervention et du maintien d’ordre de la Police (CIMO), à la suite de ces incidents, qui se sont soldés par au moins cinq morts parmi les malfrats et un décès dans les rangs des forces de l’ ordre. Depuis cette première attaque, les activités des gangs se sont renforcées dans la région et leurs incursions dans le complexe devenues plus fréquentes. De telles activités criminelles menées à visière levée, avec impunité, par les gangs proches du pouvoir, n’ ont pas manqué d’avoir un impact négatif sur le travail de l’UEBH.

Aussi, les dirigeants de cette institution ont-ils vu leur œuvre réduite à une peau de chagrin.

En effet, suite à l’assassinat des deux membres du personnel de l’établissement, les parents et les clients ont évité progressivement de fréquenter ces lieux. Ce qui a eu pour conséquence l’absence des élèves des salles de classe et des fidèles de l’église. À ce rythme, les effectifs de l’école ont diminué graduellement, jusqu’à rendre impossible le fonctionnement régulier des institutions réunies au sein de l’UEBH.

Comme si tout cela ne suffisait pas, les bandits ont coupé l’accès au site par la voie régulière, obligeant les usagers à éviter les Dalles en passant par Décayette.

Dans ce contexte de kidnapping contre rançon, la stratégie mise en place par les gangs armés, en passe de combler le manque à gagner occasionné par le moratoire observé par le Palais national sur le versement d’allocations à ces derniers, les immeubles de l’UEBH offrent des choix idéaux en guise de prisons aux victimes d’enlèvement.

le régime de Jovenel Moise appuie les gangs armés.

Selon toute vraisemblance, un tel usage des espaces de ce complexe ayant bien servi aux bandits, il fallait s’attendre à un emploi systématique de ces lieux se prêtant bien à la défense de leurs « prisons » d’éventuelles descentes de police. Surtout que les appels en aide adressés aux autorités sont restés lettre morte.

Abandonnés ainsi à leur sort, les responsables de l’UEBH n’ont d’autre choix que de se débrouiller tout seuls. La cessation de leurs opérations reste l’unique alternative.

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Dans la mesure où le régime Tèt Kale appuie les gangs armés et cautionne leurs activités, il existe de fortes chances qu’il regarde de l’autre côté, tandis que ceux-ci exécutent leurs plans criminels. Il est donc aisé de comprendre pourquoi, à l’instar des victimes du Bel-Air appelant la Police au secours, à l’occasion de chaque attaque perpétrée par Jimmy « Barbecue » Chérizier et ses hommes, sans avoir de répon se, les dirigeants de l’UEBH ne peuvent s’attendre à aucune intervention de la PNH visant à les protéger ainsi que leurs installations.

De même, les appels des familles, les manifestations orchestrées menées en guise de protestations contre les dérives criminelles du pouvoir, notamment les assassinats et les kidnappings, n’ont suscité aucune réaction rectificative de la part du pouvoir. Loin d’afficher une volonté de sévir contre les bandits, ces derniers semblent avoir le feu vert pour intensifier leurs menées scélérates. Tout semble indiquer qu’ils ont le feu vert de ceux qui détiennent le monopole de la répression.

Le peuple haïtien ne peut ni ne doit tolérer pareilles conditions.

Aussi donnent-ils dans les kidnappings, les assassinats et d’autres activités scélérates, sachant que grâce à l’impunité dont ils jouissent, ils n’ont rien à craindre.

Au cours des trois derniers mois, les assassinats n’ont pas arrêté de se répéter et les activités criminelles, en général, de se produire. Mais ce sont les kidnappings qui dominent surtout l’actualité. Ces actes sont devenus si courants dans le quotidien haïtien qu’ on en enregistre plusieurs à la fois quotidiennement. Rien qu’au début de cette semaine, pas moins de huit personnes en sont portées victimes. On parle même de l’enlèvement de Maritza Beaubrun Hérard, la femme de Dimitri Hérard, chef de l’Unité spéciale générale du Palais national (USGPN), dont une rançon d’un million de dollars U.S. est réclamée pour sa libération. Kidnappé, à son tour, Hans David Télémaque, un interniste de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), a été libéré, probablement contre rançon, soit, dit-on, USD 50 000 $. Il a recouvré son élargissement avant même que soit tenue la manifestation que ses collèges allaient lancer à cette fin. Ce qu’ils ont fait quand même, bien que réprimés par la police lançant de grenades lacrymogène. Et presque coup sur coup, un professeur de chimie, deux artistes, une enseignante, trois adolescents et deux femmes professionnelles sont également tombés victimes de preneurs d’otage.

Grâce au régime PHTKiste, ces derniers, recrutés dans le monde des policiers dévoyés, au service exclusif du Palais national, et des gangs armés, alliés de ces derniers, font bonne recette.

D’une manière générale, le gouvernement a pour responsabilité de respecter et de faire respecter la Constitution et les lois du pays, tel qu’il est stipulé dans la Charte fondamentale de chaque nation. Agir différemment fait des dirigeants des agents de la mafia. Une institution comme l’UEBH, tacitement reconnue d’utilité publique; les décideurs du pays ont l’impérieuse responsabilité de protéger les citoyens victimes de kidnappings et d’autres actions criminelles. Autrement, ceux appelés à nous diriger manquent à leur devoir de manière flagrante et se confirment en tant que criminels. Le peuple haïtien ne peut ni ne doit tolérer pareilles conditions.

Editorial de Haïti-Observateur
VOL. L, No. 47 New York : Tel : (718) 812-2820; • Montréal (514) 321-6434; • Port-au-Prince: (011 509) 223-0785 • Paris (33-1)43-63-28-10 édition du 2 au 9 décembre 2020

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