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Haïti-Droits Humains : La FJKL déplore l’indifférence des autorités sur la situation des déplacés internes

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_*La Fondation Je Klere (FJKL) a profité de la journée mondiale des droits de l’Homme pour dresser un tableau inquiétant sur la situation des couches défavorisées en Haïti, notamment les habitants des zones prises en otage par des groupes armés. Dans son rapport, l’institution a profité pour dénoncer l’indifférence de l’État alors qu’il a pour mission de faire appliquer la justice et combattre la corruption.

Port-au-Prince, le 11 décembre 2020._ « Le peuple haïtien a le droit de vivre dans la dignité, la sécurité. » Il doit aussi avoir la possibilité de jouir des droits et libertés énoncés dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ». C’est du moins ce que rappelle la Fondation Je Klere dans son dernier rapport publié le jeudi 10 décembre 2020 à l’occasion du 72e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’homme.

En effet, la FKL a exprimé son inquiétude face à la situation de terreur qui sévit dans les quartiers populaires. Ce qui prive un grand nombre de citoyens de leurs propriétés, de leurs biens, de leur droit à un niveau de vie suffisant et à l’intégrité physique de leur personne. Contraints de quitter leurs lieux de résidence pour échapper à la terreur des gangs supportés et financés par le pouvoir, l’Etat ne se soucie guère de leur nombre, de leur nouvelle vie et de toutes les privations dont ils sont l’objet, déplore l’institution.

Les responsables de cet organisme œuvrant dans le domaine des droits humains rappellent quelques-uns des évènements qui ont forcé les citoyens–nes à quitter leurs quartiers:

D’abord, les attaques répétées au Bel-Air

Des agressions touchant les résidents-es de plusieurs quartiers du Bel-Air situés dans la zone métropolitaine se sont produites à répétition, notamment en novembre 2019 et en septembre 2020. Ainsi, les évènements du Bel-Air et de la ruelle Mayard toute proche ont poussé des citoyens et citoyennes hors de leur logis, peut-on lire dans le rapport.

De plus, le commerce, les effets personnels et les biens meubles et certains immeubles de gens vivant déjà dans des situations difficiles sont partis en fumée.

Les incendies de plusieurs marchés publics

Entre 2005 et 2020, au moins 17 incendies de marchés publics ont été recensés (Marchés Gerit, An Fè, Tèt Bèf, Tabarre, Bizoton, La Coupe/Kokoye, Pèpè, Croix-des-Bouquets, Salomon, Du Port…). Ces incendies souvent criminels, ne sont guère sanctionnés.

« Le pouvoir, hélas, est insensible à la misère et aux souffrances du peuple. Les responsables pèchent par désinvolture, négligence coupable, cruauté et amour démesuré du pouvoir pour se servir et non pour servir », fait remarquer la FJKL.

Terreur au Pont Rouge

Outre des personnes tuées, blessées par balles et des corps calcinés, le quartier du Pont Rouge à l’entrée Nord de la capitale offre le navrant spectacle de maisons incendiées après les actes des bandits les 24, 25 et 26 mai 2020. De nombreuses familles connaissent alors l’amertume des déplacements forcés.

Attaque au camp des personnes à handicap à Delmas

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Le camp des sourds-muets logé sur la piste de l’aviation au bas de Delmas a été la cible de bandits qui ont mis le feu au camp et terrorisé ses occupations.

Déplacements forcés dans l’Artibonite

Au niveau de ce département, les affrontements entre les gangs de Savien, Barrage et Jean Denis provoquent en mai 2020 la fuite de nombre d’habitants de ces localités où la culture du riz prédomine. En outre, les bandits rançonnent les commerçants/petits détaillants, les hommes d’affaires et les politiciens. De plus, ils volent, détournent des camions de marchandises et réalisent des actes de kidnapping.

Des familles jetées à la rue dans le Nord

Des opérations de démolition des maisons situées dans le quartier populaire de Shada 2 dans la ville du Cap-Haïtien ont eu lieu le 15 juin 2020. Cette opération visait à intercepter des bandits.Toutefois, beaucoup de familles ont vu détruire leur logement sous les coups d’une excavatrice de la mairie du Cap-Haïtien. A noter qu’une semaine plus tôt, un incendie majeur avait ravagé plusieurs dizaines de maisons, se remémorent les responsables.

La FJKL dit rester persuadée que refuser d’identifier, de rechercher et de juger les auteurs de graves violations des droits humains en période de troubles politiques ne peut que perpétuer le cycle de la violence et de l’impunité. C’est un obstacle à la réconciliation à long terme, à la paix et au progrès.

Se disant préoccupée par la situation des droits humains en Haïti, la Fondasyon Je Klere (FJKL) estime qu’il est temps de mettre un terme à ce silence assourdissant sur nos déplacés-es internes dont la vie a basculé dans l’inconnu par la faute de l’Etat qui assure, en plus, l’impunité officielle à leurs bourreaux.

Selon elle, l’Etat se doit d’identifier, de dénombrer et d’accompagner ces déplacés-es internes condamnés à la misère abjecte, la pauvreté et l’insécurité, a conclu le rapport.

Vant Bèf Info (VBI)

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