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Flashback-20 sept. 2017. Accusé de blanchiment d’argent, Jovenel Moise peut-il dénoncer la corruption ?

Il est très mal placé pour parler de corruption, dit le Sénateur Jean-Marie Salomon s’étonnant qu’un corrupteur patenté comme Jovenel Moïse dénonce la corruption.

Vendredi 11 décembre 2020 ((rezonodwes.com))–Flashback–https://rezonodwes.com/2017/09/20/accuse-de-blanchiment-dargent-jovenel-moise-peut-il-denoncer-la-corruption/

Accusé de blanchiment d’argent, Jovenel Moise peut-il dénoncer la corruption ?

New York, mercredi 20 septembre 2017 [Haiti-Observateur.ca] ((rezonodwes.com)).-

Jovenel Moise : La main plongée dans un essaim

Les récentes déclarations de Reynald Lubérice, relayées par Lucien Jura, deux éternels défenseurs de la cause des tèt kalé, étaient faites à dessein, sinon Jovenel Moïse, de New York étant, n’aurait pas abondé dans le même sens. Il y a de quoi tomber des nues, à entendre Nèg Bannann nan, debout devant un parterre de supporteurs bien choisis et invités à sabler le champagne avec lui, quelque part à Manhattan, parler de personnes corrompues s’acharnant contre le Budget 20172018.

Cela intrigue on ne peut plus quand on sait que l’ancien PDG d‘AgriTrans est inculpé pour blanchiment d’argent. M. Moïse, qui prendra la parole, le jeudi 21 septembre 2017, à la Tribune des Nations Unies, au nom d’Haïti, serait probablement l’unique chef d’ État en fonction à avoir été mis en examen par la justice de son pays. A travers la modification par le Parlement de la loi-cadre créant l’UCREF, M. Moise s’est arrangé pour faire obstruction à la justice.

En effet, le président Jovenel Moïse, qui passe pour « un général sans troupe », selon le député Jerry Tardieu, avec un déficit de communication dans son gouvernement, est très mal placé pour parler de corruption, a rétorqué, pour sa part, le sénateur du sud Jean-Marie Salomon. Ce dernier, qui sympathisait au départ avec le régime tèt kale première version, s’est interrogé sur les millions de gourdes prêtées à Jovenel Moïse par l’État, dans le cadre de son pro jet AgriTrans. Très curieux, l’élu du sud et vice-président du Sénat, est venu avec un ensemble d’interrogations avec la certitude qu’aucun des quatre porte-paroles du Palais national ne trouvera la réponse exacte.

Très remonté contre la déclaration de Jovenel Moïse, dont les sources de financement de la campagne électorale n’ont jamais été révélées et qui s’était payé le luxe des services de consultation électorale d’une firme espagnole, avec les locations par-ci par-là d‘hélicoptères et ses accointances avec Guy Philippe, un condamné pour trafic des avoirs, Jean-Marie Salomon a parlé de prison. Sans directement citer le nom du chef de l’État, Salomon a déclaré : « Des gens qui devaient être aujourd’hui derrière les barreaux nous font aujourd’hui la loi ».

Le sénateur Salomon a insisté sur le fait que M. Moïse cherche à se faire passer maintenant pour l’exemple d’un dirigeant parfait, hors de tout soupçon. Alors que l’on sait que le premier geste posé par le président Moïse, pour signaler qu’il n’est pas venu rompre avec la tradition, était de remplacer le directeur du FDI où sont déposés dans un tiroir tous les dossiers relatifs aux millions décaissés pour AgriTrans.

Le président Jovenel Moise, dans le cadre de la collation au Consulat offerte à son intention par le Consulat de New York et la Mission diplomatique d’Haïti à l’ONU, après un agenda de travail bâclé, n’ ayant envoyé personne, lundi ma tin, pour représenter Haïti à la « Conférence sur les ouragans dans les Caribes », qui se tenait à l’ONU, n’avait pas l’air d’être sûr de lui-même quand il parlait d’individus corrompus. Pourtant, aucun rapport de comptabilité nationale n’a jusqu’à présent fait le décompte des sommes dépensées par son administration pour mettre sur pied une «caravane » dont des résultats positifs tardent à venir. M. Salomon est même allé jusqu’à questionner le budget de fonctionnement de cette caravane et pour laquelle il conseille à Jovenel Moïse d’être très prudent dans ses déclarations, surtout quand il n’est pas en odeur de sainteté.

Haïti est aujourd’hui dirigé par la mafia, se lamente Salomon, rejetant d’un revers de main les allégations de Jovenel Moïse, qui, d’après lui, n’a rien versé à l’État haïtien en guise de remboursement en tout ou en partie des sommes d’argent débloquées dans le passé au nom de ses compagnies en retour de services non rendus, au point qu’en 2015, la BID avait demandé un remboursement.

En mettant la main dans l’essaim, le président a essuyé des piqûres d’abeilles pour n’avoir pas su protéger son visage. Le peuple a encore en mémoire le récent scandale des kits scolaires dont l’enquête n’est pas encore déclenchée. Quel qualificatif donné au versement d’argent à un ami du président, référence Scoop FM, sans avoir fourni au préalable les services requis de commandes de kits scolaires.

Pour parodier Jean-Marie Salomon, « le politicien est là jusqu’à ce que le peuple décide ». En créole, il a a repris une phrase proverbiale qui pourrait servir de leçon à toute personne faisant partie de l’entourage du président, spécialement Richard Do ré, Lucien Jura et Reynald Lubérice et autres fanatiques : « Al retire bwa ki nan je pa w la avan ou pale de youn pay ki nan jé youn lòt moun

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Quelle imprudence !

Sur le sol même des États-Unis plaçant Haïti sur une liste de 22 pays où le trafic de drogue est monnaie courante, Jovenel Moise a raté le rendez-vous avec l’histoire en venant critiquer en public les amis de ses principaux bienfaiteurs. Or c’est grâce à eux qu’il a été intronisé au Palais national comme un « politicien » né des dernières pluies apportées par l’ ouragan Matthew. Le sénateur Salomon l’a si bien compris qu’il a recommandé au président de jouer à la prudence, la prochaine fois. Il pourrait payer cher les conséquences, a-t-il souligné.

En effet, le président Jovenel Moïse, jouant à la politique de l’autruche, croit venir à New York pour berner les autres chefs d’État, assurément avec un discours très pompeux à prononcer jeudi matin à la tribune des Nations Unies. Toutefois, il devrait penser réviser son allocution pour des raisons multiples.

À cause d’une série de manifestations prévues et lancées pour le reste de la semaine, il est un fait presque certain et indéniable que le pouvoir ne se mettra pas dans la peau d’un enfant de chœur sans chercher à perturber les marches dites pacifiques, qualifiées de « terreur » par Lucien Jura. Dans un sens ou dans l’autre, les images et les revendications des Haïtiens contre la mise en application d’un tel budget feront écho dans l’enceinte de l’ONU où le président Moïse prendra la parole.

Pour faire taire les rumeurs, Jean-Marie Salomon, qui est originaire des Cayes, a déclaré que la contre-manif, qui a lieu dans sa ville natale, mardi dernier, lors de la grève d’avertissement générale, qui a réuni quelques dizaines de sympathisants du pouvoir, aurait été rendue passible par les fortes sommes versées par les autorités. Là encore, il se demande s’il ne s’agit pas d’une autre forme de corruption manifeste d’un gouvernement qui dépense sans compter et sans contrôle.

Un bouc émissaire

Arrivé au pied du mur tout en se rendant probablement à l’évidence, le président de la République, s’apercevant que son tour de passe-passe n’arrive pas à produire les effets escomptés en venant avec le fabuleux projet d’électrification du pays dans 24 mois, cherche maintenant un bouc émissaire sur qui jeter l’éventuel échec d’une chronique annoncée. Dans un autre monde, dans le cadre des litiges opposant Jovenel Moïse aux cinq familles puissantes du pays qui méritent d’être « fusillées», une sentence prononcée par l’ex-Sénateur Edwin Zeny, personne ne saurait intervenir.

O Haïti, que de choses en ton nom ! Pour ce même budget défendu du bec et des ongles à l’aveuglette par l’équipe présidentielle, M. Moïse ne doit pas oublier que le Palais national est accusé d‘avoir soudoyé les parlementaires. Comment comprendre également que le budget, en première lecture, ait été voté par les députés, sans l’omission d‘une seule virgule du texte original. Jovenel Moise, en venant avec cette déclaration, aurait-il la prétention de savoir mieux élaborer un budget national que l’économiste de renom Kesner Pharel (Roro Pharel) qui a relevé de nombreuses failles dans le projet de loi de finances, et par-dessus tout dénoncé les mensonges et audaces de certains parlementaires, en l’occurrence Youri Latortue, le président du Sénat.

Avec l’administration tèt kale, on aurait tout vu et tout entendu. Qu’on oublie surtout pas que la nature ne laissera jamais passer une occasion de prouver qu’elle sera toujours plus forte que l’homme, même celui qui jure par tous les dieux que son « budget» sera promulgué que « Maria » tonne et fasse éclater sa furie sur nous comme pour nous punir de nos corruptions inéquitables.

[texte extrait de Haiti-Observateur, édition du 20 au 27 septembre 2017]

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