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Jovenel Moïse et consorts, l’exil ou la prison ? L’échéance du 7 février 2021 avance à grands pas…

La fin du mandat constitutionnel de l’occupant du Palais national, qui se précipite presqu’à la vitesse du son, enlève le sommeil, tant à la première famille qu’à tous ceux qui s’étaient lancés dans une course à la richesse sous plusieurs formes.

À la capitale et dans les différentes villes de province où les militants descendent dans la rue pour faire entendre les revendications du peuple, les tueurs de Jovenel Moïse gazent, bastonnent, arrêtent et tuent les manifestants sans aucune hésitation…

par LJ

New York, mercredi 16 décembre 2020 ((rezonodwes.com))–Il y a à peine deux semaines, Jovenel Moïse et tous les criminels de son équipe, menaient la belle vie, économiquement, socialement et politiquement. Cette semaine, comme par enchantement, leur monde se bouleverse au point de donner la frousse à quasiment tous les PHTKistes.

En tout cas, ceux qui ont pataugé dans les crimes ou qui ont passé le plus clair de leur temps au pouvoir à accumuler dérives sur dérives, ne savent plus où donner de la tête. La fin du mandat constitutionnel de l’occupant du Palais national, qui se précipite presqu’à la vitesse du son, enlève le sommeil, tant à la première famille qu’à tous ceux qui s’étaient lancés dans une course à la richesse sous plusieurs formes.

Les assassins agglutinés sur la présidence de Nèg Bannann Nan se sont livrés à toutes sortes d’activités illicites et criminelles, bénéficiant en retour de faveurs génératrices de millions. Voilà pourquoi, pour s’insinuer dans les vues de ce dernier, ils plongent tête baissée dans mille et une aventures assassines. Soit en tant que membres de gangs armés perpétrant des massacres dans les bidonvilles, ou de policiers dévoyés kidnappant contre rançon, exécutant des assassinats ciblés, ou bien encore cassant violemment des manifestations pacifiques de l’opposition, gazant et bastonnant les militants dont certains sont arrêtés et d’autres abattus sans ménagement.

La documentation des massacres, témoignages contre les assassins

Quand on tente de faire le bilan des crimes commis au nom et pour les équipes PHTKistes au pouvoir (Michel Martelly et Jovenel Moïse), le nombre des personnes tuées pourrait aisément dépasser 350. Sans compter les enfants en bas âges massacrés, femmes violées, les innocents blessés et les résidences incendiées. À La Saline seulement, du 1er au 13 novembre 2018, le Réseau national de défense des Haïtiens (RNDDH) avait répertorié 64 personnes tuées, deux portées disparues et un nombre indéterminé de blessés. L’équipe de cette organisation de défense des droits de l’homme avait relevé les noms des victimes, ainsi que leurs âges, aussi bien que leurs familles.

Grâce à l’effort des enquêteurs du RNDDH, l’accusation pourra présenter un dossier solide contre Jovenel Moïse et ses hommes. Voilà pourquoi les tueurs à gage embrigadés par le Palais national ainsi que leur patron, qui se croyaient à l’abri de pour-suites, commencent à avoir la frousse. Selon toute vraisemblance, ils semblent réaliser que le Blanc, qui donnait l’impression de cautionner les dérives de Moïse, n’a vraiment pas d’amis. Il l’avait démontré dans le passé, il est encore prêt à le prouver encore.

En effet, suite à la chute du régime militaire dirigé par le tandem Cédras-Biamby (Raoul et Philippe), après le retour d’exil du président Jean-Bertrand Aristide, à Washington, États-Unis, les deux hommes trouvèrent re fuge au Panama. Mais les hauts-gradés militaires qui étaient au pouvoir avec eux obtinrent asile politique aux États-Unis.

Les militaires au pouvoir, en Haïti, étaient, à plusieurs reprises, accusés de violer les droits humains de leurs compatriotes. Se sachant armés, ces derniers n’avaient jamais pris le temps de réfuter les accusations portées contre eux. Mais, une fois arrivés aux États-Unis, quasiment tous les hauts-gradés furent arrêtés par les autorités américaines, accusés d’avoir violé les droits des citoyens.

En vertu de cette décision de la justice américaine, toute une fournée de colonels a été jetée en prison. On peut citer, entre autres, colonel Martial Romélus, colonel Carl Dorélien, colonel Fritz Douby, colonel Herbert Valmont, les deux frères Louis (tous les deux colonels) colonel Guy François et le général Jean-Claude Duperval.

Si les Américains imputaient aux hauts gradés des Forces armées défuntes d’Haïti des crimes qu’ils jugeaient graves, il faut croire qu’ils seraient encore disposés à traiter de la même façon des hauts-gradés de la Police nationale d’Haïti se trouvant sous coup des mêmes accusations.

Sous le régime PHTKiste dirigé par Jovenel Moïse, les policiers, tant à Port-au-Prince que dans les villes de province, se sont révélés des nerveux de la gâchette dans la répression des manifestations pacifiques. Mais c’est à Port-au-Prince que les assassins de Jovenel Moïse se sont montrés plus agressifs. Les manifestations de rue lancées par les militants de l’opposition sont dispersées brutalement. Il ne s’est tenue une seule qui ne soit ainsi traitée.

À la capitale et dans les différentes villes de province où les militants descendent dans la rue pour faire entendre les revendications du peuple, les tueurs de Jovenel Moïse gazent, bastonnent, arrêtent et tuent les manifestants sans aucune hésitation. De toute évidence, ils exécutent l’ordre reçu de leurs supérieurs. Car ces derniers n’adressent jamais de réprimande à leurs subalternes, ni pro tester auprès des autorités po -licières supérieures, ou encore au Palais national contre les atrocités dont ils ont reçu l’ordre de com-mettre. Mais spécifiquement, les membres du Conseil supérieur de la Police judiciaire (CSPJ), dont le Premier est le patron et celui de l’institution policière, aucune protestation n’a jamais été formulé, ni demande de faire cesser les atrocités commises par les policiers.

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En ce sens, il faut s’interroger sur les responsabilités des dirigeants de la PNH à différents niveaux. Dans le cadre des responsabilités au niveau des départements, les responsables s’appellent Paul Ménard (DDO), à Port-au-Prince; Cadestin Marc André (Cap-Haïtien-Nord); Joël Jacques Orival (Les Cayes-Sud); Bonélus Jean Bazelais (Gonaïves-Artibonite); Fritz Saint-Fort (Port-de-Paix)-Nord-Ouest; Jean Michelet Choute (Hinche-Centre); Jean Alix Pierre-Louis (Jérémie-Grand’Anse); Fritz Saint-Fort (Mirebalais-Nord-Est).

Chasse aux canards sauvages

Sous le règne de Jovenel Moïse et du régime politique PHTKiste, les hommes du Palais national ont carte blanche pour tuer, pourvu que les victimes soient opposées au chef d’État et à son gouvernement. Ceux qui assassinent pour le compte de la famille présidentielle agissent comme s’ils partaient en expédition de chasse de canards sauvages.

C’est pourquoi, les hommes liés au pouvoir, qui commettent des meurtres, courent les rues, et ne sont jamais arrêtés. Quand bien même ils seraient appréhendés, leur séjour en taule ne dure que le temps d’oublier les motifs de leur arrestation. D’ailleurs, Jovenel Moïse fait en sorte que le corps du délit disparaisse, ou bien donne la responsabilité à un juge instructeur spécial pour blanchir tous ceux dont le Palais national commandite les assassinats.

Jovenel Moise interdit que la DCPJ interroge Martine Moise

C’est, d’ailleurs ce qui est en train de se passer avec le dossier du bâtonnier de l’Ordre des avocats, Me Monferrier Dorval. Il a été assassiné le 28 août dernier, dans sa maison, à Pèlerin 5, non loin de la résidence privée du président haïtien, qui était en mesure de visionner une vidéo du crime. Puisque, moins de cinq minutes après ce forfait, la première dame, Martine Joseph, était en possession de la vidéo qu’elle s’était empressée de montrer au chef de l’État.

Pour mémoire : les trois hommes appréhendés et gardés en prison sous l’accusation de meurtre sur la personne de Monferrier Dorval, ont fait des aveux permettant de lier la première dame à l’assassinat de ce dernier. Ce qui fait d’elle une accusée potentielle. Mais le chef de l’État a rejeté la requête de la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) sollicitant l’autorisation d’interroger la femme du président.

Signalons que depuis que les autorités américaines ont accusé les trois hommes proches de Jovenel Moïse, Fedner Monchéry, Pirerre Richard Duplan et Jimmy Chérizier (Barbecue) d’assassinats et de graves violations de droits humains, faisant d’eux l’objet de poursuites judiciaires par-devant la Haute Cour de Justice international, la famille présidentielle a mobilisé ses ressources afin de les « faire disparaître de la circulation », histoire de les soustraire à toute tentative de leur prise de corps pour qu’ils soient livrés à l justice.

De toute manière, nombreux sont les gens de l’entourage de Jovenel Moïse qui sont passibles du Tribunal de La Haye. Généralement, la justice avance lentement. Mais rien ne peut arrêter son cheminement logique.

L.J.

texte extrait de Haïti-Observateur 16- 23 décembre 2020

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