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2020 : une année terrible pour le monde et horrible pour Haïti !

Mercredi 30 décembre 2020 ((rezonodwes.com))– L’année 2020 a été marquée par un trouble sanitaire sans précédent qui a changé les us et coutumes de la population mondiale. La grande crise sanitaire causée par le nouveau coronavirus a mis à mal l’humanité et a envoyé au tombeau plus d’un million et demi d’êtres humains. Haïti, elle aussi, a été touchée ; mais a été, contre toute attente, contre tout projet mafieux, providentiellement épargnée.

Depuis l’année 2018, le pays est en passe à une violation systématique des droits fondamentaux et le gouvernement, loin d’essayer de redresser la barque, assiste de manière impuissante ou volontaire à l’envenimement de la situation à telle enseigne que :  

Du droit à la santé

Si selon les statistiques officielles le pays s’est échappé de la rigueur et de la fureur du nouveau coronavirus cette crise sanitaire a mis en évidence les faiblesses de notre système de santé et les limites de nos gouvernants. Dieu seul comment aura été  le pays si cette pandémie nous a frappé de plein. La jouissance du droit à la santé, pourtant fondamentale, n’est toujours pas une réalité en Haïti.

Le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) a certes vu augmenter son enveloppe budgétaire de manière significative mais ces nouveaux fonds n’ont toujours pas d’incidence sur le traitement des professionnels de la santé qui ne perçoivent toujours pas leur émolument à temps et qui continuent à réclamer de meilleures conditions de travail ainsi qu’une meilleure protection. Les centres hospitaliers ne disposent d’intrants ni de structure pour s’occuper convenablement les patients qui les fréquentent. Une visite à l’HUEH, le plus grand centre hospitalier du pays logé au voisinage du palais  national en dira long.

Du droit à la vie et à la sécurité

La jouissance du droit à la vie, à la sécurité a été quasi-totalement bannie de la liste des priorités des autorités du gouvernement. L’insécurité bat son plein particulièrement en région métropolitaine. L’enlèvement et séquestration contre rançon (kidnapping) est devenue monnaie courante. On pourrait même dire que  durant  cette année  2020, l’insécurité  s’installe dans le quotidien de la population  haïtienne. Les habitants de certains quartiers ont dû fuir devant la fureur des gangs armés qui cherchent de jour en jour à élargir leur territoire aux fins de devenir plus puissant et plus redoutable.

Certaines artères de la capitale ont été abandonnées par l’Etat et les usagers de la route. qui pis est, la banalisation de la vie de l’autre a atteint son paroxysme. Chaque jour, de paisibles citoyens sont victimes de l’insécurité. Monferrier Dorval, Grégory Saint-Hilaire,  Evelyne Sincère,,  ne sont malheureusement que la pointe de l’iceberg. Loin de résoudre le problème, le premier citoyen de la nation ne procède que par des propagandes, par des promesses fallacieuses de résolution du problème des gangs et de l’insécurité par le déploiement des soldats des FAD’H format de poche.

Du droit à la justice

Rongée par la corruption, paralysée par les grèves du personnel qui réclame de meilleures conditions de travail, entre autres causes profondes, la justice a été mise à genoux, réduite à sa plus simple expression. La chaine pénale n’a pas pu faire grand-chose. Dans de nombreuses juridictions, il n’y a pas eu d’assises criminelles. De nombreux citoyens sont en situation de détention préventive prolongée, illégale et arbitraire. Les malfrats cherchent à mettre leur bâton dans les roues de la justice.

Pour une énième fois, le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince a été cambriolé et les malfaiteurs ont pu opérer avec facilité en  emportant tout ce dont ils avaient besoin mais aussi et surtout  des « corps du délit » liés à des  dossiers spécifiques. a titre d’exemple, les pièces à conviction, des corps du délit se retrouvant au dossier l’éminent et incorruptible  Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Port-au-Prince, Me. Monferrier Dorval ont été emportés comme si de rien n’était. Le Juge instructeur Renord REGIS en charge de ce dossier a été par la suite attaqué en voyant son véhicule de service criblé de balles, un signal clair qui dit ce que ça  veut dire. 

Quotidiennement, il y a des victimes de l’insécurité cependant, la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) a du mal à livrer des rapports. Pire, faisant fi du principe d’égalité des citoyens, l’institution procède aux investigations de manière sélective. Ne sommes-nous plus égaux  devant la loi? Combien d’investigations ont-été menées pour des citoyens lambda? S’agit-il d’un manque de ressources humaines et matérielles ou d’un manque de volonté ? Toutes les victimes ont droit à la justice. Tous les bourreaux et auteurs d’infractions doivent être appréhendés et recevoir les peines et sanctions prévues par la loi. 

De l’impunité et de la détention

Tant de rendez-vous ont été ratés ! Nous n’avons pas eu de procès PetroCaribe! Ceux dont l’implication dans des massacres  a été documentée continuent à circuler comme bon leur semble. Des auteurs de contraventions et délits passibles d’une peine de quelques mois d’emprisonnement croupissent en prison depuis des années. Le « dossier Dermalog », les plaintes contre la Digicel et tant d’autres dossiers ont été mis de côté.

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La justice se vend au plus offrant dans diverses juridictions. Toujours aucune lumière, sur les assassinats des journalistes Rospide Pétion et Néhémie Joseph. Pire, le juge s’est déporté du dossier de ce dernier, pour des raisons de sécurité. Coïncidence ou intimidation ? La voiture du juge chargé de mener l’instruction sur la dilapidation des fonds PetroCaribe a été la cible de malfrats.

Au lieu de prendre le taureau par les cornes, le Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique a préféré exprimer ses griefs contre les organisations de défense ses droits humains qui tirent toujours la sonnette d’alarme en jouant leur rôle de vigie tout en livrant ouvertement bataille au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) qui, dans ses efforts, a voulu, tant soit peu, nettoyer les écuries d’Augias. En guise de rappel, ce sont les organisations de défense des droits humains qui, grâce à leur vigilance, ont empêché la libération  de  criminels notoires qui ont été graciés par le Président de la République pour des motifs inavoués et inavouables.

De la liberté d’expression et de réunion

Certains agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH) ont fait preuve d’un zèle sans pareil pour empêcher aux citoyens de jouir de ces droits. S’appuyant sur le coronavirus, le pouvoir a interdit des réunions et toute manifestation tout en publiant des décrets attentatoires à la liberté individuelle. Alors que le peuple est interdit de manifester ou de réunir en grand nombre, le gouvernement recoit chaque jour des centaines et des milliers d’individus qui se bousculent devant les bureaux de l’ONI ou des « CRLDI » en vue de la délivrance de la Carte illégale « DERMALOG  ».  

Quotidiennement les droits fondamentaux de la population sont violés par ceux qui sont chargés de les garantir. Des personnes sont torturées dans les commissariats de police. La machine étatique ne fait rien pour permettre à la population de jouir des droits qui leur sont reconnus. 

2020 ! Une année qui restera dans notre mémoire comme l’année de la fédération des gangs, l’année pendant laquelle l’exécutif a régné en maitre et seigneur. L’année de la prolifération  des décrets « Tout koulè » truffés d’erreurs et d’incohérence ; l’année où le Président de la République et son équipe ont mis en péril la démocratie, montré leur velléité de mettre en place un régime dictatorial et sapé les bases de l’état de droit en Haïti. Aucune initiative n’a été prise pour garantir à tous la jouissance de leurs droits civils et politiques. 

2020, cette année de mauvaise gouvernance, de corruption, d’impunité, de gabegie administrative de violation des droits humains par ceux qui sont sensés les garantir tire sa révérence. 2020, pour exécuter une mission jusque-là inconnue, des individus armés ont fait irruption dans la résidence de notre Coordonnateur Général, Me Camille Occius.

La providence a voulu qu’il ne soit pas sur les lieux au moment des faits. L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) entend continuer à réclamer la prise de mesures concourant à garantir la sécurité de la population.
2021 !

2021 sera une année décisive ! Tant de grands chantiers nous attendent. Aux acteurs sociaux de consentir à des sacrifices pour le bien de la nation entière. À la population de se mobiliser et d’user de tous moyens légaux pour lutter pour la mise en place d’un demain meilleur! 

L’OCNH entend continuer à contribuer à l’établissement de l’Etat de Droit en Haïti. Le dossier DERMALOG est un pas en ce sens et l’OCNH continuera ses activités pour que justice soit faite.

Delmas, le 29 décembre 2020

Me Camille OCCIUS                                          
Coordonnateur  Général

Stevens JEAN FRANCOIS                                                                                          Responsable Programme

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