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Déclaration du Représentant des États-Unis devant le Conseil de Sécurité de l’ONU sur la crise en haïti

Ambassadeur Jeffrey DeLaurentis
Représentant suppléant par intérim pour les affaires politiques spéciales
Mission américaine auprès des Nations Unies
New York, New York
22 février 2021

Merci, Monsieur le Président. Et merci, Représentant spécial La Lime, pour vos mises à jour sur la situation en Haïti, et pour les efforts considérables et ceux de toute votre équipe. Madame Roc, merci pour votre exposé et pour nous avoir rappelé l’urgence de se concentrer sur les défis auxquels sont confrontés les jeunes haïtiens. Président Moise, nous vous souhaitons la bienvenue au Conseil et nous vous remercions de votre participation aujourd’hui.

Permettez-moi de commencer par quelque chose que nous savons tous: des élections législatives devaient avoir lieu en Haïti en octobre 2019. Avant et après cette date, les membres de ce Conseil ont appelé à plusieurs reprises les acteurs politiques haïtiens à se rassembler, à mettre de côté leurs divergences et à trouver un la voie à suivre pour relever les défis les plus urgents d’Haïti. Ils ont choisi de ne pas le faire; cependant, la responsabilité ultime de créer une atmosphère propice à des élections libres et équitables, puis de mener ces élections, doit incomber au gouvernement.

Les États-Unis sont préoccupés par le fait que la période prolongée de règne d’Haïti par décret se poursuit. Nous pensons que les décrets devraient se limiter aux actions nécessaires aux fonctions essentielles, à la sécurité et à la conduite des élections. Cependant, les récentes mesures visant à retirer et nommer unilatéralement trois juges de la Cour suprême, à créer une agence nationale de renseignement et à restreindre le rôle de l’agence d’audit indépendante d’Haïti risquent de porter atteinte aux principales institutions démocratiques d’Haïti.

Une fois de plus, nous exhortons le Gouvernement haïtien à tenir dès que possible des élections législatives en retard afin de restaurer le rôle constitutionnel du Parlement. Le peuple haïtien mérite l’occasion d’élire ses dirigeants et de restaurer les institutions démocratiques d’Haïti. Bien que nous reconnaissions qu’un énorme travail reste à faire, 2021 doit être l’année des élections législatives et présidentielles en Haïti.

Dans le même temps, nous félicitons le Gouvernement haïtien d’avoir décidé en septembre d’augmenter le budget de la Police nationale haïtienne, qui souffre depuis longtemps d’un manque de ressources. Malgré cet accent accru sur l’application de la loi, cependant, comme nous l’avons entendu, la violence des gangs reste un problème grave, car les enlèvements ont augmenté de plus de 200% en 2020 et les homicides sont également en hausse.

Nous exhortons les autorités haïtiennes à redoubler d’efforts pour enquêter et poursuivre les crimes violents, y compris la violence sexuelle et sexiste, pour renforcer les pratiques de police communautaire et pour protéger les droits humains des résidents des quartiers contrôlés par les gangs.

Nous sommes également troublés par un manque permanent de responsabilité pour les violations et abus des droits humains. En décembre, les États-Unis ont sanctionné trois anciens responsables haïtiens en vertu du Global Magnitsky Human Rights Accountability Act pour leur rôle dans l’attaque de La Saline de 2018, au cours de laquelle au moins 71 personnes ont été tuées.

Mais La Saline, Bel Air et l’assassinat de Monferrier Dorval en août soulignent tous l’urgence de mettre fin à l’impunité, à commencer par des actions concrètes pour protéger les citoyens de la violence grâce à une police efficace et à un jugement rapide des affaires pénales. L’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie nationale pour les enquêtes, les poursuites et le jugement des affaires de crimes graves, avec l’appui le cas échéant, méritent également d’être envisagées.

Les États-Unis continuent d’encourager et de promouvoir le développement d’un secteur judiciaire indépendant, crédible et efficace en Haïti. Nous sommes préoccupés par les décrets exécutifs qui sapent le pouvoir judiciaire et les grèves intermittentes des principaux acteurs judiciaires, qui continuent d’affecter négativement le fonctionnement du pouvoir judiciaire et limitent le nombre d’audiences et de procédures judiciaires tenues. Un secteur judiciaire pleinement opérationnel est essentiel pour assumer l’impunité et la corruption, et pour réduire les niveaux endémiquement élevés de détention provisoire prolongée.

Tout cela se déroule dans un contexte de ralentissement économique en Haïti, encore exacerbé par la pandémie COVID-19. L’instabilité économique, les pénuries récurrentes de carburant et l’insécurité alimentaire aiguë se sont combinées pour saper les progrès vers le développement et aggraver une situation humanitaire déjà grave.

Le 11 janvier, les États-Unis ont annoncé une aide au développement supplémentaire de 7,5 millions de dollars * à Haïti. Ce nouveau financement sera utilisé pour mettre en œuvre les programmes de l’USAID en Haïti dans un large éventail de domaines, notamment la santé, l’éducation, la sécurité alimentaire, le développement agricole, l’eau et l’assainissement et la gouvernance. En collaboration avec le gouvernement haïtien, la société civile et nos partenaires, nous continuerons à œuvrer en faveur du développement durable et à aider Haïti à rester sur la voie de l’autosuffisance.

Permettez-moi de conclure en réitérant la nécessité de mener à bien la période actuelle de règne par décret. Ce n’est que par la présence d’un gouvernement stable, démocratique et pleinement représentatif que des problèmes tels que la violence, la corruption et les violations des droits civils et humains peuvent être traités de manière significative.

Les États-Unis continueront d’être aux côtés d’Haïti dans la construction d’un avenir meilleur.

Merci.


Ambassador Jeffrey DeLaurentis
Acting Alternate Representative for Special Political Affairs
U.S. Mission to the United Nations
New York, New York
February 22, 2021

AS DELIVERED

Thank you, Mr. President. And thank you, Special Representative La Lime, for your updates on the situation in Haiti, and for the extensive efforts and those of your entire team. Ms. Roc, thank you for your briefing, and for reminding us of the urgent need to focus on the challenges faced by Haiti’s young people. President Moise, we welcome you to the Council, and we appreciate your participation today.

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Let me begin with something we all know: legislative elections were due in Haiti in October 2019. Both before and after that date, members of this Council repeatedly called on Haiti’s political stakeholders to come together, to set aside their differences, and to find a way forward to address Haiti’s most pressing challenges. They chose not to do so; however, ultimate responsibility for creating an atmosphere conducive to free and fair elections, and then conducting those elections, must rest on the government.

The United States is disturbed that Haiti’s prolonged period of rule by decree continues. We believe decrees should be limited to actions necessary for essential functions, safety, and the conduct of elections. However, recent actions unilaterally removing and appointing three supreme court judges, creating a national intelligence agency, and actions constraining the role of Haiti’s independent audit agency risk damaging Haiti’s core democratic institutions.

Once again, we urge the Government of Haiti to hold overdue legislative elections as soon as possible in order to restore the parliament’s constitutional role. The Haitian people deserve the opportunity to elect their leaders and to restore Haiti’s democratic institutions. While we recognize that an enormous amount of work remains to be done, 2021 must be the year of both legislative and presidential elections in Haiti.

At the same time, we applaud the Government of Haiti for its decision in September to increase the budget of the Haitian National Police, which has long suffered from a lack of resources. Despite this increased focus on law enforcement, however, as we’ve heard, gang violence continues to be a serious problem, as kidnappings rose by over 200 percent in 2020, and homicides are also on the rise.

We urge Haitian authorities to redouble their efforts to investigate and prosecute violent crime, including sexual and gender-based violence, to strengthen community policing practices, and to safeguard the human rights of residents of gang-controlled neighborhoods.

We are also troubled by an ongoing lack of accountability for human rights violations and abuses. In December, the United States sanctioned three former Haitian officials under the Global Magnitsky Human Rights Accountability Act for their role in the 2018 La Saline attack, in which at least 71 people were killed.

But La Saline, Bel Air, and the assassination of Monferrier Dorval in August all highlight the urgent need to end impunity, beginning with concrete actions to protect citizens from violence through effective policing and timely adjudication of criminal cases. The development and implementation of a national strategy for the investigation, prosecution, and adjudication of cases of serious crimes, with support as appropriate, is also worth considering.

The United States continues to encourage and promote the development of an independent, credible, and effective judicial sector in Haiti. We are concerned about executive orders undermining the judiciary and intermittent strikes by key judicial actors, which continue to negatively affect the functioning of the judiciary and limit the numbers of hearings and judicial proceedings held. A fully functioning judicial sector is essential to the tasks of taking on impunity and corruption, and to reducing endemically high levels of prolonged pretrial detention.

All of this takes place against the backdrop of an economic downturn in Haiti, further exacerbated by the COVID-19 pandemic. Economic instability, recurring fuel shortages, and acute food insecurity have combined to undermine progress towards development and worsened an already grave humanitarian situation.

On January 11, the United States announced an additional $7.5 million* in development assistance to Haiti. This new funding will be used to implement USAID programs in Haiti in a wide range of areas, including health, education, food security, agricultural development, water and sanitation, and governance. Together with the Government of Haiti, civil society, and our partners, we will continue working towards sustainable development and to help keep Haiti on the path to self-reliance.

Let me conclude by reiterating the need to bring the current period of rule by decree to a swift conclusion. It is only through the presence of a stable, democratic, and fully representative government that issues such as violence, corruption, and civil and human rights abuses can be meaningfully addressed.

The United States will continue to stand with Haiti as it builds a better future.

Thank you.

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