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L’État d’Haïti est mort… Des bandits programmés l’ont ignoblement assassiné

L’ÉTAT D’HAÏTI EST MORT… DES BANDITS PROGRAMMÉS L’ONT IGNOBLEMENT ASSASSINÉ

(par Edgard Gousse)

Mardi 22 juin 2021 ((rezonodwes.com))–


Nous sommes un peuple libre mais à la dérive, abandonné dans la gangue terreuse de notre propre société. Difficile en effet de partager, entre tous, les bienfaits de la civilisation. Les hommes de bonne volonté du pays ne seront jamais assez nombreux pour le faire. Certainement, le drame avec une majorité de la population vient du fait qu’elle soit sous-alimentée intellectuellement, économiquement et politiquement, mais à l’inverse suralimentée émotionnellement. Alors qu’ailleurs, dans d’autres sociétés, s’ébauchent des modèles d’humanisme qui font déborder d’optimisme les nouvelles générations, la misère et l’ignorance, tels des boulets de canon, foncent tout droit et évoluent bien silencieusement dans le cœur de la nôtre, entraînant de surcroît la majorité déjà affaiblie vers le fond du baril.

Toutes sortes d’actions subversives paraissent dès lors normales aux yeux de tout un chacun ―d’une certaine majorité, à la vérité―, alors que les suppôts du régime se montrent de plus en plus impuissants à réagir convenablement, dans l’intérêt du plus grand nombre. Ou feignent peut-être l’amnésie ou la surdité, pour plaire à la fois au maître et aux valets. Aux hommes de main sans masque et sans réserve. De toute manière, misère et instabilité vont de pair, dans une société inachevée telle que la nôtre. La tyrannie du pouvoir politique, la surabondance de biens, d’un côté, et le manque de besoins de première nécessité, de l’autre, suffisent à expliquer en grande partie ce genre de vengeance contre l’opulence. De fait, l’appauvrissement progressif et continu de la population d’Haïti s’étend au-delà de la famine ou de la privation: elle est à la fois humiliation et ignorance. En dehors donc de la sécurité physique, une sécurité alimentaire et sociale serait nécessaire, pour apaiser les angoisses quotidiennes et les tensions de toutes sortes. Qu’est-ce à dire?


Un nouveau modèle de société? Bien sûr! Mais avant tout, il conviendrait de mettre sur pied, à l’intention plus précisément des investisseurs et des hommes d’affaires du pays, à l’intention également de toutes celles et de tous ceux de la classe privilégiée, une nouvelle école d’apprentissage social. Pourquoi pas? Puis alors, on leur enseignerait les quelques principes élémentaires qui leur feraient comprendre qu’une coexistence sans haine et sans rancune ―donc, sans bavure aucune― ne serait effectivement possible que s’ils consentaient, avec le sourire aux lèvres et la joie dans le cœur, à investir une partie de leur plusvalue, les excédents de toutes sortes, dans des dépenses de grande portée sociale, propres non seulement à calmer la «faim des faméliques», mais encore à leur offrir la petite lueur d’espoir dont ils ont besoin pour sortir un jour de leur détresse fœtale et existentielle.

En fait, nous le savons tous, «L’homme ne naît pas homme. Il le devient», comme le disait justement Didier Érasme, l’un des plus grands humanistes de l’époque de la Renaissance. L’occasion est donc propice, non seulement à une saine réflexion dans toutes les sphères de la société, mais encore et peut-être même principalement aux concernés, pour qu’ils nous en apportent la preuve ou donnent tout simplement raison à ce grand pacifiste qui se nommait Érasme. Bien sûr, les univers sinistres de Kafka et de Beckett, dans lesquels nous avons été plongés ces derniers jours (déplacements forcés de population, saccages spontanés ou planifiés de magasins, pillages d’entrepôts, etc.) n’ont été par ailleurs que de bien grossières distractions. Des divertissements lugubres et dégradants. Tout ce qu’il aurait fallu ne jamais souhaiter au pays! Tout comme les guerres de clans ou de territoires. On aurait dit à la rigueur que les réussites et les conquêtes des groupes armés qui pullulent à travers le pays, comme des acariens infestant la poussière, détrônent finalement l’autorité étatique, après lui avoir coupé l’herbe sous les pieds pendant assez longtemps déjà. En raison, bien sûr, d’une complicité tacite, subjective et criminelle. De qui vous savez! Comment donc vous en dire davantage? Comment surtout un tel mal apocalyptique est-il entré par nos portes? Voyons voir!

En fait, les deux mamelles pendantes de la vie tumultueuse de la société haïtienne, le pouvoir politique et le monde des affaires, devraient à la vérité se montrer prêtes à s’agenouiller et à reconnaître publiquement leurs erreurs: «Mea culpa, mea maxima culpa» (C’est ma faute, c’est ma très grande faute). Cri sublime et libérateur dont on attend encore, contre vents et marées, le retentissement.


Eh bien! oui, tant que l’État à renaître et le monde des affaires ne se mettent pas au service du civisme, il sera difficile à quiconque du pays, voire d’ailleurs, de dessiner un profil idéal à la nouvelle société. La laideur continuera alors de triompher et la vie de nos proches en paiera, une fois de plus, injustement le prix.

Cela dit, pourquoi tant d’impostures, Monsieur le Président? Aussi lâches que grossières, en plus! À quand finalement l’inventaire des biens publics dilapidés, des droits civiques violés et des ressources harcelées?

Certes, nous l’avons bel et bien deviné: l’État d’Haïti est mort. Des bandits programmés l’ont ignoblement assassiné. Avec votre complicité, bien plus! Comment l’interpréter autrement? Comment surtout l’accepter? À celles et à ceux qui ne le savent pas encore, je vous annonce la triste nouvelle, le visage noyé de larmes et une douleur atroce me tenaillant le cœur: l’État est mort. L’État d’Haïti, vous dis-je, fait dorénavant partie du passé. Certes oui. La voie est désormais libre, mais glissante. Ensemble donc, transformons la société, pour qu’enfin Haïti r enaisse de ses cendres, car notre peuple, je vous l’ai déjà dit, ne doit pas mourir. D’ailleurs, les peuples ne meurent jamais!

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En fait, il fallait nous avertir, Monsieur le Président. Il fallait nous dire la vérité. Nous faire savoir tout au moins que les temps seraient durs, et l’on se serait préparé. Et l’on ne vous aurait peut-être pas ouvert la porte. Et le drame ne se serait pas produit. Le pire, en effet, vient du fait que vous refusez de tourner votre regard vers la laideur qui nous entoure, pour finalement tenir compte de la réalité du moment. Or vous n’êtes pas sans savoir que la misère grouille quotidiennement au ventre de toute une tranche de la population. Et vous en profitez, qui pis est, pour faire planer sur la tête de vos propres victimes le spectre d’un pays en déconfiture, prétextant que vous et votre clique serez les seuls à pouvoir le diriger convenablement… Qu’est-ce à dire, Monsieur le Président? Quel défi au bon sens!

Nous avons fort heureusement l’expérience des mots, mais nous ne nous comportons jamais comme si nous étions les seuls sur cette terre à la détenir. Nous ne sommes par contre ni sorciers ni forgerons, mais nous avons tout au moins appris à repousser les hallucinations, à parcourir depuis toujours, durant nos courtes nuits de sommeil, des centaines de milliers de kilomètres, pour fuir les persécutions que nous ne méritons point, pour nous opposer à la tendance voulant que des groupes de la société soient soumis à la servilité. S’il est vrai que nous sommes un peuple libre, certes, chaque citoyen l’est à son tour. Nous sommes bien entendu conscients que le temps n’est pas à la complaisance. Nous nous regardons, pour cela, bien régulièrement dans le miroir, pour qu’on ne nous fasse pas croire, un beau matin, que nous ne sommes plus nous-mêmes ou que nous avons désormais le visage de l’Autre. Trop de mensonges bues ou avalées, depuis les quatre dernières années et plus, pour ne pas reconnaître au premier abord l’amateurisme affligeant et les injures à retardement de ceux qui nous dirigent. Autant dire, il aurait mieux valu pour nous, citoyennes et citoyens du pays, être des musiciens sans orchestre. Quoi de plus?

De toute manière, un pays reste un pays. L’avalanche meurtrière et irrésistible déclenchée par un quelconque dirigeant contre ses propres concitoyens ne doit pas être pour autant de nature à hanter outre mesure les consciences de ces derniers, ni non plus à les démolir, pour avoir été si souvent bafoués, précisément parce que ceux qui ont acquis gauchement le droit de les diriger n’avaient jamais été détenteurs des qualités qu’ils prétendaient posséder. Et les preuves s’amoncellent!

Venons-en au concret, maintenant, Monsieur le Président! Celles et ceux qui souffrent de l’injustice ou se révèlent des victimes sans nom des inégalités sociales mises en branle par des groupes bénéficiant de privilèges qui paraissaient leur revenir de droit, jusques à quand leurs prisons vont être cruelles? Pourquoi alors, dans une société en crise, les dévoreurs d’espoirs et de biens publics, les dirigeants et leurs complices continuent-ils de tourner leur regard vers l’infini, comme si la solution était dans l’ailleurs, quand ces derniers savent pertinemment qu’ils ne sont autres que les causes du problème? La raison serait-elle peut-être que la folie s’était effectivement installée en eux? Et en vous, tout également?

Eh bien! oui. Pourquoi dès lors ne pas nous dire bien ouvertement qui vous êtes et qui nous ne sommes pas? Un dirigeant qui mène son pays à la dérive, soumettant la population à une vie chaotique, là où les contraires s’affrontent quotidiennement, ne s’humilie-t-il pas autant que celles et ceux qu’il croit écraser de son mépris et de son insouciance? Évidemment oui!

(Edgard Gousse, Montréal)

NOTICE BIOGRAPHIQUE

Ancien professeur des universités, linguiste et didacticien, journaliste de formation, romancier, essayiste, critique littéraire, poète, conférencier, artiste peintre et traducteur littéraire, Edgard Gousse a beaucoup voyagé et a publié ses livres à Montréal, à Paris, à La Havane et à Santiago de Cuba. Son plus prochain ouvrage (à paraître en 2022, aux Éditions du CIDIHCA) est le fruit de ses nombreuxvoyages effectués à Cuba. De là donc, les « 864 jours (passés) dans la vie de Fidel Castro Ruz ». À quatre-vingt-deux (82) reprises, en effet, il s’est rendu dans l’île, il a rencontré témoins et acteurs, il a vu et compris. Loin de s’endormir volontiers dans le rêve, il a tout bonnement choisi de consacrer une imposante et bouleversante biographie au plus grand homme politique du vingtième siècle, rien qu’en dressant un bilan de sa vision du monde, ses actions et sa gouvernance. Somme toute, un simple ouvrage, en deux modestes volumes, dépassant toutefois les MILLE SIX CENTS (1600) pages. Vous y trouverez bien évidemment tout ce que les médias ne vous auraient jamais dit… plus d’un millier de vérités cachées ou ignorées. Indomptable Fidel!

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